Poesía sin fin : le test complet du Blu-ray

Édition Digibook Collector Blu-ray + DVD + Livret

2016. Réalisé par Alejandro Jodorowsky
Avec Adan Jodorowsky, Pamela Flores et Brontis Jodorowsky

Édité par Blaq Out

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Le 07/12/2017
Critique

Poesía sin fin

Dans l’effervescence de la capitale chilienne Santiago, dans les années 1940 et 50, « Alejandrito » Jodorowsky, âgé d’une vingtaine d’années, décide de devenir poète contre la volonté de sa famille. Il est introduit dans le coeur de la bohème artistique et intellectuelle de l’époque et y rencontre Enrique Lihn, Stella Diaz, Nicanor Parra et tant d’autres jeunes poètes prometteurs et anonymes qui deviendront les maîtres de la littérature moderne de l’Amérique Latine. Immergé dans cet univers d’expérimentation poétique, il vit à leurs côtés comme peu avant eux avaient osé le faire : sensuellement, authentiquement, follement.

Avec Poesía sin fin, sorti en 2016, Alejandro Jodorowsky poursuit son autobiographie en images, commencée en 2013 par La Danza de la realidad, une évocation de son enfance. Il suffit d’un rapide coup d’oeil pour reconnaître l’imagination débordante et foisonnante de leur auteur et le style si particulier de ces deux oeuvres, leur fantaisie surréaliste. Une des premières scènes montre la friperie qu’exploitait le père d’Alejandro Jodorowsky au Chili, à Tocopilla, à 2 000 kilomètres au nord de Santiago : sur le trottoir, un policier de trois mètres de haut, à ses pieds un Hitler de 70 centimètres aboyant le slogan de la maison : « El Combate règle leur compte aux voleurs et à la vie chère ! »

Poesía sin fin

Poésie, tu illumineras mon chemin comme un papillon ardent

Poesía sin fin montre comment le jeune Alejandro brise les chaînes familiales à la fin des années 40 pour s’immerger dans la vie de bohême de la capitale chilienne où il restera jusqu’en 1953, quand il rejoindra les surréalistes à Paris où il créera, en 1962, le groupe Panique avec Roland Topor et Fernando Arrabal.

Hymne à la vie et hommage vibrant au cinéma, à la magie de Georges Méliès, Poesía sin fin nous entraîne dans un tourbillon hallucinant où se mêlent la danse (avec une improvisation de Carolyn Carlson), le chant, la poésie, au milieu de décors en carton-pâte dans lesquels déambulent des femmes à la poitrine fellinienne et des personnages étranges, parfois masqués, parfois se déplaçant au ralenti comme des automates… L’entrée dans un univers poétique, chaotique, truculent, où se croisent des personnages équivoques, l’évocation d’un parcours initiatique, étourdissant, entre rêve et réalité.

Espérons qu’Alejandro Jodorowsky pourra compléter son autobiographie en nous offrant le troisième chapitre, son expérience parisienne…

Poesía sin fin

Généralités - 5,0 / 5

Poesía sin fin (128 minutes) et ses suppléments (93 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9 logés dans la couverture d’un digibook.

Le menu animé et musical propose la version originale, avec sous-titres imposés et le choix entre deux formats audio, DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0 stéréo.

Le livre de 88 pages, illustré d’aquarelles de Pascale Montandon-Jodorowky, Viaje esencial, contient des poèmes d’Alejandro Jodorowsky (avec leur traduction en français sur la page de droite), douze regroupés sous le titre Entre pedras y nubes, et un, plus long, intitulé Nubes.

Poesía sin fin est, dans la catégorie des films récents, une des éditions marquantes de l’année 2017.

Bonus - 4,0 / 5

Cinq documentaires sur le Blu-ray, quatre sur le DVD.

Un entretien avec Alejandro Jodorowsky (mars 2017, 24’). « J’ai 88 ans et un pas dans la tombe. Alors, pose-moi des questions comme si j’étais un moribond ». Après cette invitation, le réalisateur affirme que, même si Poesía sin fin relate des faits réels, le cinéma invente une réalité sans la copier, que l’homme « est une merveille », que la vie, au plus profond de chacun, c’est l’art, qu’il faut libérer la conscience de toutes les contraintes qu’on lui impose…

Mise en scène poétique d’Alejandro Jodorowsky (2016, 28’). Filmé pendant le tournage, ce documentaire suit le réalisateur sur tous les fronts : à la mise en place des décors, pendant les répétitions où il n’hésite pas à engueuler les acteurs, derrière les moniteurs pendant les prises de vue, montrant comment animer des marionnettes…

Le cinéma d’Alejandro Jodorowsky à la croisée de tous les arts (30’, uniquement sur le Blu-ray). « Faire un film requiert une armée (…) c’est épuisant, j’ai mal partout, mais je suis heureux ! ». Le réalisateur s’emporte contre le cinéma de Hollywood, ses explosions et ses super-héros, contre ce qui est une industrie, mais pas de l’art. Adan Jodorowsky, son fils, souligne l’importance de l’énorme travail de postproduction d’un film.

Psychomagie sociale d’Alejandro Jodorowsky (8). Selon Jodorowsky, précise un carton, « l’art véritable n’a de sens que s’il guérit spirituellement et psychologiquement, en aidant chacun à se trouver lui-même ». Il enseigne un nouveau langage symbolique dans des ateliers, ici sur la scène d’un théâtre espagnol bien rempli, avec gestuelle et cris pour « nettoyer l’âme ».

Pour finir, Alejandro Jodorowsky et les mouettes (3’). Il filme, en 2013 et 2016 à Nice, de sa chambre de l’Hôtel Negresco, les volatiles criards attirés par des morceaux de pain.

Poesía sin fin

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85 :1, 1080p, AVC) lumineuse, fermement contrastée, propose une riche palette de couleurs, agressives dans certaines scènes, comme celle du carnaval, une explosion de rouge, noir et blanc, délicates dans d’autres, plus intimes. Sa précision révèle tous les détails, le grain de la peau dans les gros plans et tous les détails dans les plans larges.

Son - 5,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 de la version originale restitue très clairement les dialogues et donne une belle ampleur à l’illustration musicale. Il réussit, également, à créer une saisissante impression d’immersion dans l’ambiance.

Poesía sin fin

Crédits images : © Pascale Montandon Jodorowsky

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 8 décembre 2017
Avec Poesía sin fin, la suite de son autobiographie en images, commencée en 2013 par La Danza de la realidad, Alejandro Jodorowsky nous invite dans son univers surréaliste où il nous emporte dans un tourbillon hallucinant où se mêlent danse, chant et poésie…

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Poesía sin fin
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