La Revanche de Frankenstein (1958) : le test complet du Blu-ray

The Revenge of Frankenstein

Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret

Réalisé par Terence Fisher
Avec Peter Cushing, Eunice Gayson et Francis Matthews

Édité par ESC Editions

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Le 22/07/2019
Critique

Un des meilleurs Frankenstein réalisé par Terence Fisher pour la Hammer, en édition collector.

La Revanche de Frankenstein

La Revanche de Frankenstein (GB 1958) de Terence Fisher constitue la suite précise du Frankenstein s’est échappé ! (The Curse of Frankenstein, GB 1957) du même Fisher, avec lequel il constitue un diptyque naturel.

De la tradition Universal fantastique et du roman original de Mary W. Shelley, le scénario original signé Jimmy Sangster ne reprend que l’argument, mise à part une scène intéressante : celle des détrousseurs de cadavres en action, assez fidèle à l’idée ouvrant autrefois Frankenstein rencontre le loup-garou (USA 1943) de Roy William Neill (1). Ce qui est certain, c’est que Sangster (auquel il faut ajouter le scénariste George Baxt concernant certains éléments que Sangster jugeait mineurs mais auxquels tenaient les producteurs afin que le film respirât mieux) situe à nouveau l’action en Europe centrale. Tel est le décor global dans lequel approfondit une réflexion dialectique cruelle sur l’histoire traditionnelle à laquelle il superpose d’une manière bientôt obsédante trois questions : qui va mourir, qui va ressusciter : le créateur, la créature… ou bien les deux à la fois, inexorablement confondus ? La réponse sera fournie mais elle passera par l’épouvante de la régression et par une succession frénétique de rebondissements augmentant la spirale de la terreur. La suggestion graphique du cannibalisme, préparée par l’évolution du petit singe, est illustrée par deux séquences qui passèrent de justesse la censure anglaise comme américaine.

La dualité animalité-humanité hante symboliquement tout du long cette réflexion sur le mal qui investit psychologiquement et sociologiquement les bas-fonds autant que la haute-société, tous deux dépeints d’une manière glacée et pessimiste, avec souvent une très noire ironie. Vers 1860, les théories du baron correspondent assez à celles des vitalistes de la seconde moitié du dix-neuvième siècle tandis que son comportement personnel a quelque chose du révolté miltonien (davantage que nietzschéen) prêt à tout pour conquérir son propre monde et que sa quête forcenée de l’identité, prise aux pièges des changements de corps et d’esprit, annonce clairement la quête freudienne. Le baron est l’héritier du dix-huitième siècle et de son cynisme (qui annonce celui plus tard admiré par Stendhal et par Nietzsche comme preuve de vitalité), l’héritier du romantisme miltonien anglais et français mais sa maturité intellectuelle fishérienne, que les scénarios soient écrits par Sangster, Hinds ou Batt, se situe entre 1860 et 1870 : elle est donc contemporaine de l’univers intellectuel de penseurs tels que Émile Boutroux (De la contingence des lois de la nature, 1874) et Augustin Cournot (Matérialisme, vitalisme, rationalisme, 1875). Le vivant animé qu’il veut dominer résiste obstinément à sa réduction matérielle et objectale, au calcul comme à la prévision : il déjoue constamment ses efforts en vue de le contrôler, il manifeste une liberté… comme aussi son contraire (la pulsion aveugle et l’instinct). Le baron dépeint par Sangster et Fisher est donc assurément plus complexe et sophistiqué que le baron original de Mary Shelley qui était une sorte d’enfant terrible du dix-huitième siècle davantage qu’un annonciateur de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle. Et surtout, Fisher et Sangster lui confèrent à son tour - idée géniale ! - le statut de monstre non seulement moral mais encore physique, stricto sensu: le renversement est inédit dans l’histoire du cinéma fantastique et Fisher l’approfondira encore par la suite, y compris dans ses trois Frankenstein suivants réalisés entre 1966 et 1973, car le thème du double, thème-clé et voie royale du cinéma fantastique, est illustré dans presque toute son oeuvre, qu’elle appartienne au fantastique ou à d’autres genres.

