Song to Song : le test complet du Blu-ray

2017. Réalisé par Terrence Malick
Avec Michael Fassbender, Ryan Gosling et Rooney Mara

Édité par Metropolitan Vidéo

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Le 07/12/2017
Critique

Song to Song

Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas. Deux couples, d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse, voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahisons.

Song to Song, sorti en 2017, est le dernier volet d’une trilogie laissant aux acteurs une grande marge d’improvisation, dans un environnement urbain, tous tournés en 2011 et 2012 dans un enchaînement pratiquement sans pause. Le premier, A la merveille, sorti en 2012, est situé à Bartlesville, Oklahoma, avec une escapade en France. Les deux autres, Knight of Cups, en Californie, principalement à Los Angeles, avec un détour par Las Vegas, et Song to Song, à Austin, Texas, avec une virée au Mexique.

On retrouve dans Song to Song les caractéristiques des deux autres. Tout d’abord la magnifique photographie d’Emmanuel Lubezki, chef opérateur des deux précédents films de la trilogie, et aussi de Le Nouveau monde (2005). La caméra s’attarde, comme dans Knight of Cups, sur l’architecture, principalement de constructions récentes aux lignes pures, de maisons ou d’appartements avec des surfaces vitrées ouvrant des panneaux entiers vers l’extérieur. Une caméra très mobile, aux mouvements doucement contrôlés, presque toujours équipée d’objectifs grand angle (voire d’un fisheye pour deux séquences) qui étirent les perspectives mais déforment aussi l’image, parfois désagréablement dans les plans serrés des acteurs.

Song to Song

La caméra de Song to Song, aussi, tourne amoureusement autour des acteurs, Natalie Portman, Michael Fassbender, Ryan Gosling et, surtout, Rooney Mara, lumineuse, et saisit avec une grande délicatesse, avec une troublante pudeur, l’érotisme de leurs étreintes.

Le synopsis officiel présenta Song to Song comme une histoire « de croisement de deux triangles amoureux », d’obsessions et trahisons avec, pour toile de fond, les festivals pop et rock d’Austin. La fascination des images, la préséance de la forme sur le fond ne compenseront malheureusement pas l’absence de scénario et les incertitudes sur la chronologie pour tous les spectateurs qui peuvent s’interroger sur ce qu’il se passe entre les protagonistes, malgré le très fréquent recours à l’artifice de la voiceover pour nous faire entendre leurs pensées.

Ceux qui n’ont pas été convaincus par les expériences de Terrence Malick dans sa quête d’un nouveau style seront rassurés d’apprendre que la trilogie n’était peut-être qu’une parenthèse bientôt refermée. Radegund, son prochain film, actuellement en postproduction, racontera cette fois une histoire, celle de Franz, un Autrichien objecteur de conscience qui refusera de combattre dans les rangs des Nazis. Espérons y voir la combinaison de l’esthétique de ses derniers films avec la force narrative des premiers, La Balade sauvage (Badlands, 1973), Les Moissons du ciel (Days of Heaven, 1978) et La Ligne Rouge (The Thin Red Line, 1998).

Song to Song

Généralités - 4,0 / 5

Song to Song (129 minutes) et ses suppléments (15 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier non fourni pour le test.

Le menu animé et musical, propose la version originale, avec sous-titres optionnels, au format audio DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0 stéréo et un doublage en français au format DTS-HD MA 5.1.

Dans le boîtier, un livret de 54 pages écrit par Nicolas Rioult, commence par une rapide présentation de la filmographie de Terrence Malick, en insistant sur les trois films sans scénario tournés dans un temps assez court, en 2011 et 2012, ouverte par À la merveille, sorti en 2012 et poursuivie par Knight of Cups, sorti en 2015 et Song to Song, sorti en 2017. Suivent quelques pages sur le tournage du film à Austin, en 2011 et 2012, sur le montage qui s’est étalé sur quatre années, sur « la valse des temps (…), le mélange de temporalités et les faux raccords », sur les personnages du cinéma malickien, sur les acteurs choisis… Une dense et passionnante analyse du film et, plus largement, du cinéma de Terrence Malick par l’un de ses admirateurs.

Bonus - 2,0 / 5

En complément, La musique (2’) donne un aperçu de courts extraits en contrepoint des allées et venues des personnages, Images de tournage (5’) montre, souvent sans le son, Natalie Portman et Rooney Mara suivies par une steadycam, un travelling avant sur une voiturette de golf… Suivent deux entretiens promotionnels, avec Natalie Portman (4’) qui parle de son personnage et de la ville d’Austin, et avec Michael Fassbender (4’) qui se souvient que Terrence Malick lui a dit que son personnage était inspiré du Satan de Paradise Lost, le poème épique de John Milton.

Pour finir, la bande-annonce du film, d’À la merveille et de Knight of Cups.

Song to Song

Image - 5,0 / 5

L’image (2.39:1), lumineuse, sans grain, déploie une fine palette de couleurs naturelles, avec une précision révélant le détail des arrière-plans, de bons contrastes et des noirs denses.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 (ou 2.0 stéréo suivant votre équipement) assure une grande clarté des dialogues et met en valeur la musique à laquelle le film donne une place importante, la musique rock & pop, Patti Smith en tête, et aussi classique avec, notamment, plusieurs extraits symphoniques de Camille Saint-Saens. Les cinq voies sont sollicitées pour créer une assez convaincante sensation d’immersion dans l’ambiance.

Même constat pour le doublage, réalisé pour cette édition, avec des dialogues au volume bien équilibré avec l’ambiance et l’accompagnement musical, ce qui est plutôt rare.

Song to Song

Crédits images : © 2016 Broad Green Pictures

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 7 décembre 2017
Song to Song, une histoire « de croisement de deux triangles amoureux », le dernier d’une trilogie de films laissant aux acteurs une grande liberté d’improvisation, ravira les admirateurs de Terrence Malick pour la beauté sophistiquée de sa photographie. Les errances inexpliquées des personnages pourront laisser les autres perplexes…

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