Le Masque de fer (1962) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Henri Decoin
Avec Jean Marais, Sylva Koscina et Jean-François Poron

Édité par Gaumont

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Le 08/03/2012
Critique

D’Artagnan est chargé par Mazarin de ramener à Paris le frère jumeau de Louis XIV, prisonnier dans un château et portant un masque de fer pour cacher sa ressemblance avec le roi. Lorsque d’Artagnan arrive, le masque de fer s’évade. S’engage alors une longue poursuite…

Agé de 72 ans, le réalisateur Henri Decoin décide en 1962 de se faire plaisir durant l’été en réalisant un film d’aventures et de cape et d’épées. Déjà malade sur le tournage, le réalisateur s’amuse néanmoins à montrer des héros vieillissant, en fin de carrière, à l’image de ce d’Artagnan, magnifiquement campé par Jean Marais, qui n’a visiblement jamais pris autant de plaisir devant la caméra. Tour à tour râleur, bagarreur, jovial et séducteur, ce d’Artagnan nostalgique de ses 20 ans, ne cherche visiblement qu’une seule chose, prendre un peu de temps avec celle qu’il aime dès qu’il l’a retrouve. Car d’Artagnan malgré sa quarantaine est encore un homme très demandé et se voit envoyé aux quatre coins de la France à chaque fois qu’il descend de cheval.

Librement inspiré de la légende de l’Homme au masque de fer, ainsi que des romans d’Alexandre Dumas Les Trois mousquetaires et Le Vicomte de Bragelonne, le film d’Henri Decoin n’est certes pas dépourvu de longueurs, surtout dans sa première partie, mais demeure romanesque et fantaisiste. Jean Marais y laisse étonnamment la place aux petits jeunes Jean-François Poron (dans le rôle titre ainsi que celui de Louis XIV) et Claudine Auger, tout juste auréolée de la couronne de Miss France. N’oublions pas non plus Jean Rochefort, magnifique dans le rôle du voleur au grand coeur.

Alors certes, la vérité historique prend un sérieux coup, mais l’ensemble est bien mis en scène, les décors sont superbes, les comédiens au diapason et le comique de situation tient encore très bien la route.

Généralités - 4,5 / 5

Comme d’habitude chez Gaumont, le visuel est classe et soigné, le menu principal animé, sobre et musical.

Bonus - 4,0 / 5

Le désormais incontournable documentaire rétrospectif (intitulé  » D’Artagnan amoureux ! « ) réalisé par Dominique Maillet, donne la parole à Didier Decoin (écrivain, scénariste et fils du réalisateur Henri Decoin), Yvan Chiffre (cascadeur sur le film), Henry-Jean Servat (écrivain et journaliste), Jean-Christian Petitfils (historien) et Jean-Claude Missiaen (réalisateur). Les anecdotes sur le tournage sont multiples, Didier Decoin, âgé de 17 ans à l’époque et présent pendant tout le tournage, évoque l’immense plaisir de son père à réaliser ce film, tandis que les autres intervenants reviennent sur la figure de D’Artagnan, l’interprétation de Jean Marais, les thèmes (le temps qui passe, les héros vieillissant) et la reconstitution historique. Yvan Chiffre évoque également la préparation des combats et la collaboration avec Jean Marais, précis comme un professionnel dans les bagarres.

Nous retrouvons l’historien Jean-Christian Petitfils qui énumère toutes les hypothèses possibles quant à la véritable identité de ce prisonnier masqué qui a donné naissance à de multiples légendes, dont la plus célèbre demeure celle du frère jumeau de Louis XIV caché aux yeux du Monde en 1687 sur l’île Sainte- Marguerite, jusqu’à son déplacement à la Bastille en 1696 où il meurt en 1703 à l’âge de 45 ans. Notre interlocuteur reconstitue les faits dans un exposé historique passionnant.

Dans un dernier module de 25 minutes, Didier Decoin rend un hommage très émouvant à son père, autodidacte, passionné de livres d’histoire, amoureux des acteurs, dont le film le plus célèbre demeure Razzia sur la chnouf, réalisé en 1955. Quelques images de tournage de ce film illustrent d’ailleurs ce petit document nostalgique dans lequel Didier Decoin évoque son enfance, la passion du cinéma de son père, ses débuts en tant que scénariste puis comme metteur en scène, notamment comme réalisateur de versions françaises de films allemands, puis comme cinéaste à part entière. Comme le dit Didier Decoin, son père était un artisan très impliqué dans le processus créatif de ses films, y compris ceux pour lesquels il n’était pas dupe de la qualité médiocre des histoires qu’on lui proposait et pour lesquels il ne savait pas dire non.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce du film.

Image - 4,0 / 5

Si l’on compare ce master HD à celui des Mystères de Paris sorti en même temps chez le même éditeur, l’image du Masque de fer apparaît moins vive et le grain plus apparent. Néanmoins, la restauration est magnifique, aucune poussière n’a survécu au scalpel numérique, le piqué brille à de nombreuses occasions, les contrastes sont solides et le cadre large offre un rendu saisissant des détails. Notons tout de même quelques sensibles pertes de la définition ainsi que de légers flous sporadiques.

Son - 4,0 / 5

La piste DTS-HD Master Audio Mono remplit parfaitement son office et délivre ses dialogues, les ambiances et la musique avec une redoutable efficacité. Les conditions acoustiques sont idéales, aucun souffle n’est à déplorer.

L’éditeur joint les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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