La Revanche de Frankenstein

Fisher considérait que La Revanche de Frankenstein était son oeuvre la plus achevée sur le plan de la direction artistique et peut-être aussi concernant la direction de la photographie de Jack Asher : elle pourrait être qualifiée de baroque glacée ou de réalisme baroque, au choix. Le montage (supervisé par Fisher qui avait été monteur) est d’une précision chirurgicale, c’est bien le cas de le dire : le moindre raccord y est intelligent et efficace, démultipliant l’impact graphique de l’ensemble mais aussi son impact intellectuel, augmentant sans cesse le malaise du spectateur jusqu’à l’oppression puis la terreur. Le casting est remarquable : non seulement les acteurs de premier plan (Peter Cushing, Francis Matthews, Michael Gwynn, Oscar Kitak, Eunice Gayson) y sont excellents mais ceux des seconds rôles sont souvent admirables : on n’oublie pas Michael Ripper en détrousseur alcoolique de cadavres ni George Woodbrige en brute ni Richard Wordsworth en gardien vicieux, asocial, intelligent mais fasciné par la sauvagerie animale. La belle Eunice Gayson apporte la touche d’érotisme minimal indispensable : son rôle (une belle jeune fille de la haute société désireuse de pratiquer la charité auprès des pauvres et dont le monstre tombe amoureux) est certes moins brillant que celui d’Hazel Court l’année précédente mais elle s’en acquitte honorablement et tient sa place dans la si mignonne galerie des « Hammer glamour stars » de la période 1955-1975.

Le succès financier anglo-saxon fut mitigé et la réception critique anglo-saxonne aussi en raison du sadisme tant intellectuel que graphique déployé à l’écran : ce fut d’ailleurs le seul Frankenstein de Fisher qui fut interdit en France aux moins de 16 ans (les autres l’étaient seulement aux moins de 13 ans). Ce sont les historiens français (Jean-Pierre Bouyxou le premier dans son remarquable petit livre édité par Serdoc en 1969, puis Gérard Lenne, René Prédal, Jean-Marie Sabatier dans leurs notices consacrées au film et publiées dans leurs livres respectifs parus en 1970-1973) du cinéma fantastique qui rendront véritablement au film ce qui lui revient et parfois même un peu davantage sous la forme d’exégèses ou d’analyses inattendues. La séquence d’introduction de La Revanche de Frankenstein fut ainsi l’objet ,vers 1970, d’une mémorable discussion entre le critique Bouyxou et le scénariste Sangster (2) car celui-ci niait le supposé matérialisme athée que celui-là soutenait apercevoir dans la scène d’introduction de la guillotine. Il faut d’ailleurs noter que cet intérêt critique français ne fut pas totalement immédiat et que le film ne s’imposa sur le plan critique qu’assez lentement, révision après révision : le n°1 de MMF « spécial Terence Fisher » de 1962 ne lui consacrait ainsi qu’une simple fiche technique et un résumé de scénario à peine illustrés tandis que Michel Caen l’y mentionnait brièvement (avec une erreur : le baron n’y est pas « lapidé », comme il l’écrivait, par les malades) dans son article de 1962 sur la Psychopathia sexualis dans les films de Terence Fisher, à la rubrique Sadisme.

Toujours est-il que la Hammer films ne revint au sujet que six ans plus tard avec L’Empreinte de Frankenstein (The Evil of Frankenstein, GB 1964) de Freddie Francis, remarquable variation dont le succès supérieur à celui du Fisher de 1958 permit cette fois-ci à ce dernier de revenir librement au sujet sous la forme de variations magistrales : Frankenstein créa la femme (GB 1966) où Fisher filme une âme et s’intéresse au thème primordial et primitif de l’androgynie et du double, Le Retour de Frankenstein (Frankenstein must be destroyed, GB 1969) où le thème de la folie entraîne les personnages principaux dans une spirale infernale et désespérée, Frankenstein et le monstre de l’enfer (GB 1973) enfin, qu’on peut considérer rétrospectivement comme son testament thématique autant que plastique, synthèse à la forme d’épure.

(1) Sa mathématique dramaturgique est la même qu’en 1943: un voleur meurt, l’autre s’enfuit (c’est probablement le survivant qui, incognito ou non, informe plus tard les autorités concernant le contenu du cercueil mais le scénario ne précise pas ce détail). Leur savoureuse discussion antérieure dans une taverne avait été écrite par Georges Baxt, non crédité : fut-ce aussi le cas de cette scène ou bien faut-il la créditer à Sangster ? Encore une question d’histoire du cinéma à éclaircir un jour.

(2) Entretien traduit et publié in Jean-Pierre Bouyxou et Roland Lethem, La Science-fiction au cinéma, édition UGE, coll. 10/18, Paris 1971.

La Revanche de Frankenstein

Généralités - 5,0 / 5

1 édition collector mediabook ESC, distribuée le 16 juillet 2019, contenant 1 DVD-9 PAL zone 2 + 1 Blu-ray 50 région B + 1 livret illustré de 16 pages par Marc Toullec. Format 1.66 original respecté, compatible 16/9 en Technicolor, Full HD sur le Blu-ray. DTS-HD Master Audio 2.0 VOSTF + VF d’époque. Suppléments : présentation de la Hammer films par Nicolas Stanzick, Frankenstein ne meurt jamais par Gilles Penso, le matérialisme fantastique dans La Revanche de Frankenstein par Nicolas Stanzick, présentation de Terence Fisher par Noël Simsolo.

