L'Empereur du Nord : le test complet du Blu-ray

Emperor of the North Pole

Combo Blu-ray + DVD

1973. Réalisé par Robert Aldrich
Avec Lee Marvin, Ernest Borgnine et Keith Carradine

Édité par Wild Side Video

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Le 08/06/2017
Critique

L'Empereur du Nord

La grande dépression des années 30 a lancé sur les routes des USA de nombreux vagabonds, les hobos, à la recherche d’un meilleur hypothétique, vivant de menus chapardages. Le film nous raconte l’affrontement sans merci entre « A-No. 1 », une légende de la communauté des passagers clandestins de trains de marchandises, et Shack, le chef du convoi N° 19 de la compagnie Oregon Pacific & Eastern.

Mr. Livingston, I presume?

L’Empereur du Nord est l’adaptation par le scénariste Christopher Knopf d’une courte nouvelle de l’aventurier-écrivain Jack London, The Road, 1907, elle-même inspirée par Leon Ray Livingston, une célébrité chez les hobos, qui prétendait avoir parcouru 526 215 miles en ne dépensant que 7,61 dollars et consigna ses aventures enjolivées dans une douzaine de livres, le premier publié en 1910, Life and Adventures of A-No. 1, America’s Most Celebrated Tramp.

L’Empereur du Nord sort en 1973. Robert Aldrich, au sommet de sa célébrité depuis Les Douze salopards (The Dirty Dozen, 1967), signe là son dernier grand film, avec Plein la gueule (The Longest Yard), sorti l’année suivante.

L’Empereur du Nord est emblématique du cinéma de Robert Aldrich, toujours empreint, quel que soit le genre exploré, de la force de caractère du réalisateur, farouchement indépendant (producteur de la plupart ses films, mais pas de celui-là), peu soucieux des bienséances et de l’ordre établi, régnant sans partage sur les plateaux.

L'Empereur du Nord

Un huis-clos dans les grands espaces

Filmé dans les paysages montagneux de l’Oregon, sur les mêmes voies qu’empruntaient jadis les trains de l’Oregon Pacific & Eastern, L’Empereur du Nord peut être vu comme l’affrontement en huis-clos de deux personnages, A-No. 1 et le Shack, le troisième, Cigaret, étant essentiellement cantonné au rôle d’observateur. Pratiquement toutes les scènes se déroulent en effet à bord du train en marche, hormis pendant les quelques arrêts pour le ravitaillement en eau de la chaudière.

Un film d’hommes (la seule femme qu’on voie, le temps d’une séquence, échappe par miracle à la noyade au cours d’un baptême dans une rivière), et quels hommes ! Les deux duellistes sont Lee Marvin et Ernest Borgnine, tous les deux sur l’affiche du mythique Les Douze salopards.

Alors que Lee Marvin colle à son image flegmatique, Ernest Borgnine en fait des tonnes pour exprimer la méchanceté, voire le sadisme de Shack, à la limite du grotesque. Christopher Knopf, le scénariste, nous confie dans le bonus vidéo que l’exagération du jeu avait été exigée par le réalisateur.

Le troisième personnage, Cigaret, le témoin du duel et l’élève d’A-No. 1, c’est Keith Carradine qui tient là son premier grand rôle, au début d’une longue carrière sur le grand et le petit écran sur lequel on le verra dans des séries majeures, comme Dexter et Fargo.

L'Empereur du Nord

Généralités - 4,5 / 5

Cette réédition nous donne la possibilité de retrouver L’Empereur du Nord, depuis longtemps indisponible, parfaitement remastérisé en haute définition et dans une édition qui lui fait honneur.

Le film (120 minutes) et ses suppléments (29 minutes) tiennent sur un Blu-ray double couche et sur un DVD-9 logés, avec un livret de 86 pages, dans un Mediabook, non fourni pour le test, effectué sur un check disc (Blu-ray).

Le menu animé (il résume le film en une minute !) propose la version originale, avec sous-titres imposés, ou un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 1.0.

