3 places pour le 26 : le test complet du Blu-ray

Édition Digibook Collector Blu-ray + DVD

1988. Réalisé par Jacques Demy
Avec Yves Montand, Mathilda May et Françoise Fabian

Édité par Pathé

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Le 20/12/2013
Critique

Un comédien de music-hall, Yves Montand, revient dans la ville de son adolescence, Marseille, pour préparer le show de sa prochaine tournée internationale. Toutes ses groupies sont en émoi, en particulier Marion, qui ne rêve que des feux de la rampe. Lui songe souvent à Mylène, son amour de jeunesse, qu’il a laissé pour monter à Paris.

Coloré, intense, dynamique, bouleversant, le cinéma de Jacques Demy demeure unique dans l’histoire du cinéma français, comme une partition, un opéra où chaque acte serait caractérisé par un long métrage. Trois places pour le 26 est le dernier film de Jacques Demy, emporté par le SIDA en 1990 à l’âge de 59 ans. En 1985, le réalisateur signe Parking, une relecture moderne du mythe d’Orphée et d’Eurydice, son plus mauvais opus marqué par l’interprétation inénarrable et outrancière de Francis Huster. Jacques Demy, qui a ensuite renié ce nanar, souhaite relever la tête avec son prochain film.

« On part en chantant sur les escaliers, c’est joyeux, et au fur et à mesure que le film avance, la comédie s’éloigne… » Jacques Demy à propos de Trois places pour le 26.

Spécialement écrit pour Yves Montand en 1975, l’histoire qui allait donner naissance à Trois places pour le 26 nécessitait un budget conséquent que Jacques Demy ne parvenait pas à obtenir, d’autant plus qu’il désirait réunir Delphine Seyrig et Isabelle Adjani. Il faudra attendre l’immense succès de Jean de Florette en 1986 pour que Yves Montand ressorte ce scénario et en parle à Claude Berri, qui accepte finalement de produire le film de Jacques Demy.

Dans cet ultime long métrage du cinéaste, les éléments autobiographiques de la vie d’Yves Montand s’imbriquent dans l’univers du metteur en scène. Jamais l’acteur n’avait alors dansé et chanté dans un musical au cinéma. On le sent d’ailleurs prendre un immense plaisir devant la caméra de Jacques Demy et s’y livre comme rarement. Dommage que la musique ait pris un sacré coup de vieux à l’instar des thèmes au synthétiseur concoctés par Michel Legrand, les chorégraphies apparaissent quant à elles peu inspirées voire risibles. Mathilda May, pourtant jolie comme un coeur, chante comme une casserole. Bien que l’on retrouve quelques thèmes récurrents chers au cinéaste, l’inceste, des amours contrariées où les hommes sont souvent absents et les femmes livrées à elles-mêmes, la magie n’opère plus du tout.

Trois places pour le 26 a connu un bide retentissant lors de sa sortie en 1988. Cela est bien dommage car les décors de Bernard Evein ne manquent pas d’imagination, et l’ensemble, même si imparfait, demeure suffisamment divertissant pour faire oublier l’accident artistique de Parking.

Généralités - 3,5 / 5

Le test a été réalisé sur check-disc. Le menu principal est joliment animé et musical. Cette édition limitée en Digibook cartonné comprend le DVD et le Blu-ray du film.

Bonus - 3,0 / 5

En plus de la bande-annonce (en HD), nous trouvons un documentaire rétrospectif (HD - 35’), réalisé par Jérôme Wybon, ponctué d’images et des photos de tournage. Ce module croise les propos de Pierre Grunstein (producteur), Rosalie Varda (costumes), Mathilda May (Marion), Jean Penzer (directeur de la photo), Yves Montand et Jacques Demy via des images d’archives datant de la sortie du film dans les salles. Les anecdotes liées à la production et au tournage de Trois places pour le 26 s’enchaînent sur un rythme soutenu. Le casting, le travail avec Michel Legrand et Jacques Demy, les costumes créés par Rosalie Varda, le travail sur les couleurs, la collaboration du réalisateur avec Yves Montand, l’échec du film à sa sortie sont passés en revue. Nous retiendrons surtout l’avis de Jean Penzer, qui avoue avoir peu d’affections pour ce film.

Image - 5,0 / 5

Trois places pour le 26 s’offre à nous en Haute-Définition dans une nouvelle et superbe copie entièrement restaurée en 2012 par Pathé et les laboratoires Eclair Group à partir d’un master 2K. Ce Blu-ray renforce les contrastes, la densité des noirs, l’éditeur ayant pour une fois choisi le codec AVC qui consolide l’ensemble avec brio, plus que son habituel VC-1. L’image est stable, entièrement débarrassée de scories diverses et variées, les couleurs sont ardentes, vives et chatoyantes, certains décors brillent de mille feux, les détails sont légion aux quatre coins du cadre large. Les scènes en extérieur affichent une luminosité inédite, tout comme un relief inattendu, un piqué pointu. Tous les défauts constatés sur l’édition DVD en 2008 chez Arte ont été éradiqués, à l’instar des pompages, du bruit vidéo dans les arrière-plans, ainsi que les instabilités de l’étalonnage qui étaient notables durant la séquence où Yves Montand apparaît en surimpression. Revoir Trois places pour le 26 dans ces conditions techniques permet d’évaluer à nouveau le dernier long métrage de Jacques Demy. Nous n’hésitons pas à donner la note maximale à cette édition HD, car il serait vraiment difficile de faire mieux.

Son - 4,5 / 5

La composition de Michel Legrand pour Trois places pour le 26 était déjà démodée avant même la sortie du film dans les salles. Autant dire que les années n’ont pas de bien à la bande-son ! Egalement restauré en HD, le son a subi un dépoussiérage depuis la dernière sortie du film en DVD en 2008. A l’époque, nous devions nous contenter d’une piste Stéréo PCM de bon acabit, qui mettait assez bien en valeur les nombreux numéros musicaux, tout en harmonisant le volume des dialogues avec la musique de Michel Legrand. A l’occasion de cette sortie en Blu-ray, le nouveau mixage DTS-HD Master Audio 5.0, réalisé d’après un 4 pistes d’origine, frôle cette fois la perfection. En effet, à part quelques saturations dans les aigus, surtout quand Mathilda May « chante » à faire pleuvoir, la partition de Michel Legrand trouve ici un coffre inédit, un nouvel écrin acoustique dynamique et même percutant, jamais entaché par un souffle quelconque. Ce mixage éclatant combine la musique et les dialogues avec une fluidité et une ampleur quasi-exemplaires. Les latérales soutiennent solidement l’ensemble et instaurent un vrai confort phonique. La DTS-HD Master Audio Stéréo s’en tire également avec tous les honneurs et contentera ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. Les sous-titres anglais et français pour sourds et malentendants sont également disponibles, ainsi qu’une piste en Audiovision.

Crédits images : Sylvain Legrand - Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - © 1988 - PATHE PRODUCTION

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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