Abyss : le test complet du DVD

The Abyss

Édition Spéciale

1989. Réalisé par James Cameron
Avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio et Michael Biehn

Édité par 20th Century Fox

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Le 18/09/2001
Critique

Abyss, de l39aveu même de Cameron, apporte une réponse visuelle à 2001 : l’odyssée de l’espace. Mais bien plus que sur le plan esthétique, le réalisateur ajoute ses propres réflexions sur les thèmes déjà abordés dans le chef-d39œuvre de Kubrick.
À l39instar de Georges Lucas, Cameron traite dans ses films du rapport de l39homme avec la machine, et Abyss ne déroge pas à la règle. Ainsi, tout est technologie dans ce film, du sous-marin Montana à la plate-forme de forage Deepcore. Comme dans le vaisseau Discovery One, les hommes sont à la merci des machines pour survivre dans des endroits aussi inhospitaliers que l39espace ou les grands-fonds.
Kubrick transforme ses astronautes en paresseux utilisant des machines pour effectuer leurs besognes les plus élémentaires (Hal redresse le lit de Poole pour que celui-ci puisse visionner un message de ses parents sur ordinateur), déshumanisant les hommes et humanisant les machines (Hal commet une erreur et tue sans motif). Les mineurs de Cameron, à l39inverse, sont des mutants dont les submersibles représentent une envoloppe charnelle de métal, et les bras mécaniques des prolongements de leurs propres bras (la scène où Une Nuit pince les fesses de Catfish par le biais du bras mécanique), ici pas d39intelligence artificielle, la machine est une prothèse dans l39évolution de l39homme.
Comme chez Kubrick, l39évolution passe par une renaissance : la scène de la réanimation de Lindsay (Mary Elizabeth Mastrantonio) est filmée avec l39intensité d39un accouchement. Cameron renforce la comparaison avec la descente de Bud (Ed Harris) le long d39une fosse utérine, vers une lumière douce. Une fois arrivé sur place, il débarrasse ses poumons du liquide organique qui lui permettait de respirer. Le voyage de Bud dans les entrailles du vaisseau alien est de facon flagrante un hommage au voyage que fait David Bowman dans les entrailles du monolithe, au bout duquel l39homme renaîtra dans une ère nouvelle.
En bon cinéphile, Cameron a ajouté des références à deux autres films présentant un parallèle direct avec 2001. En premier lieu, Solaris, d39Andrei Tarkovski, dans lequel une mer recouvrant une planète lointaine crée des chimères (comme le pseudopode ou le raz de marée final) issues de l39esprit des scientifiques en poste sur place dans une station d39observation. Présenté à Cannes comme un anti-2001, le film s39orientait plus vers l39aspect métaphysique de la conquête spatiale.
Dans le second film, Rencontres du troisième type (la remontée du vaisseau sous-marin est filmée comme le survol de la tour du diable par le Mothership), Spielberg reprenait la construction du film de Kubrick, tout en abordant des sujets plus personnels (Douglas Trumbull aux effets spéciaux travailla sur Rencontres… et 2001).

Généralités - 4,0 / 5

On salive d39avance devant ce qui, en théorie, nous est proposé ; mais, la bonne fée du DVD ayant eu un tour de rein quand elle s39est penchée sur le berceau de cette édition, quelques détails mal fignolés ont de quoi nous faire grincer des dents.
Commençons par les défauts (qui expliquent la note). Le premier défaut prend la forme d39un fourreau en carton dans lequel on glisse le boîtier du DVD ; cette chose peu pratique donne l39impression d39une finition bâclée. L39illustration de ce fourreau est l39affiche de la version cinéma : un ravin sombre au fond duquel on distingue une forte lueur.
Le boîtier, transparent, possède aussi une jaquette dont l39illustration est l39affiche de la version longue du film : un plongeur baigné dans une lumière irréelle.
Le recto est le même que celui du fourreau, donc redondance.
Deuxième gros défaut : le disque des suppléments est présenté dans une petite pochette, dans le genre CD 2 titres, et non inséré dans le boîtier grâce à un poussoir central, ce qui enlève du cachet à cette “édition spéciale”.
Autre petit défaut, moins grave (mais quand même), à mettre sur le compte du petit livret qui regroupe le chapitrage et la liste des scènes ajoutées dans la version longue : le petit texte de Cameron expliquant ses motivations pour restaurer le film a disparu (il figurait dans les coffrets VHS - numérotés - et Laserdisc), c39est dommage.
Quant au reste, c39est du beau travail.
Les deux disques sont sérigraphiés.
Les menus s39ouvrent sur un mouvement de caméra qui remonte de l39abîme pour entrer dans la station Deepcore à la manière du pseudopode. Chaque disque présente un côté différent de la chambre d39immersion.
Divers éléments du décor font office de curseur de navigation. Une fois votre choix effectué, les transitions sont toutes animées de façon fluide. Vous pénétrez ainsi dans diverses pièces.
Un bel effort de présentation et une navigation très agréable. Dommage que la présentation extérieure n39ait pas été aussi soignée.

