West Side Story (1961) : le test complet du Blu-ray

Édition Digibook Collector + Livret

Réalisé par Robert Wise
Avec Natalie Wood, Richard Beymer et Russ Tamblyn

Édité par MGM / United Artists

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Le 28/11/2011
Critique

Attendue comme le messie depuis l’avènement de la Haute définition dans les foyers, la comédie musicale culte West Side Story sort enfin dans les bacs en Blu-ray et s’impose comme l’un des titres phares de cette fin d’année 2011. Magnifiquement restauré du point de vue image et son, cette édition 50ème anniversaire reprend également le documentaire rétrospectif immanquable déjà disponible sur le DVD collector.

Dans le West Side, bas quartier de New York, les affrontements sont nombreux entre la bande des Sharks, menée par Bernardo et celle des Jets, menée par Riff. Maria, la soeur de Bernardo, connaît parfaitement les règles, mais elle va tomber amoureuse d’un Jets…

America, Tonight, Gee, Officer Krupke, Somewhere, Cool, autant de titres mythiques qui résonnent encore aujourd’hui. Adapté de la comédie-musicale créée à Broadway en 1957, West Side Story co-réalisé par Robert Wise et Jerome Robbins, est passé à la postérité grâce aux numéros musicaux enflammés, aux chorégraphies inspirées et à la présence de Natalie Wood dans le rôle principal, qui signait là son plus grand succès au cinéma.

Magnifiquement réalisé (le plan aérien d’ouverture s’inscrit dans toutes les mémoires, et même le générique de fin est un morceau de bravoure à lui seul), West Side Story pèche cependant par une intrigue minime et un certain manque de rythme. Cette relecture contemporaine, urbaine et tragique des amours de Roméo et Juliette pâtit d’un manque de surprise, puisque le mythe de Shakespeare est connu de tous, et l’ensemble repose finalement plus sur le côté technique (irréprochable) qu’émotionnel. Qui plus est, les seconds rôles campés par Russ Tamblyn, George Chakiris et Rita Moreno parviennent sans mal à voler la vedette à Richard Beymer et Natalie Wood dont les personnages emportent peu l’adhésion et paraissent bien trop sages par rapport au reste du casting. Par ailleurs, les Oscar n’ont pas hésité à récompenser George Chakiris et Rita Moreno de la statuette du meilleur second rôle.

Devancé par les 11 Oscars de Ben Hur, Titanic et Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, mais à égalité avec Autant en emporte le vent, West Side Story a été récompensé en 1961 par les Oscar du meilleur film, du meilleur acteur dans un second rôle, de la meilleure actrice dans un second rôle, de la meilleure direction, de la meilleure photographie, de la meilleure création de costumes, du meilleur réalisateur, du meilleur montage, de la meilleure musique de film et du meilleur son. Si ce film musical n’égale pas Chantons sous la pluie, My Fair Lady ou Les Demoiselles de Rochefort, il demeure un grand film (le générique de Saul Bass, les décors, les chorégraphies sont magnifiques), mais aussi l’une des comédies-musicales les mieux réalisées de l’histoire du cinéma sur lesquelles les années ont décidément peu d’emprise.

Généralités - 4,0 / 5

Le superbe digibook rouge renferme le Blu-ray du film et le DVD consacré aux suppléments. Le petit livret richement illustré délivre quelques notes de production, les menus principaux sont clairs, dynamiques et entraînants. Un bel objet.

Bonus - 4,0 / 5

Le Blu-ray dispose des commentaires (en VOST) du parolier Stephen Sondheim sur une partie des 14 chansons du film. Pendant 20 minutes, notre interlocuteur évoque avec précision et sans langue de bois quelques extraits du film en racontant la genèse de tel ou tel numéro musical. Avec franchise, il avoue qu’une chanson n’est guère inspirée (I Feel Pretty), que certaines ne se résument qu’à des tentatives forcées de poésie, et n’hésite pas à dire que certains passages auraient gagné en intensité et en émotion s’ils avaient été uniquement mis en musique, mais aussi que les chansons ont pour lui toujours été mal placées dans l’histoire.

Un segment intitulé Pow ! les danses de West Side Story est également disponible. Il s’agit de petites vidéos revenant sur la création des séquences de danse, pouvant être vues dans le film ou séparément. D’une durée totale de 20 minutes, ces petits modules ne sont pas intégrés directement au film mais l’interrompent avant la séquence concernée, ce qui porte la durée de la projection à 2h52. Ces quelques segments font intervenir entre autre la fille du compositeur Leonard Bernstein, le premier assistant réalisateur Robert E. Relyea, les comédiennes Yvonne Wilder (Consuelo) et Debbie Allen, le chorégraphe et réalisateur Adam Shankman, le danseur et chorégraphe Mikhaïl Barychnikov. Tous s’expriment sur la modernité des chorégraphies, leurs significations et la mise en scène. Quelques photos issues du tournage viennent également illustrer l’ensemble qui parvient à compléter le long documentaire présent sur le deuxième disque, sans jamais tomber dans la redondance.