Le livret (86 pages, abondamment illustrées) contient un excellent texte de Doug Headline (alias Tristan Jean Manchette, auteur et réalisateur français de documentaires sur le cinéma) qui s’ouvre sur un rappel de la nostalgie du cinéma américain de la décennie 1970-1980 pour les années 30, exprimée, notamment, par Bonnie & Clyde d’Arthur Penn, Dillinger de John Millius, Chinatown de Roman Polanski, Le Dernier nabab d’Elia Kazan, Pas d’orchidées pour Miss Blandish de Robert Aldrich, etc.

Suit un rappel de la carrière de Robert Aldrich : issu d’un milieu très aisé, il se lance dans le cinéma comme apprenti à la RKO, avant de devenir assistant-réalisateur de grands cinéastes, puis réalisateur à partir de 1953 avec En quatrième vitesse (Kiss Me Deadly, 1955), Vera Cruz, Attack ! (Attaque), Le Grand couteau, Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze salopards, l’inoubliable équipée de « losers condamnés à l’héroïsme ».

Le livret consacre quelques pages aux deux acteurs principaux, Lee Marvin et Ernest Borgnine, souligne la véracité des faits rapportés par le film, tourné sur les voies, aujourd’hui disparues, de la compagnie Oregon Pacific & Eastern, l’authenticité de l’équipement des hobos, des procédés utilisés par les chefs de train pour se débarrasser des passagers clandestins. Il se referme sur deux petits lexiques, celui du vocabulaire hobo et celui des chemins de fer, sur les quinze règles d’or du code d’éthique des hobos, sur la fiche technique et artistique du film, sur la filmographie de Robert Aldrich et sur une bibliographie.

L'Empereur du Nord

Bonus - 3,0 / 5

L’Art de survivre (Means of Survival, 2015, 29’) permet à Christopher Knopf, le scénariste de L’Empereur du Nord, de parler de ses débuts chez MGM, comme « le scénariste le moins cher de la ville », avec une paie de 75 dollars par semaine et 20 pages à fournir, puis de ses premiers cachets de 3 000 dollars pour le scénario de The King’s Thief de Robert Z. Leonard (1955) et de À des millions de kilomètres de la Terre de Nathan Juran (1957), avec les effets spéciaux de Ray Harryhausen, puis de l’écriture de plusieurs westerns pour la télévision.

Après s’être documenté sur les hobos, il a étoffé la courte nouvelle de Jack London en y ajoutant le personnage de Cigaret. Sam Peckinpah avait été pressenti pour réaliser le film, mais n’a pas été retenu : il demandait un salaire trop élevé. Pas de souvenirs du tournage : Robert Aldrich proscrivait la présence des scénaristes sur le plateau. La fin du film, initialement plus dure, a été modifiée à sa demande. Un bonus inédit assez plaisant bien qu’il ne donne que peu d’informations sur le film.

L'Empereur du Nord

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85, 1080p, AVC) a bénéficié d’une restauration soigneuse : sans altérer la texture originelle, elle a éliminé taches, rayures et bruit vidéo, ravivé les couleurs et assure une excellente définition, de solides contrastes, avec des noirs denses. La lisibilité est parfaite, y compris dans les longues séquences filmées dans la brume entre chien et loup.

L'Empereur du Nord

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 bénéficie d’un spectre très ouvert et d’une forte dynamique. Le bruit de train surprend par son ampleur et son réalisme. Les dialogues sont restitués avec clarté, trop en avant et un peu mats dans le doublage.

L'Empereur du Nord

Crédits images : © 1973 Twentieth Century Fox Film Corporation. Renewed © 2001 Twentieth Century Fox Film Corporation. Tous droits réservés

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 8 juin 2017
L’Empereur du Nord, un des derniers grands films de Robert Aldrich, au sommet de sa célébrité depuis Les Douze salopards, nous revient pour la première fois en haute définition dans une édition exemplaire.

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