Bonus - 4,5 / 5

Attention à l39inondation !
Une section qui n39a pas obtenu la note maximale parce que les notes de production et les filmographies n39ont pas eu droit à une traduction en français.
Pour commencer, le disque un : on appréciera le commentaire écrit (pas audio) qui apparaît sous forme de sous-titres pendant le film, en français ou en anglais. Un commentaire plus qu39intéressant, puisqu39il regorge d39informations sur les acteurs, les effets spéciaux et la mise en scène de Cameron. Une référence !
Ensuite, immersion dans le disque deux : retenez votre souffle, ça va être long.
Tout d39abord, trois affiches sur un mur vous donnent accès à trois bandes-annonces, en cinémascope (4/3 hélas).
À côté de ces affiches, une porte préssurisée vous mène aux making of, dont le fameux « Abyss, les coulisses du tournage » (cinquante-neuf minutes).
« Abyss, court-métrage » est un mini-making of, qui ne traite pas des effets spéciaux. Redondant, il n39apporte rien de nouveau.
Ensuite, le vestiaire du personnel vous donne accès aux filmographies des acteurs et de l39équipe technique, mais aussi aux notes de production, hélas en anglais uniquement.
Une pièce nommée effets speciaux vous permet certains accès :
- le script original (anglais), écrit par Cameron (comme pour Terminator ;
- les scénarios définitifs (anglais) ;
- l39intégralité des story boards (773 en tout) ;
- les photos de production réparties en dix-sept goupes, des dessins préparatoires au marketing (à peu près cinquante photos par goupe).
Arrivés à ce stade, vos proches n39ont plus de nouvelles de vous depuis des jours, mais cette édition vous offrira encore quelques heures de séjour en eau profonde, grâce à une série de mini-reportages (de quarante-six secondes à vingt minutes) :
- la séquence des submersibles : le stop motion autour de l39épave du sous-marin nucléaire, avant intégration dans le film ;
- l39intégration des acteurs dans les maquettes montre le procédé image par image qui permet d39avoir un acteur réel dans une maquette de submersible ;
- la scène du pseudopode sous tous les plans en multiangles, story board, tournage, effets spéciaux et résultat final ;
- la constuction du decor sous-marin, des semaines de travail condensées en sept minutes ;
- le story board vidéo, sur lequel, par le biais de la commande sous-titres, on peut ajouter un cache cinémascope ;
- l39innondation du Montana, tournée avec des acteurs ;
- l39immersion de la salle des machines ; cette fois-ci, ce sont des maquettes de l39intérieur du Montana ;
- le tournage de la base en surface ; en fait les images de la maquette du « Bentic Explorer » secoué par la houle ;
- la chute de la grue ; le titre est assez explicite ;
- les effets spéciaux : un bout à bout de vingt minutes de tout ce que le film présente en trucages. Il fut présenté au jury des oscars.
Voilà pour cette section très (bien) fournie.

Image - 4,0 / 5

Vous le croyez ça, une image 4/3 pour une édition aussi prestigieuse !
C39en est crispant. On se demande quel est le sinistre bureaucrate qui nous colle une flopée de suppléments avec une image en 4/3 !
Mais quel est l39intérêt de sortir cette édition spéciale avec une image en 4/3 ?
Je crois que vous aurez compris que la présence de ce format incongru a de quoi mettre hors de lui le plus stoïque des individus, en l39occurrence n39importe quel acheteur de DVD ayant une TV 16/9.
De ce choix, idiot, nous retiendrons trois choses :
- un lignage présent dans de nombreuses scènes (ce lignage était moins gênant dans l39édition laserdic, après comparaison) ;
- on est loin de la définition qui caractérise le support DVD ;
- enfin, sur une TV à écran large, on ne peut profiter du sous-titrage français et des commentaires, occultés par le zoom.
Sinon, une compression parfaite et des couleurs éclatantes qui vous feront regretter d39autant plus l39absence du 16/9 anamorphique.

Son - 3,5 / 5

Une fois n39est pas coutume, la version française enterre (noie) la version originale. En fait, il y a tricherie, puique la VF est 5.1 et la VO est en dolby surround ; forcément, les deux versions n39ont pas le même impact.
Out, donc, la VO dont les effets sont nettement moins bien spatialisés, mais quid des puristes ou des cinéphiles qui aiment les versions originales (bien qu39avec cette image 4/3, le visionnage de la VO est impossible sur un équipement 16/9). La VF nous offre des effets ponctuels très réalistes, dommage simplement qu39ils ne soient pas plus nombreux.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Samsung 16/9 70 cm
  • Sharp DV-560S
  • Pioneer 609 RDS
  • Pack JBL SCS 75
Note du disque
Avis

Moyenne

4,0
5
3
4
3
3
0
2
0
1
1

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MichelP7
Le 16 juin 2014
Bonjour (ou bonsoir...),

