Incendies : le test complet du Blu-ray

2011. Réalisé par Denis Villeneuve
Avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette

Édité par Blaq Out

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Le 21/11/2014
Critique

À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien… Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa soeur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue.

Peu de films auront autant marqué l’année 2011 comme Incendies, réalisé par le québécois Denis Villeneuve (Prisoners), inspiré de la pièce de théâtre éponyme écrite par le dramaturge Wajdi Mouawad, deuxième volet d’un quatuor de pièces intitulé Le Sang des promesses. Sélectionné dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscar de 2011, récompensé entre autres par huit Génie (l’équivalent canadien des César), Incendies est porté par des comédiens intenses, et la force de ce drame n’a d’équivalents que les plus grandes tragédies antiques. Bouleversant, déchirant, passionnant, les qualificatifs manquent pour parler du quatrième long métrage de Denis Villeneuve. Les puissantes images d’Incendies s’impriment durablement, de manière indélébile dans les esprits, tout comme les dialogues d’une puissance rare. Le spectateur suit trois récits menés en parallèle, deux simultanées et une inscrite dans le passé, jusqu’à ce qu’ils se recroisent de manière inattendue.

Le trio d’acteurs vedettes, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette est absolument sublime, entre force et sensibilité à fleur de peau, leur interprétation laisse pantois d’admiration et le final est d’ores et déjà inscrite dans les anthologies du cinéma. La pièce d’origine ne mentionne jamais le lieu précis où se déroule l’intrigue, quelque part au Moyen-Orient seulement, et quelques éléments distillés ici et là, laissent supposer qu’Incendies se passe au Liban, pays natal de Wajdi Mouawad. Villeneuve respecte cette ambiguïté afin de laisser d’autres interprétations possibles et de « dégager le film d’un parti pris politique […] Incendies traite de politique mais demeure aussi apolitique ».

Véritable choc, ce thriller brûlant sur le poids du passé, le déracinement, la quête identitaire, magistralement mis en scène, palpitant, tragique, envoûtant et fascinant est un des plus grands films de ces dix dernières années.

Généralités - 3,5 / 5

Le test a été réalisé sur un check-disc. Le menu principal est fixe et musical. Le visuel reprend celui de l’affiche du film. Le boîtier est glissé dans un surétui cartonné liseré noir.

Bonus - 3,5 / 5

Blaq Out reprend le documentaire de l’ancienne édition sortie chez CTV International. Se souvenir des cendres (44’), réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, cinéaste et comédienne québécoise. Elle signe un superbe module sur le tournage d’Incendies. Au printemps 2009, l’équipe du film s’installe en Jordanie, au coeur du Proche-Orient, pour le tournage du film. Les habitants coopèrent volontiers, mais regardent cette logistique avec circonspection. Les images de tournage abondent, le réalisateur Denis Villeneuve évoque les thèmes d’Incendies en voix-off, mais ce que nous retenons surtout, ce sont les propos poignants des figurants venus d’Irak, du Liban, du Koweït, qui ont trouvé refuge en Jordanie et qui s’expriment sur la guerre qu’ils ont connue. La peur et la souffrance se lisent dans leurs yeux et les cicatrices ne sont pas refermées. Nous voyons également le réalisateur donner quelques directives à des enfants qui parlent également entre eux de la guerre et de certains attentats. Ce making of se clôt sur les images très impressionnantes du tournage de l’incendie de l’autobus. Ne ratez pas ce documentaire !

Image - 3,5 / 5

En 2011, Incendies n’avait connu qu’une édition standard chez CTV International. Le film de Denis Villeneuve revient en Haute-Définition chez Blaq Out, mais ne vous attendez pas à un résultat miraculeux. Ce Blu-ray est au format 1080i. Comme en DVD, la copie met un peu de temps à trouver un équilibre convenable. La première partie du film déçoit par ses contrastes légers, mais surtout par sa définition altérée par quelques artefacts de la compression. Si la clarté est indéniable et les noirs plutôt concis, les séquences en intérieur restent marquées par un aspect cotonneux qui dénature le piqué. Les gros plans sont plus probants, bien que quelques flous intempestifs viennent gâcher l’ensemble. Il faut attendre les premières séquences en extérieur pour que l’ensemble s’harmonise, à l’instar de la partie « Daresh », probablement la plus belle du film qui impose une colorimétrie plus chatoyante, une luminosité plus renchérie et des détails plus fermes. Seules les scènes sombres demeurent marquées par des teintes plus spongieuses, un voile blanchâtre et un bruit vidéo notable sur les aplats de couleur. Néanmoins, en dépit de quelques accrocs constatés, l’image demeure assez plaisante pour les yeux car fidèle au tournage brut et sans concessions du metteur en scène.

Son - 3,5 / 5

L’éditeur joint une piste DTS-HD Master Audio 5.1, mais les enceintes ne distillent les ambiances naturelles qu’avec une trop rare parcimonie. Les dialogues sont clairs et distincts, la balance gauche-droite des frontales ne déçoit jamais, bien que finalement, cette alternative phonique s’apparente à une Stéréo traditionnelle. Par ailleurs, une version 2.0 est également au programme, et nous ne saurions que trop vous conseiller d’opter pour cette option fluide, dynamique, plus ardente que la 5.1. Les sous-titres français sont imposés à même l’image.

Crédits images : © Happiness

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Franck Brissard
Le 7 novembre 2014
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