The Knick - Saison 2 (2015) : le test complet du Blu-ray

The Knick

Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Clive Owen, André Holland et Jeremy Bobb

Édité par HBO

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Le 01/09/2016
Critique

The Knick - Saison 2

Suite à l’absence de Thackery (hospitalisé pour son addiction à la cocaïne), le Knick perd ses patients les plus fortunés et connaît des problèmes financiers : le conseil d’administration décide alors de fermer leurs locaux du centre-ville et de déménager dans les quartiers résidentiels. Algernon Edwards tente de prendre la place de Thackery en tant que chirurgien en chef, tandis que les docteurs, les infirmières, les bonnes soeurs et tous les autres doivent faire face à des défis personnels et professionnels.

Avec la première saison de The Knick, l’éclectique et prolifique Steven Soderbergh a signé un monument de la télévision. Pour resituer, cette minisérie écrite par Jack Amiel et Michael Begler se déroule au début du 20e siècle à New York, dans le Knickerbocker Hospital, alias The Knick. Installé en plein coeur de Manhattan et construit en 1862 pour accueillir les soldats de la guerre d’indépendance, cet hôpital, aujourd’hui fermé, est le théâtre des aventures du docteur John W. Thackery. Magistralement interprété par l’immense Clive Owen, ce pionnier de la médecine moderne est placé à la tête du service de chirurgie du Knick après le suicide de son mentor. Le comédien britannique est remarquablement épaulé par une ribambelle d’acteurs tout aussi talentueux, André Holland, Jeremy Bobb, Juliet Rylance, Eve Hewson (la fille de Bono, déjà remarquée dans This Must Be the Place de Paolo Sorrentino), Michael Angarano, Chris Sullivan, Cara Seymour, Eric Johnson, David Fierro, tous jouant leur note singulière dans cette partition épatamment composée.

Brillante, passionnante, captivante, magnifique, cette nouvelle série diffusée sur la chaîne américaine Cinemax, appartenant au groupe HBO, a su entraîner le spectateur dans son sillage dès l’impressionnant premier épisode. Tourné en 73 jours, The Knick - Saison 1 pouvait alors se voir comme un seul et unique film de 8 heures tant l’intrigue n’avait de cesse de se renouveler, en se focalisant sur tous les personnages, sans en omettre un seul, en les faisant vivre, interagir, rentrer en collision dans un monde violent et miséreux. Non seulement les spectateurs pouvaient y suivre les premiers pas de la médecine moderne, les balbutiements, les premières expériences, les avancées liées à l’avènement de l’électricité (les rayons X, l’aspiration), mais en plus la série évoquait également les conditions sociales des plus démunis, le racisme omniprésent (avec comme point d’orgue les émeutes raciales de l’épisode 7), y compris au sein même du Knick avec la présence mal vue du Dr Algernon Edwards (Andre Holland), diplômé de Harvard et ayant fait ses classes auprès des plus éminents chirurgiens européens, mais qui a la peau noire.

The Knick - Saison 2

Autant dire que la deuxième saison était très attendue, mais il faut bien se rendre à l’évidence, celle-ci n’a pas le même impact. Nous retrouvons peu ou prou les mêmes éléments que pour la première saison, sauf que Thackery, qui sort de désintox, tente ici de trouver un remède à son addiction à l’héroïne (suite à son traitement contre la cocaïne), Edwards se bat toujours contre les préjugés raciaux et pour gagner le respect de la population blanche de l’hôpital en espérant y être officiellement nommé, Lucy se métamorphose et use de ses charmes pour arriver à ses fins et s’élever socialement, Galinger se spécialise dans l’eugénisme. L’émancipation des femmes, les avortements clandestins, la contraception, sont autant de thèmes brassés dans The Knick - Saison 2.

Les spectateurs qui s’étaient attachés aux personnages risquent d’être décontenancés par le traitement que leur infligent Steven Soderbergh et ses scénaristes. Foncièrement antipathiques, la plupart des protagonistes s’avèrent ici calculateurs, égoïstes, vicieux et l’action se focalise sur chaque personnage, plutôt séparément qu’ensemble. Chacun a sa propre histoire et finalement ce qui faisait le sel de la première saison devient ici foncièrement amer. Pour cette seconde saison, nous ne retrouvons pas vraiment l’effervescence constante du Knick, avec la caméra qui virevoltait autour des docteurs, infirmières, ambulanciers, administrateurs de l’hôpital, malades, malgré des séquences de chirurgie toujours ultra-réalistes (exploration du cerveau d’un patient conscient, séparation de deux soeurs siamoises) réalisées devant un parterre de confrères, déconseillées aux spectateurs les plus sensibles. Si la mise en scène s’avère toujours aussi hallucinante de virtuosité, l’empathie manque cruellement ici à quelques exceptions. Cornelia et Bertie sont les seuls qui demeurent attachants ici et qui apportent l’émotion nécessaire dans cet environnement froid.