Depuis des lustres que j'achète des DVDs (à tous les prix : prix nouveauté (surtout pour les éditions collectors), déstockage, promo, occasion, etc), je n'avais pas encore "Abyss" en DVD !... C'est comme ça mais bon je l'ai acheté hier en brocantes chez une personne qui a pris soin de ses DVDs. L'édition : il s'agit bien sûr d'un film de la FOX en édition spéciale (fourreau cartonnée translucide, boîtier plastique avec "feuilles" en plastique à l'intérieur pour placer les 2 disques). Avant de le (re)voir entièrement, je regarde les premières images du film de la version longue (à ce sujet la version longue est meilleure que la version cinéma... Je ne dirai pas ça avec beaucoup d'autres films avec par exemple la version longue de "La Porte du Paradis"...). Je viens d'être surpris et déçu par la même occasion de découvrir une édition malmenée et catastrophique. A-t'on de la merde dans les yeux à la FOX France pour éditer un titre réputé dans une édition dite spéciale (dont visiblement - je crois comprendre - que d'autres éditions différentes sont de la même piètre qualité ?

Avant de préciser, finalement, comment je vais décider de revoir ce film en DVD avec des moindres dégâts, je précise que je regarde les films sur un écran LED (marque Boulanger) d'un diamètre de 65 cm avec un cadre noir d'un beau mat (aucune brillance ainsi autour de l'écran). Donc cet écran plat n'est pas très grand mais possède une belle présence lorsque celui-ci est placé non loin des yeux. Souvent je laisse la position "Panoramique" pour tous les cinémascopes 2.35 ou format 2.20 pour les films tournés en 70mm (à condition que ceux-ci soient respectés et donc pas présentés en 2.35, hélas, il y en a beaucoup et "Les Années lasers" s'emmêlent trop souvent les pinceaux en spécifiant avec erreurs le format cinéma d'origine).

Au début, je me suis dit "qu'est-ce que c'est ce DVD !?" Une image extra-large comme si je regardais la totalité de l'image 70 mm et anamorphose respecté de "Ben-Hur" ou "Les Révoltés du Bounty" (version avec Marlon Brando). Seulement voilà, j'ai vu très vite que l'image d' "Abyss" était aplatie. j'attaque avec ma télécommande TV et le bouton Screen la position "Cinéma" que je n'utilise jamais car lorsque le film est cadré normalement en scope (c'est-à-dire pratiquement tous les films que je possède en DVD) la position "Cinéma" vous présente l'image avec des bords noirs plus importants comme si finalement on se retrouvais avec un 4/3 pour l'importance des bords noirs (d'ailleurs sur la plupart de nos chaînes avec Arte par exemple et la diffusion d'une splendide copie du "Juge et l'assassin" les films sont souvent en scope très large ; un peu aplati.

Mais en position "Cinéma", la deuxième ligne des sous-titres disparaissent de l'écran...

Que faire ? Tous ça m'énerve car je ne m'attendais pas à une édition avariée !

Finalement, en allant tout de suite vers des images claires du film pour mieux définir la sélection du cadre, je me suis rendu compte d'une évidence : la sélection la plus viable se fait en 14/9 Zoom ! Drôle de compromis mais au moins l'image est cadré en cinémascope et les sous-titres sont lisibles sur deux lignes et paraissent moins gros (c'est le problème des sous-titres qui ne sont pas souvent fins). Le 14/9 Zoom permet d'avoir en plus une image plus nette car je me suis rendu compte mise à part le problème de départ avec cette édition piteuse de la Fox France que les images ne sont pas nettes ! du moins piquées ; un comble lorsque l'on sait que je visionne ce film sur un écran de taille plus que moyenne...

Alors voilà, le compromis c'est de ne pas le voir en 16/9 ni comme je l'ai lu en 4/3 mais bien en 14/9 Zoom.

Au sujet du son : effectivement la VF est en 5.1 alors que la VO est en 2.0 Mais je n'ai pas encore installé une barre de son (spatiale) acheté d'occasion il y a peu (Yamaha YSP 1000). Du balaise ! (le terme est faible car il y a également le poids de la barre de son par elle-même qui plutôt lourde à transporter).

Pour "Abyss", je ne sais pas si une édition Blu-ray est sortie (je vais aller vérifier), mais si c'est le cas j'espère que tous les problèmes ont été rectifiés...

Pour terminer, je précise que ce film n'a pas été tourné en véritable cinémascope 2.35 mais en Super 35 : une image 35 mm standard (comme à l'époque du muet par exemple) mais avec un cadrage au "milieu" de la pellicule pensé en 2.35 avant d'être gonflé en 35 mm scope en copies (enfin maintenant avec le numérique en salles, c'est une autre histoire mais pas forcément au tournage lorsque c'est encore tourné en pellicule 35 mm).

Cinématographiquement votre
Avatar
Giuseppe Salza
Le 10 mars 2014
Pas de commentaire.
Avatar
Pascal
Le 11 juin 2005
Pas de commentaire.

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