Benny's Video

Benny's Video (1992) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Michael Haneke
Avec Arno Frisch, Angela Winkler et Ulrich Mühe

Édité par TF1 Studio

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Le 14/11/2012
Critique

Élevé au sein d’une famille bourgeoise, Benny ne communique guère avec des parents trop souvent absents. Plongé dans l’univers de la vidéo, il voit son sens des réalités et des valeurs se déformer peu à peu.

Pour son deuxième volet de ce qui deviendra la trilogie de la glaciation émotionnelle, Michael Haneke se penche avec Benny’s Video sur la violence de la société de consommation, la difficulté des rapports entre les êtres en prenant comme personnage principal un adolescent qui filme sa vie et met en scène son existence dans sa chambre cloîtrée, encombrée d’écrans vidéo diffusant un flot ininterrompu d’images violentes et de flashs d’informations. Benny n’apprend finalement la vie qu’à travers les médias puisque ses parents sont souvent absents et qu’il se trouve livré à lui-même. Ce manque de rapport à la réalité l’entraîne (par accident ? volontairement ?) à commettre le pire, tuer une jeune fille de son âge pour « voir ce que ça fait ».

Le cinéaste autrichien joue sur l’attente pour faire monter la tension, l’ambiguïté et l’horreur se déroulent d’ailleurs souvent hors-champ. Haneke ne représente pas la violence mais ses conséquences avec une rigueur clinique, en laissant durer les plans avec le plus souvent une caméra fixe. Le spectateur est invité à entrer dans la psyché de cet adolescent où les réalités et les valeurs n’ont alors plus de sens. Se pose alors la question de la responsabilité et de la culpabilité avec les personnages des parents, incarnés par Angela Winkler et Ulrich Mühe.

Benny’s Video n’est certes pas le plus grand film de Michael Haneke et le rythme est vraiment très lent, mais interprétation intense du jeune Arno Frisch, que le réalisateur reprendra pour jouer le tortionnaire dans Funny Games, l’incroyable absence d’émotion et de jugement moral, la photo glacée, le malaise constant, font de cette oeuvre une expérience rare et indispensable.

Généralités - 3,0 / 5

La jaquette n’est guère attirante, tout comme la sérigraphie du disque, trop sobre à notre goût. Même chose concernant le menu principal, certes animé et musical, mais guère recherché.

Bonus - 3,5 / 5

Philippe Rouyer, critique de cinéma et co-auteur du livre Haneke par Haneke, présente Benny’s Video (10’) et replace ce film dans la filmographie du cinéaste autrichien. Il y évoque rapidement l’histoire du film, les thèmes abordés, le casting, les partis-pris esthétiques et narratifs adoptés, l’accueil du film au Festival de Vienne en 1992 et la révélation de Michael Haneke sur la scène internationale. Notre interlocuteur évoque également les seules scènes coupées rendues disponibles par le cinéaste, présentes également dans cette interactivité.

S’ensuit une formidable interview de Michael Haneke par Serge Toubiana (21’) qui décortique Benny’s Video de manière passionnante et durant laquelle le réalisateur se penche sur la genèse du film, la reconstitution de la réalité au cinéma, la psychologie du personnage principal, le rôle des médias.

Comme nous l’indiquions un peu plus haut, nous retrouvons Michael Haneke et Serge Toubiana dans une salle de montage où le cinéaste commente les rushes et scènes coupées au montage (14’) pour une question de rythme. Il s’agit ici de séquences tournées en Egypte lors du voyage, ou plutôt de la fuite de Benny avec sa mère. Peu de choses marquent véritablement les esprits, à part peut-être la scène de l’éclipse où les habitants admirent le phénomène avec les moyens du bord, y compris Benny qui filme l’évènement avec sa caméra.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

Image - 4,5 / 5

Benny’s Video bénéficie d’un master HD 1080p quasi-parfait qui lui redonne un sérieux coup de jeune. La propreté de la copie est indéniable, la colorimétrie retrouve une certaine vivacité qui lui manquait (il n’y a qu’à voir le rouge du sang) et le piqué est fort appréciable. L’encodage AVC consolide l’ensemble avec fermeté, d’autant plus que Michael Haneke use de différents supports vidéo, les détails sont brillants, les contrastes solides, l’aspect laqué et les teintes glacées, surtout sur les scènes dans l’appartement de Benny. Si les scènes tournées en Egypte demeurent marquées par un grain plus appuyé, quelques sensibles fourmillements et se révèlent au final moins bien définies (le rendu des visages manque parfois de concision), l’élévation HD de Benny’s Video ne déçoit jamais et permet de redécouvrir le film dans de parfaites conditions.

Son - 4,0 / 5

La version allemande jouit d’une piste DTS-HD Master Audio 2.0 particulièrement ardente, propre et jamais parasitée par un souffle ou des saturations. Le mixage est tonique, le confort acoustique assuré, la balance frontale riche. Notons que les sous-titres français demeurent inamovibles.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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