Mais malgré ces bémols la richesse et la complexité de ses personnages, ainsi que de nombreuses fulgurances, le réalisme des situations, la beauté plastique, l’intensité des interprètes et son final, qui prend aux tripes au sens propre comme au figuré, font de The Knick une des meilleures séries de ces dernières années.

Beaucoup de questions restent en suspens à la fin de cette seconde saison, même s’il s’agit vraisemblablement de la dernière puisque la série avait été pensée dans ce sens. Mais on ne sait jamais, d’autant plus que Cinemax aurait commandé un épisode pilote pour une troisième saison.

The Knick - Saison 2

Généralités - 4,0 / 5

Le visuel de la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, est très beau et parfaitement dans le ton de The Knick. La minisérie est divisée en quatre disques à la sérigraphie sobre. Le premier disque comprend les deux premiers épisodes, la deuxième galette les trois suivants, la troisième les volets 6, 7 et 8, et la quatrième les deux derniers. Les menus principaux sont animés et bruités, identiques sur les quatre disques. Le boîtier est glissé dans un surétui cartonné.

Bonus - 4,0 / 5

Si l’interactivité était décevante sur l’édition Blu-ray de la première saison, HBO rectifie le tir pour la seconde.

Sur les épisodes 1, 6 et 10, nous trouvons un commentaire audio non sous-titré de l’équipe de tournage et des acteurs André Holland, Jeremy Bobb, Eric Johnson, Michael Begler, Chris Sullivan, Cara Seymour et Jack Amiel.

Chaque épisode, accompagné de son résumé écrit en français, s’accompagne d’un aperçu de quelques secondes diffusé sur Cinemax en guise d’accroche, ainsi que d’un module de deux à sept minutes consacré aux sujets abordés. Quelques images de tournage dévoilent l’envers du décor tout comme les mini-interviews des comédiens et des scénaristes.

Certains épisodes sont également suivis d’un module consacré aux effets spéciaux réalisés en direct pour les scènes d’opérations, avec les témoignages des responsables des FX ou des conseillers techniques et historiques : L’abcès sanglant, la chirurgie oculaire, l’autopsie d’un héroïnomane, la neurochirurgie, les soeurs siamoises, la séance d’hypnose, sont ainsi passés au crible dans des segments rapides de 2 minutes en moyenne.

Quelques autres anecdotes sur les thèmes abordés sont également dispersées sur les quatre disques.

Mais le plus gros des suppléments se trouvent sur le quatrième Blu-ray avec tout d’abord un reportage de 10 minutes en compagnie du chef décorateur Howard Cummings, qui nous fait une visite des lieux de tournage, en particulier le Knick, qu’il a conçu de manière à ce que Steven Soderbergh puisse passer d’une pièce à l’autre sans interruption. Un décor magnifique, incroyable, comme notamment la salle de chirurgie.

S’ensuit un module de six minutes qui donne la parole à Ellen Mirojnick, créatrice des costumes, qui revient sur son travail au fil des épisodes. Les comédiens André Holland et Juliet Rylance la rejoignent pour parler de l’apport primordial du costume pour entrer dans la peau du personnage.

L’une des scènes les plus marquantes de cette deuxième saison est celle du bal de charité où tous les personnages de la série sont réunis. Il n’est donc pas étonnant de trouver un petit documentaire consacré au tournage de cette séquence avec des images du plateau et des propos de l’équipe (6’).

Un dernier supplément de dix minutes aborde également quelques thèmes de The Knick comme la dépendance aux drogues, le féminisme, l’eugénisme, la race et la corruption.

The Knick - Saison 2

Image - 4,5 / 5

L’éditeur frôle la perfection avec ce master HD au format 1080p (AVC) resplendissant et immaculé, uniquement marqué par quelques baisses de la définition sur les séquences les plus agitées. Sous son pseudonyme habituel de Peter Andrews et armé de sa caméra numérique HD Red Epic Dragon, Steven Soderbergh signe la riche photographie de sa minisérie et joue une fois de plus avec les filtres. Le relief est sans cesse appréciable, le piqué est vif et acéré (notamment sur les teintes froides), les détails foisonnent sur le cadre, les noirs sont denses, les contrastes léchés et chaque source de lumière se révèle éclatante. Un vrai régal pour les mirettes !

Son - 4,5 / 5

Bien que seule la version originale bénéficie d’une piste DTS-HD Master Audio 5.1, contrairement à la piste française proposée en DTS Digital Surround 5.1., le confort acoustique est total pour ces deux options acoustiques ! Ces deux mixages parviennent sans mal à créer une spatialisation. Les dialogues sont exsudés avec force, peut-être un peu trop en français d’ailleurs, les effets et ambiances annexes sont riches (dans la rue notamment), amples et variés. Nul besoin de monter le volume pour profiter pleinement de la bande-son. Le caisson de basses intervient aux moments opportuns et les sous-titres sont amovibles.

The Knick - Saison 2

Crédits images : © Cinemax

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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