L’interactivité du Blu-ray se clôt sur une option karaoké (uniquement en anglais).

Réparti sur un DVD (et non pas sur un Blu-ray comme sur l’édition américaine), les suppléments sont repris de l’ancienne édition DVD collector et se composent d’une large galerie de photographies montrant les coulisses de West Side Story et les répétitions des chorégraphies. Sur la même page, quelques montages nous présentent une comparaison entre le film et les magnifiques storyboards signés de l’artiste Maurice Zuberano, sachant que les storyboards sont également disponibles dans une galerie à part.

Mais la pièce maîtresse de ce deuxième disque est le formidable documentaire rétrospectif de près d’une heure intitulé Souvenirs de West Side Story revenant sur l’histoire du film, de sa création en 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway à sa transposition sur grand écran en 1961. A travers les témoignages d’Arthur Laurents (créateur de la pièce), Robert Wise (co-réalisateur), Stephen Sondheim (parolier), Richard Beymer (Tony), Russ Tamblyn (Riff), Robert E. Relyea (assistant réalisateur), Tony Mordente (Action), Rita Moreno (Anita), la genèse, les chorégraphies, les répétitions, la musique de Leonard Bernstein, le casting, les décors, le triomphe aux Oscar, tout est passé en revue. De nombreuses et passionnantes anecdotes du tournage sont également au programme, tout comme de rares images montrant les coulisses du tournage dans les rues new-yorkaises, ainsi que les enregistrements originaux de Natalie Wood qui a ensuite été redoublée suite à une décision contestée des producteurs.

En plus d’un joli livret illustré inclus dans le digibook, l’interactivité de ce deuxième disque se clôt sur un lot de 4 bandes-annonces du film. L’édition américaine comprend également un documentaire inédit de 2011 qui traite de l’héritage culturel du film.

Image - 5,0 / 5

West Side Story faisait partie des titres les plus attendus en Haute Définition et tous les espoirs sont comblés. Restaurée à partir d’un nouvel interpositif 65 mm au format originel Super Panavision 70mm - 2.20 puis scannée en 4K, l’édition en Blu-ray du film de Robert Wise et Jerome Robbins est un véritable feu d’artifice pour les yeux. Ce qui frappe d’emblée, c’est la richesse extraordinaire de la colorimétrie, ses teintes chatoyantes, la densité des contrastes et des noirs, le maintien affermi de la couleur rouge très présente (notamment la séquence du bal), la clarté aveuglante des séquences extérieures diurnes, le relief et la profondeur de champ abyssale notable dès les premiers plans inédits à l’époque du survol de New York. Les détails abondent au premier comme aux arrière-plans, le piqué est véritablement tranchant et il faut vraiment se pincer pour croire que le film fête déjà son demi-siècle tant il paraît avoir été tourné la veille. Ce transfert immaculé porté par une épatante compression AVC et le lifting numérique a encore fait des miracles (aucune poussière n’a survécu) tout en respectant les partis-pris esthétiques d’origine et la photo bigarrée du chef opérateur Daniel L. Fapp (La Grande évasion).

Son - 4,5 / 5

L’éditeur ne fait pas les choses à moitié et livre une piste DTS-HD Master Audio 7.1 réalisée à partir du mixage original 6 pistes magnétiques. Dès l’ouverture avec le générique concocté par Saul Bass, l’ampleur musicale est inédite et immersive, toutes les enceintes sont mises à contribution et le caisson de basses y participe activement. La pureté acoustique est inégalée, le souffle inexistant, les dialogues sont délivrés avec force sur la centrale tandis que les frontales exsudent leurs effets avec fracas (voir les  » Mambo !  » pendant la scène du bal). Evidemment, ce sont les séquences musicales, représentant 1h30 du film, qui sont les mieux loties et la restauration ne fait aucun doute. Moins dynamique mais relativement honnête, la version française DTS 5.1 créé une belle spatialisation et cette fois encore, les séquences musicales décollent par rapport au reste. Notons enfin qu’une version anglaise Dolby Digital 4.0 est également disponible et contentera les puristes peu avides de remixages plus  » contemporains « .

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Giuseppe Salza
Le 10 février 2013
Pas de commentaire.
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Nicolas
Le 23 juillet 2003
Pas de commentaire.
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Le 24 mai 2003
Impeccable ! en 16/9 et le son en 5.1 ! Je suis satisfait.

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