L'Etrangleur de Boston (1968) : le test complet du Blu-ray

The Boston Strangler

Réalisé par Richard Fleischer
Avec Tony Curtis, Henry Fonda et George Kennedy

Édité par Carlotta Films

Voir la fiche technique

Avatar Par
Le 18/04/2013
Critique

Boston, 1962. Une vieille femme est retrouvée étranglée à son domicile. Les mobiles du crime sont inexplicables. Au cours des deux années suivantes, douze autres femmes sont assassinées dans des circonstances similaires. Le procureur général Bottomly est désigné pour prendre l’affaire en main. Un jour, Alberto DiSalvo, un modeste ouvrier, est arrêté par la police pour avoir pénétré dans un appartement par effraction…

Dix ans après Les Vikings de John Frankenheimer et au même moment, Norman Jewison, ayant également découvert cette technique à Montréal, s’empare de ces écrans divisés pour son nouveau film, L’Affaire Thomas Crown. Il s’agit bien évidemment des split-screen.

Jamais gratuit, ce nouveau langage cinématographique permet à Richard Fleischer de recentrer l’attention du spectateur sur certains éléments synchrones tout en gardant le fil de son récit, ainsi que pour refléter visuellement la psyché perturbée du personnage principal, atteint de dédoublement de la personnalité. Nous sommes happés du début à la fin par ces actions multiples, qui plus est relevées par l’usage de la caméra portée Arriflex qui donne à L’Etrangleur de Boston un aspect réaliste et documentaire, surtout quand le cinéaste se penche sur le rôle et les responsabilités des politiques et des médias qui s’emparent de cette actualité.

Sans concession, Richard Fleischer plonge les spectateurs autant dans les méandres d’un esprit malade que dans les coins plutôt oubliés du cinéma hollywoodien comme les bars gay, en montrant à l’écran des individus pervers et obsédés sexuels, sans tabous, sans détours, avec une rare audace formelle. Rétrospectivement, L’Etrangleur de Boston apparaît comme l’un des films matrice du grand cinéma américain des années 70, mais également comme la référence ultime du genre. L’un des maîtres du thriller et du film-noir hollywoodien a encore frappé et affiche un nouveau chef-d’oeuvre époustouflant à son palmarès.

Généralités - 5,0 / 5

La sérigraphie du disque est soignée. La jaquette au visuel splendide est glissée dans un boîtier de couleur noire. Le tout est recouvert d’un surétui cartonné reprenant le même visuel. N’oublions pas le soin apporté au menu principal fixe et bruité, d’une folle élégance. Magnifique objet.

Bonus - 3,5 / 5

Le réalisateur William Friedkin revient sur les faits réels qui ont inspiré L’Etrangleur de Boston et explique comment il s’est lui-même imprégné des techniques novatrices employées par Richard Fleischer dans le film, en l’occurrence du montage de scènes subliminales renvoyant à la psyché du personnage principal, pour L’Exorciste. À l’instar des Inconnus dans la ville, le cinéaste, qui connaît le film par coeur, livre une brillante analyse de 21 minutes de L’Etrangleur de Boston, sans interruption, en croisant intelligemment le fond avec la forme, l’aspect documentaire, l’utilisation inédite des images multiples. Notre interlocuteur évoque également le casting avec le choix singulier de Tony Curtis dans le rôle principal, qui s’est d’ailleurs battu pour le décrocher en ayant recours à un faux nez et des lentilles de contact pour assombrir son regard clair. William Friedkin salue cette performance comme étant l’une des plus magistrales de l’histoire du cinéma.

Le documentaire Faux nez, vrai tueur : souvenirs de L’Etrangleur de Boston (30’), croise les témoignages de Mark Fleischer (fils de Richard Fleischer), du chef opérateur Richard H. Kline et de l’actrice Sally Kellerman (Dianne Cluny dans le film). Chacun s’exprime sur les conditions de tournage, évoque l’investissement de Tony Curtis, replace ce chef-d’oeuvre dans la carrière de Richard Fleischer (avec un petit retour sur ses premières oeuvres à la RKO) et dissèque la technique avant-gardiste du split-screen et de l’usage de la caméra portée Arriflex.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce et les credits du Blu-ray.

Image - 4,0 / 5

La qualité de ce nouveau master restauré HD convainc et redonne un certain panache à L’Etrangleur de Boston. Les contrastes affichent une belle densité, la copie restaurée est propre, même si les split-screens repris en postproduction comportent encore quelques points blancs et perdent en détails. Le piqué est satisfaisant et de nombreux éléments jouissent de l’élévation HD sur les plans diurnes en extérieur. Alors certes, tout n’est pas parfait, quelques flous sporadiques font leur apparition, une ou deux séquences sont plus altérées (la dernière partie l’était à l’origine) et la définition a tendance à flancher, mais ces menus accrocs restent anecdotiques compte tenu de la clarté, du grain cinéma respecté, et du relief parfois inattendu. Enfin, l’ensemble est consolidé par une compression AVC de haute tenue.

Son - 4,0 / 5

La version originale bénéficie d’un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 nettement plus performant que la piste DTS-HD Master Audio 1.0. Pour la première option acoustique, l’espace phonique se révèle probant, la composition de Lionel Newman jouit d’une belle ouverture, le confort est concret, et les dialogues clairs et nets. De son côté, la version française apparaît plus feutrée avec des voix qui prennent souvent le pas sur les ambiances et les effets annexes. Que vous ayez opté pour la langue de Shakespeare ou celle de Molière, aucun souffle ne vient parasiter votre projection et l’ensemble reste propre.

Crédits images : © Carlotta Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

5,0
5
2
4
0
3
0
2
0
1
0

Je donne mon avis !

Avatar
Franck Brissard
Le 7 novembre 2014
Pas de commentaire.
Avatar
Sabrina Piazzi
Le 22 avril 2013
Pas de commentaire.

Lire les avis »

Multimédia
L'Etrangleur de Boston
Bande-annonce VOST

Proposer une bande-annonce

Du même auteur
(publicité)

(publicité)