Strange Days (1995) : le test complet du DVD

Réalisé par Kathryn Bigelow
Avec Ralph Fiennes, Angela Bassett et Juliette Lewis

Édité par 20th Century Fox

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Le 07/11/2001
Critique

L’année 2000 est arrivée sans incidents majeurs, ni de prophéties millénaristes. Même le flop du Y2K bug a été vite oublié. Mais il reste une chose à retenir de ce vrai-faux rite de passage : la délicieuse dystopie de « Strange Days », une croisade bladerunnerienne au coeur de l’esprit humain, dont son seul tort fut de sortir trop en avance sur son temps.

En fait, oublions le Y2K. Ce qui faut retenir de « Strange Days » est le « Squid », ces trips magnétoscopés dans la vie d’une autre personne - le symbole d’une humanité volatile qui emprunte les expériences de tiers, pour ne pas sortir de son cocon. Ni William Gibson ou « Matrix » n’auraient pu imaginer mieux.

« Strange Days » offre donc l’apocalypse sur terre, ou plutôt dans le cerveau de ses sujets. Bien épaulée par un script de son ex-mari James Cameron, Kathryn Bigelow signe le film noir SF virtuellement parfait. Les acteurs (Ralph Fiennes en tête), le crescendo du récit et le maniérisme de la mise en scène sont si hallucinantes, qu’on oublie vite ses longueurs et ses quelques incohérences. Ce n’est pas le Citizen Kane de la science fiction, mais c’est tout comme.

Généralités - 4,0 / 5

Chaque DVDisation d’un film de Kathryn Bigelow est un événement en soi. Malgré ses limites, le disque de « Strange Days » fait amplement oublier le faux pas de la Fox avec Point Break. Pas de traitement collector, mais une qualité audiovisuelle hors-pair et quelques bonus de choix, qui enterrent l’édition Z1 sortie à son temps aux US.

Un menu animé simple mais efficace, une discrète ergonomie d’ensemble… et comme toujours, l’odieuse habitude de la Major d’interdire tout changement de langue à la volée.

Bonus - 4,5 / 5

Les bonus du disque sont à l’image des films de Kathryn Bigelow : détaillés, originaux, et à l’avance sur leur temps.

Prenons par exemple le commentaire audio : il n’en est pas un. Il s’agit en réalité d’une analyse-decryptage (sous- titré) très technique, ou, si vous voulez, d’un cours de cinéma que la réalisatrice doit avoir visiblement donné dans une fac américaine - puisqu’on entend beaucoup de bruits d’ambiance.

Pourquoi une leçon, et pas un commentaire ? La raisonnement est que la crédibilité du film s’appuie en large partie sur les « Squid », les trips VR du récit. L’hallucinant vrai-faux plan séquence du début en est un. L’analyse de Kathryn Bigelow concerne justement le making of de la séquence - et à juste titre le speech de la réalisatrice démarre à la fin de la séquence. Pendant les 55 minutes suivants, on apprendra tout sur la technologie et les chorégraphies incroyables qui ont dû être mises en oeuvre pour tourner le tout (2 ans de préparation, 1 an pour fabriquer une caméra 35 mm miniature, le tandem entre le caméraman-acteur et le mime qui « donnait vie » à son bras droit, etc.). Un moment de pur bonheur, que n’importe quel réalisateur ou artiste devrait écouter. Juste un conseil : apprenez d’abord le plan-séquence par coeur..

Pourquoi en avance sur son temps ? Parce que dans sa leçon, Kathryn Bigelow décortique visiblement la scène pièce par pièce devant son audience. Elle s’exclame « vous pouvez voir ici un raccord invisible », alors que dans la réalité du DVD, nous sommes déjà à 40 minutes dans le coeur du film ! Plus qu’un documentaire séparé, il aurait fallu que la technologie puisse accéder simultanément à une piste audio et une vidéo située à deux endroits différents - du genre, le commentaire suit son cours, tandis que le spectateur peut se repasser en avant et en arrière à son aise ces trois minutes du plan- séquence. Hélas, le DVD ne le permet pas… Bon sang, tous ces ingénieurs de Toshiba, Philips & C, ne pouvaient pas solliciter l’aide de Jim Cameron pour établir les specs du DVD Video ???
(Petit avertissement : le commentaire s’arrête à 54’30” environ… pour reprendre à 55’30” pendant 2 minutes encore. Il vaut mieux ne pas se demander le pourquoi du comment..)

On redescend sur terre avec deux séquences inédites (sous-titrées, et introduites par un court texte). Si la seconde - « Au Bonaventure » - n’apporte pas grand chose, la première - « Augmenter le gain » (où Ralph Fiennes risque de se griller les neurones pour décrypter une scène de meurtre, dans la vaine tentative de découvrir le visage du meurtre) vaut amplement le détour. Dommage qu’elle ait été supprimée du montage final..

Suite et fin des bonus avec un teaser et une bande-annonce très rares - mais hélas en VO uniquement. Et n’oublions pas la courte introduction audio (VOST) du co-producteur du film, qui précède la leçon de Kathryn Bigelow.

Malgré leurs limites évidents, les suppléments du disque sont pourtant si essentiels, et atteignent presque la perfection. C’est la preuve que la qualité est toujours plus importante que la quantité.

Image - 5,0 / 5

En un mot, sublimes ! Il n’y a rien d’autre à ajouter.

Son - 5,0 / 5

Le Squid est une sensation aussi sonore que visuelle. Augmentez le gain de votre installation juste avant le début du film, pour profiter à plein d’une vraie ambiance immersive.. La raison d’être de la certification THX du DVD vient sans doute de là, de la nécessité de séparer et crédibiliser les points de vue objectifs et subjectifs du film, tout en gardant une dynamique sans faille.

Nous sommes convaincus qu’un film comme « Strange Days » devrait être vu en VO. La version française - en 4.0 Surround uniquement - se défend assez bien, mais elle est loin derrière la qualité de l’audio anglais.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony PlayStation 2
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée
Note du disque
Avis

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Christophe
Le 7 mars 2003
Un super film! Très original
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Le 15 décembre 2002
voila un de ces films dont on parle peu. Pourtant, tant le scenario que la réalisation sont sublimes. Ralph Fiennes joue un personnage atypique, et TRES LOIN de son role dans chapeau melon et chaussures en peau de vache.



Ce film est a posseder, a voir et a revoir.

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