Le livret La Revanche de Frankenstein de Marc Toullec est précis, nourri aux sources anglo-saxonnes les plus autorisées comme à l’habitude (une source française est tout de même citée), émaillé d’utiles citations du cinéaste Terence Fisher, du scénariste Jimmy Sangster, des comédiens Peter Cushing et Francis Matthews. Celle en haut de la page 11 concernant l’aspect documentaire revendiqué par Fisher (« le plus parfait de mes films, sur ce plan… ») avait été traduite dans le cadre d’un entretien accordé par Fisher à la revue Midi-Minuit Fantastique n°7 en 1963 mais il fallait la reproduire ici, car elle éclaire bien sa visée. Autres précieuses informations, celles sur l’écriture du scénario, page 7 : on ignorait par exemple (non seulement au temps de MMF mais encore à l’époque des deux monographies françaises publiées sur Fisher en 1983 par René Prédal et en 1984 par Stéphane Bourgoin) le fait que George Baxt avait écrit, non-crédité, certaines séquences du film de 1958. L’originalité du script écrit par Jimmy Sangster en ressort au demeurant davantage encore. On peut discuter certains points de détails : Marc Toullec pense par exemple que le terme « documentaire » dans la citation de Fisher mentionnée page 11, se rapporte à l’aspect chirurgical mais ce n’est pas certain : Fisher pouvait estimer que la reconstitution de l’époque victorienne (ici transposée en Europe centrale continentale) par Bernard Robinson, le décorateur majeur de l’âge d’or de la Hammer (1955-1965), était désignée dans son ensemble par ce terme. Certaines photos d’exploitation (« lobby cards ») qui l’illustre sont détourées (celle du haut de la page 9 par exemple) mais c’est compensé par la reproduction d’une magnifique affiche italienne d’exploitation, trop peu connue chez nous et par la photo du visage couturé de Peter Cushing, au bas de la page 14, célèbre document auprès des lecteurs de MMF car il fut l’objet, à l’époque de sa publication, d’une assez curieuse erreur. Attention à certaines coquilles ( « D’ailleurs sur les films Hammer, aucun budget ne leur ait - il faut lire : « est » - attribué » à la page 11) sans gravité excessive, rapportées à l’intérêt évident d’histoire du cinéma que le livret présente.

La Revanche de Frankenstein

Bonus - 5,0 / 5

Présentation de la Hammer films par Nicolas Stanzick (2019, durée 5 min. environ) : Excellente, claire et bien illustrée par de nombreuses affiches et photos. Les rapports de la Hammer avec les sociétés américaines qui la distribuaient sont, notamment, bien mis en lumière. Seule réserve : l’emploi du terme « gothique » pour qualifier le cinéma fantastique de la Hammer me semble inappropriée pour les raisons mentionnées autrefois dans une des notes additionnelles de ma critique publiée il y a quelques années de Les Sévices de Dracula (Twins of Evil, GB 1971) de John Hough. La popularité de ce terme pose un problème d’histoire de l’art comme elle pose un problème d’histoire de la littérature et d’histoire du cinéma, y compris rapporté à la filmographie hammerienne de Fisher.

Frankenstein ne meurt jamais par Gilles Penso (2019, durée 15 min. environ) : remise en situation pédagogique du film de Fisher dans l’histoire littéraire et cinématographique, y compris celle de la Hammer Films et de la filmographie de Fisher. Pour le novice ignorant tout du sujet et du thème, c’est donc le supplément par lequel il faut débuter. La seconde partie est plus spécifiquement consacrée au film de 1958 dont elle montre de nombreux et longs extraits qui sont commentés ou paraphrasés, selon les cas : ne surtout pas la visionner avant le film lui-même, par conséquent.

