Parfum de femme : le test complet du DVD

Profumo di donna

1974. Réalisé par Dino Risi
Avec Vittorio Gassman, Agostina Belli et Alessandro Momo

Édité par TF1 Vidéo

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Le 28/05/2009
Critique

Dino Risi, disparu en 2008, a probablement réalisé, sur un scénario de comédie douce-amère adapté du roman de Giovanni Arpino, « Il buio e il mare », son meilleur film, couronné de plusieurs récompenses, dont le César du meilleur film étranger ; le même film a valu à Vittorio Gassman le prix d’interprétation masculine à Cannes. Cette même histoire a été, à nouveau, adaptée avec bonheur par Martin Brest, dans son film Le Temps d’un week-end, tout récemment réédité, avec Al Pacino dans la rôle principal.

Fausto est au centre de tout le récit. Sa personnalité complexe, marquée par un douloureux combat entre l’image qu’il veut donner de lui, celle d’un homme arrogant, cynique, amer, agressif et une réelle fragilité intérieure, accentuée par l’isolement auquel le contraint son handicap (cécité), en dépit des efforts qu’il a déployés pour le compenser. Rien, en effet, ne lui échappe : il « voit avec ses oreilles » les moindres mouvements de Giovanni et sent, bien avant lui, la présence des femmes.

Il rejette brutalement les avances de la jeune Sara (incarnée par la si belle Agostina Belli), amoureuse de lui dès l’adolescence. Il est pourtant secrètement épris d’elle, ce que trahit une photo cachée dans sa valise. S’il rudoie Giovanni, qu’il a rebaptisé Ciccio, comme ses autres ordonnances, il éprouve une sincère affection pour le fragile jeune homme (il dort en position foetale !) qui supporte sans trop broncher ses brimades. Le rôle de Ciccio était tenu par Alessandro Momo, fauché par la mort à 19 ans, dans un accident de moto survenu peu après le tournage, à l’aube d’une carrière d’acteur pleine de promesses.

Comme dans Le Lit conjugal, et dans bien d’autres films italiens de cette époque, les coups de griffe à la religion ne manquent pas. Dans une scène, importante, où Fausto demande sa bénédiction à son ami prêtre Don Carlo (interprété par Vernon Dobtcheff, à l’inquiétant visage de rapace) : « un signe de croix, deux sottises en latin et me voilà vacciné contre le péché ! ». Toujours à Rome, dans une pension tenue par des religieuses, Fausto, le bras valide camouflé sous sa veste, obtient l’aide d’une nonnette pour… se soulager la vessie !

Le récit glisse progressivement du ton de la comédie vers un désespoir profond de Fausto au terme du voyage : « Je suis le onze de pique, cette carte qui n’existe pas ». La dernière image donne-t-elle une petite lueur d’espoir ou n’est-ce encore qu’illusion ?…

Généralités - 4,0 / 5

La jaquette montre, en premier plan, le visage de Fausto et, derrière lui, plus effacée, Sara : toute la symbolique du film est sur cette image.
Choix entre version française et version originale avec sous-titres français optionnels. On peut changer de version ou activer les sous-titres à la volée. Merci TF1 Vidéo !
Menu principal très simple, animé, élégant, sur fond noir, avec le bandeau Passion Cinéma. Film divisé en 12 chapitres.

Bonus - 4,0 / 5

Dino Risi, en août 1999, parle à bâtons rompus du cinéma pendant 13 minutes. Après s’être d’abord orienté vers la médecine, il a été, aux débuts du néo-réalisme, attiré par le cinéma, « ce beau métier où l’on ne fait pratiquement rien, où l’on s’amuse et où l’on voit des jolies filles ». Il aime cette phrase de Jean-Paul Sartre : « Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on regarde, mais l’oeil qui regarde » et souligne l’importance primordiale du scénario et du choix des acteurs, dans les comédies italiennes qui ont suivi les années de guerre quand est venu le goût du plaisir, de l’automobile, des vacances à la mer. Il évoque plusieurs de ses films, Le Fanfaron, Les Monstres, Mordi e fuggi (Rapt à l’italienne). Intéressant. (4/3, en italien, avec sous-titres français optionnels).

Vittorio Gassman ne nous accorde que 3 minutes pour nous dire, dans un bon français, qu’il trouve stimulant, pour un acteur, d’être transformé comme il le fut dans I soliti ignoti ou, encore, de simuler la cécité dans le rôle de Fausto (16/9, en français).

Bande-annonce (16/9, VOST).

Image - 3,0 / 5

La photo manque notablement de contraste ; les détails des scènes sombres sont parfois difficiles à discerner. Toutefois, l’image est propre, bien qu’une vilaine barre orange qui traverse l’écran à 01h34m12s eût pu être effacée.

Son - 4,0 / 5

Son clair en mono 2.0, dans les deux versions, avec un léger souffle, pas gênant.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur InFocus IN76
  • Denon DVD-3910
  • Denon AVR-3806
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918 (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080i - Diagonale image 270 cm

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