Tout nous sépare (2017) : le test complet du Blu-ray

Blu-ray + Copie digitale

Réalisé par Thierry Klifa
Avec Catherine Deneuve, Diane Kruger et Nekfeu

Édité par TF1 Vidéo

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Le 14/06/2018
Critique

Tout nous sépare

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Ex-journaliste du magazine Studio, Thierry Klifa passe derrière la caméra en 2001 pour le court-métrage Emilie est partie, puis signe son premier long métrage en 2004, Une vie à t’attendre, joli succès dans les salles avec près de 900.000 entrées. Spécialisé dans le drame romantique, social ou familial, il réalise un film choral, Le Héros de la famille (2006), puis réunit Catherine Deneuve (déjà dans son film précédent) et Nicolas Duvauchelle en 2011 dans Les Yeux de sa mère. Ces deux bides au box-office n’ont pas découragé le metteur en scène, puisqu’il revient avec Tout nous sépare, dans lequel il dirige à nouveau deux des comédiens principaux de son dernier film, auxquels se joignent cette fois Diane Kruger et le rappeur Ken Samaras, plus connu sous le nom de Nekfeu. Les ingrédients sont toujours les mêmes, ainsi que les maladresses d’écriture et la direction d’acteurs brinquebalante. En d’autres termes, Tout nous sépare est un nouvel échec.

Julia, jeune femme mutilée, est profondément éprise de Rodolphe, un voyou qu’elle rémunère pour ses prestations sexuelles et qui lui livre de la drogue. Un soir, après avoir fait l’amour dans un endroit isolé, celui-ci se montre violent envers Julia, qui, sous l’effet de drogues, lui assène un coup mortel à la tête. La mère de Julia, Louise, bourgeoise sûre d’elle-même, aide alors sa fille à dissimuler l’homicide. Peu après, Ben, ami de Rodolphe, commence à faire chanter les deux femmes.

Voilà. Thierry Klifa tourne en rond, propose les mêmes personnages, du moins les mêmes archétypes, leur fait dire des dialogues ineptes et drôles involontairement. Il faut voir les envolées lyriques entre Nicolas Duvauchelle (en mode wesh gros!) et Diane Kruger (qui se demande constamment ce qu’elle est en train de dire) : « On a baisé ça y est, t’as ton fric, j’ai mon matos ! » « Bah ouais, regarde mes yeux tu vois d’l’amour là ? REGARDE MOI J’TE DIS ! TU VOIS DE L’AMOUR LA ??? » ou bien encore « 4000 euros ? Mais c’est qui ces types ? » Arrête de poser des questions tu les connais pas ! » « J’ai quand même le droit de savoir ! L’argent ça pousse pas dans un jardin ! » « Oui bah je sais merci, ça va ! J’te dis tu les connais pas ! J’te demande juste si tu peux m’aider, alors tu m’réponds oui ou non ! Ok ? Alors soit tu m’aides tu m’sauves, soit c’est non ET JE M’CREVE T’ENTENDS ??? J’VAIS M’CREVER !!! TU VEUX QU’JE ME CREVE OU PAS ??? DIS MOI ET JE LE FAIS !!! ». Et on en a déjà marre au bout de dix minutes. Sans compter Catherine Deneuve qui passe la majeure partie du film à fumer face à Nekfeu qui s’endort durant ses répliques. C’est difficile.

Tout nous sépare

Certes, les excellentes Julia Faure et Brigitte Sy font une apparition bienvenue, mais cela ne sauve en rien le film du marasme. A l’instar de son ex-confrère de Studio, Marc Esposito (rappelons que Toute la beauté du monde est l’un des pires films du monde), Thierry Klifa n’a rien d’un auteur, encore moins d’un cinéaste. Croisons les doigts pour que Laurent Weil ne décide pas un jour de passer derrière la caméra ! Conçu pour et autour de Catherine Deneuve, qu’il considère comme son actrice fétiche, Tout nous sépare manque constamment de crédibilité. Rien ne fonctionne. Ni les dialogues, ni les personnages, encore moins les rebondissements, le cadre dépeint et l’opposition entre le milieu bourgeois et les prolos. Tout nous sépare est symbolique d’un cinéma français périmé, qui croit avoir des choses à dire alors qu’il s’englue d’emblée dans un récit éculé et une parodie de film noir, dont Klifa ne maîtrise absolument pas les codes. Dommage, car le film est co-écrit par Cédric Anger, réalisateur de La prochaine fois je viserai le coeur et surtout co-scénariste du formidable Le Petit lieutenant de Xavier Beauvois et du très bon L’Homme qu’on aimait trop d’André Téchiné. Et puis voir Catherine Deneuve prendre la pétoire dans la dernière partie, prête à défendre sa fille et son territoire, cela finit par nous fatiguer autant que la comédienne elle-même qui a l’air aussi convaincue que nous par ce qu’elle est en train de faire.

100 minutes de calvaire, durant lesquelles les comédiens se renvoient la balle avec mollesse, en espérant que le spectateur sera indulgent fasse à la pauvreté de ce qu’on leur propose. Le problème c’est que même la forme est au rabais, avec une mise en scène digne d’un téléfilm de France 3 Picardie. Un ratage sur toute la ligne.

Tout nous sépare

Généralités - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray de Tout nous sépare a été réalisé sur check-disc. TF1 Studio propose un menu lambda, animé et musical. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film.

Bonus - 3,5 / 5

Finalement, ce qu’il y a de plus intéressant sur ce disque, c’est le making of (48’). Bien filmé, ponctué par des interventions des comédiens et du réalisateur, ce documentaire propose des images des essais, de tournage et du plateau où l’on peut voir l’attente entre les prises et les répétitions. Forcément, les compliments pleuvent comme bien souvent dans ce genre d’exercice, mais cela ne manque pas de sincérité.

A ce making of s’ajoute un extrait de la présentation de Tout nous sépare lors de l’émission Quotidien de Yann Barthès, en compagnie de Catherine Deneuve et de Nekfeu. L’occasion de voir que l’immense comédienne a bien adopté le rappeur, sur lequel elle ne tarit pas d’éloges (14’).

Image - 4,5 / 5

On ne change pas une équipe qui gagne (ou pas c’est selon) puisque Thierry Klifa a de nouveau fait appel à l’excellent chef opérateur Julien Hirsch (Impardonnables, La Fille du RER, Bird People). Les contrastes sont denses et flatteurs pour les mirettes, la copie se révèle claire et lumineuse, le relief est appréciable, la colorimétrie chatoyante mais quelques fourmillements sont constatables sur les arrière-plans et quelques détails manquent à l’appel. Le piqué est parfois émoussé mais cela n’entrave en rien les conditions de visionnage qui demeurent plaisantes. Rien à redire, le moindre recoin du cadre large demeure splendide de précision sur les séquences diurnes tournées en extérieur. Ce Blu-ray est au format 1080p (AVC).

Son - 4,0 / 5

La musique composée par Gustavo Santaolalla est admirablement délivrée et spatialisée par le mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Les voix des comédiens s’imposent sans mal sur la centrale, toujours claires et distinctes. Quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les latérales sur les séquences en extérieur, la balance gauche-droite est dynamique, même si le caisson de basses reste au point mort. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © TF1 Studio

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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