Le Matérialisme fantastique par Nicolas Stanzick (2019, durée 20 min. environ) : Le meilleur des quatre suppléments de cette édition car c’est une discussion serrée, approfondie, thématique et esthétique de ce Fisher de 1958. Belle analyse du raccord guillotine-verre de vin (rouge). Attention à l’interprétation matérialiste et athée du début du film qui avait été autrefois soutenue par Bouyxou mais qui fut vigoureusement refusée par Sangster et qui est ici reprise par Stanzick peut-être un peu trop complaisamment: Fisher filme tout de même une âme dans Frankenstein créa la femme en 1966 et un ange dans Les Vierges de Satan en 1967, preuve qu’il n’est pas si matérialiste que ça tout de même ! A la vérité, il semble difficile de confondre le scénariste, le cinéaste et le personnage. A ce dernier, le terme de positiviste conviendrait mieux que celui de matérialiste, me semble-t-il, mais un positiviste spiritualiste, au sens précis de ces termes dans l’histoire de la philosophie, le vitalisme y étant inclus. Il y a assurément aussi quelque chose de pré-nietzschéen chez le baron écrit par Sangster (de ce point de vue, le glissement opéré relativement au personnage par rapport aux films Universal signés par James Whale est effectivement patent) mais il y a aussi quelque chose des « visions du monde » d’un William James, d’un Henri Bergson et d’un Sigmund Freud dans un tel ensemble. Excellente remarque d’histoire du cinéma sur le rapport entre le cannibalisme suggéré de 1958 et celui avéré de 1968 dans La Nuit des morts vivants de Romero. La génération de Roméro, de Carpenter, de Tobe Hooper, s’est évidemment nourrie de Fritz Lang, de Alfred Hitchcock mais aussi de Terence Fisher lorsqu’elle était adolescente. Et puis la régression est l’un des grands thèmes du cinéma fantastique, un des plus générateurs d’angoisse.

Présentation du cinéaste Terence Fisher par Noël Simsolo (2019, durée 20 min. environ) : première partie intéressante car on y voit de nombreuses images et affiches des films signés Fisher qui sont antérieurs à son âge d’or fantastique de 1957-1973 mais qui en relèvent par la bande et sont très passionnants pour cette raison : Le Mystère du camp 27 (Portrait from Life, GB 1949), Si Paris l’avait su (So Long at the Fair, GB 1950), Stolen Face (GB 1952, inédit en France) sans oublier certains de ses films de science-fiction, hélas encore inédits chez nous. La seconde partie, évidemment consacrée à la période fantastique de Fisher à partir de 1957, est plus attendue et ses commentaires plus convenus.

Ensemble très honorable (en dépit de redites et de recoupements difficilement évitables d’un supplément à l’autre : ils auront un effet mnémotechnique aux vertus pédagogiques bénéfiques car mnémotechniques) qui, ajouté au livret illustré d’une grande précision historique, mérite sans effort la note maximale. On aurait certes pu ajouter une galerie affiches et photos ainsi que des films-annonces d’époque mais enfin consolons-nous en songeant que le Blu-ray américain n’en contient pas non plus. On peut visionner un intéressant film-annonce anglais de 1958 (en VO sans aucune STF mais au format respecté et bien restauré) sur You Tube dans lequel Peter Cushing s’adresse en tant qu’acteur au spectateur pour lui expliquer les raisons pour lesquelles le baron qu’il interprète désire une revanche, justifiant ainsi le titre du film.

La Revanche de Frankenstein

Image - 4,0 / 5

Cette première édition vidéo numérique française de ce classique si longtemps attendu est une réussite. Logo original Columbia préservé au générique d’ouverture. Format 1.66 respecté et compatible 16/9 en Technicolor et Full HD sur le Blu-ray. Générique anglais original sur les deux versions sonores. Le travail du directeur photo Jack Asher est admirablement restitué sur le plan colorimétrique. Copie argentique restaurée en bon état mais une vingtaine de poussières négatives et positives sont disséminées sur les presque 90 minutes que dure le titre : elles passent vite, la magie du film reste. L’émulsion est occasionnellement en état moyen (générique d’ouverture et quelques rares plans) mais l’ensemble est d’une belle tenue plastique comme argentique. Bon transfert numérique en Full HD, équilibré entre respect du grain et lissage vidéo. Cette image est donc, au total, assez nettement meilleure selon moi que celle éditée aux USA par Mill Creek Entertainment en 2016.

La Revanche de Frankenstein

Son - 5,0 / 5

DTS-HD Master Audio mono 2.0 en VOSTF anglaise et VF d’époque : offre complète, nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. Aucune autre édition étrangère ne proposait les STF ni la VF : on les aura attendus longtemps mais ils sont enfin arrivés ! Musique remarquablement belle signée par Leonard Salzedo, proche des partitions contemporaines de James Bernard composées à la même époque pour la Hammer Films. Techniquement, son spectre est un peu restreint et son amplitude est pratiquement limitée aux enceintes frontales mais elle est bien restituée telle. Pistes sonores (dialogue-musique-effets sonores) en bon état. La VOSTF demeure préférable à cause de la voix originale de Peter Cushing, très supérieure à sa voix française dans la VF, excessivement guillerette alors que l’originale anglaise est davantage mesurée et nuancée, sourdement inquiète aussi parfois.

Crédits images :

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
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francis moury
Le 23 juillet 2019
Le second des cinq Frankenstein réalisés par Terence Fisher pour la Hammer, en édition collector.

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