Police : le test complet du Blu-ray

1985. Réalisé par Maurice Pialat
Avec Gérard Depardieu, Sophie Marceau et Richard Anconina

Édité par Gaumont

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Le 21/02/2013
Critique

L’inspecteur Mangin fait la chasse aux petits trafiquants de drogue. Au cours d’une descente de police, il rencontre Noria, la petite amie d’un dealer, et tombe amoureux d’elle. Elle devient sa maîtresse et est désormais en danger de mort.

A la recherche d’un succès populaire, Maurice Pialat tourne Police en 1985. Doté d’un gros budget et de stars au générique, Gérard Depardieu, Sophie Marceau et Sandrine Bonnaire, le cinéaste se tourne vers le cinéma de genre, le film policier, et signe son plus gros succès public avec plus d’1,8 million d’entrées.

Influencé par le style de la Nouvelle Vague - on remarquera d’ailleurs le bel hommage rendu à la disparition de François Truffaut - Maurice Pialat réalise une oeuvre sobre, autant dans la mise en scène que dans l’usage de la bande-son, fait la part belle au style documentaire proche d’un film de Raymond Depardon dans une première partie ébouriffante (celle de la vie du commissariat et ses interrogatoires) et placée sous tension au moyen d’une caméra très mobile sur un rythme effréné. Ensuite, le metteur en scène se penche sur la vie d’un flic en particulier, dans sa vie civile, magnifiquement incarné par Gérard Depardieu, ultime osmose entre la force et la fragilité, récompensé par la Coupe Volpi au Festival de Venise. A ses côtés, Sophie Marceau, à peine sortie du tournage de L’Amour braque d’Andrzej Zulawski, signe également une remarquable et marquante prestation.

Maurice Pialat place ses personnages, que leur activité respective sépare, dans un contexte où les rapports entre les classes et les groupes sont devenus improbables voire impossibles. S’il a souvent été dit que Police n’était pas un film personnel du réalisateur d’A nos amours, la deuxième partie dément totalement cette affirmation puisqu’on y retrouve le même rapport de force entre les êtres que dans Loulou, la même façon de plonger les personnages dans la nuit, ainsi que la violence entre les êtres et des dialogues qui s’apparentent à de véritables uppercuts.

Dommage que le dernier tiers mêlant à la fois le polar et le cinéma dit « vérité » ne tienne pas toutes ses promesses et s’égare finalement jusqu’à l’ultime confrontation du couple vedette, poignante, et le plan final, probablement le plus beau de la carrière de Maurice Pialat.

Généralités - 4,5 / 5

De la jaquette en passant par l’élégance des menus (pour une fois fixes et muets) et la restauration du film lui-même, saluons le travail de l’éditeur qui n’a pas son pareil pour offrir au spectateur un bel objet à ranger dans sa collection Gaumont Classique.

Bonus - 4,5 / 5

Sur le Blu-ray, nous trouvons un entretien quelque peu décousu avec le chef opérateur italien Luciano Tovoli (21’) qui dans un premier temps se souvient de son travail avec Maurice Pialat, rencontré sur Nous ne vieillirons pas ensemble, et dans un deuxième temps sur son travail pour la photo de Police, film pour lequel il a éclairé les décors au moyen de tubes au néon, sans user de projecteurs traditionnels. Le directeur de la photographie parle également des tensions et des bagarres entre Maurice Pialat et Richard Anconina.

C’est au tour de la comédienne Pascale Rocard (16’) de parler de Maurice Pialat. Cette interview hallucinante où le metteur en scène en prend pour son grade démontre que l’actrice (qui incarne Marie Vedret dans le film) n’a pas oublié le cauchemar de tourner avec le réalisateur de Police. Ne ratez pas cet entretien sans langue de bois, notamment le moment où Pascale Rocard raconte sa rencontre Maurice Pialat et son premier jour de tournage.

L’interactivité du Blu-ray se clôt sur la bande-annonce.

En guide de suppléments sur le deuxième disque (DVD), l’éditeur propose en premier lieu un entretien avec Catherine Breillat mené par Serge Toubiana (2003, 15’). Avec franchise, la co-scénariste de Police revient sa collaboration avec Maurice Pialat, la mise en place du film, les recherches et rencontres effectuées auprès de véritables policiers, trafiquants et autres individus du « milieu » parisien. Notre interlocutrice explique notamment avoir travaillé la nuit pour ensuite rendre compte à Maurice Pialat des éléments susceptibles de nourrir le scénario. Catherine Breillat aborde ensuite Police de manière frontale en croisant le fond avec la forme.

Un extrait de l’émission Cinéma Cinémas nous présente des images du 17è jour de tournage de Police (1984, 12’), montrant Maurice Pialat à l’oeuvre avec ses comédiens. Entre tensions et rires nerveux, le cinéaste tente de se contenir face à une véritable inspectrice de police qui joue son propre rôle dans le film, mais qui semble peu à l’aise devant la caméra. Heureusement, Gérard Depardieu essaye de détendre l’atmosphère en racontant des vannes.

Le monteur Yann Dedet commente ensuite les chutes de Police (23’). Ces séquences laissées sur le banc de montage insistaient sur les relations entre Mangin (Gérard Depardieu) et les femmes, notamment lors de trois scènes montrant Mangin entretenant une relation avec sa femme de ménage yougoslave, entraperçue rapidement dans le film en tant que serveuse d’un bar à qui Mangin fait du gringue. Yann Dedet indique que ces séquences représentaient une semaine de tournage. Notons que le tout dernier plan du film montrant Mangin seul sur son lit est tiré d’un de ces rejets.

Un documentaire rétrospectif de 34 minutes intitulé Zoom sur Police (2002), donne la parole à Catherine Breillat et Jacques Fieschi (co-scénaristes), au cadreur Jacques Loiseleux, au monteur Yann Dedet, à l’ingénieur du son Bernard Aubouy ainsi qu’aux comédiens Artus de Penguern et Jacques Mathou. Chacun revient sur l’expérience du tournage de Police à travers de multiples anecdotes.

L’interactivité de ce deuxième disque se clôt sur les essais de l’avocat C. Galmiche (4’) ayant inspiré le personnage de Lambert (Richard Anconina). Fasciné par sa personnalité, Maurice Pialat décida de lui faire passer un bout d’essai.

Image - 4,5 / 5

Il serait difficile de faire mieux que ce Blu-ray (Encodage MPEG 4 / AVC - Format du film respecté 1.66, 1080p) qui respecte les volontés artistiques originales dont le sensible grain original, tout en tirant intelligemment partie de l’opportunité HD. La propreté du master est irréprochable, ainsi que la stabilité, le relief, la gestion des contrastes et le piqué qui demeure agréable. Une restauration haut de gamme, sans lissage excessif, restituant la photo originale du chef opérateur Luciano Tovoli.

Son - 4,5 / 5

Ce mixage DTS-HD Master Audio Mono s’en tire mieux que celui de Loulou et A nos amours (disponibles dans la même collection), en instaurant un confort acoustique probant et solide. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise et les silences sont denses. Notons toutefois que certains échanges semblent avoir été repris en postsynchronisation et qu’un sensible décalage se fait ressentir entre le son et le mouvement des lèvres des comédiens. L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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