El
Mexique - 1952
Ultramar Films
Critique par José Aguiar
Critique
Dans El, un quinquagénaire bigot découvre
l’amour sur le tard, et surtout la jalousie excessive qui va
avec.
Dans La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, un jeune
garçon souhaite la mort de sa nourrice ; et celle-ci,
victime d’une balle perdue, s’écroule le cou
ensanglanté, sa jupe relevée au-dessus des genoux.
Devenu adulte, Archibald associera cette envie de donner la mort
au désir.
Le premier film, psychologiquement violent et plutôt
sombre, prend pour sujet une des plaies du quotidien. Le second
est une délicieuse comédie sur un sujet peu
ordinaire.
Deux films aux thèmes très proches, puisque
au-delà de la jalousie et des fantasmes, ils traitent avec
maestria du choc entre les désirs de l’homme en tant
qu’individu et le carcan social dominé par la religion -
l’une des cibles habituelles de Buñuel. De ce choc
naissent des comportements excessifs.
Le personnage de El ira jusqu’à séquestrer
sa femme, prenant au pied de la lettre la formule religieuse qui
veut que la femme soit (tel un objet) sienne ; tandis
qu’Archibald de la Cruz voudra tuer toutes les femmes qui lui
plaisent, peut-être parce que l’ordre social ne lui accorde
le droit de n’avoir qu’une seule femme.
Finalement, El finira par perdre la tête et
s’enfermera dans un monastère (Buñuel assimile le
lieu d’étude religieuse à un asile de fou où
l’endoctrinement s’érige sur les ruines de la raison).
Archibald, trouvera le bonheur avec la seule femme qu’il aura
réussi à tuer (symboliquement bien
sûr).
Mais c’est avant tout la verve contestataire d’un génie du
siècle, la parole d’un esprit libre, que nous font
découvrir ces deux films exceptionnels, à l’image
de la carrière de leur auteur, exceptionnelle elle aussi.
4,0 / 5 Généralités
Sobre et efficace. C’est le cas pour la majorité des
parutions Film-Sans-Frontières. La jaquette est
élégante. Côté recto, une affiche
recto de « La vie criminelle… », superbe ; le verso est
illustré par une photo de production du même film,
sur laquelle d’élégantes lettrines donnent toutes
les informations nécéssaires.
Côté menu, c’est un peu moins heureux : des photos
de production teintes en rouge ; on aurait aimé autre
chose. Mais un thème musical est tout de même
là pour égayer le tout. On ne s’attendait de toute
façon pas à un menu 3D et à des transitions
fignolées. Une édition collector ne serait pas
rentable.
3,5 / 5 Suppléments
Moins riche que sur Olvidados, Los, ce DVD offre tout de
même deux chefs-d’œuvre pour le prix d’un,
d’où l’indulgence de la note.
Il y a toutefois une fiche historique bien documentée qui
replace les deux films dans leurs contexte, et surtout, qui
explique le choix d’éditer les deux films sur le
même disque.
On trouvera aussi la sempiternelle filmo du réalisateur,
exhaustive, comme toujours.
Peut-être ces messieurs de Films-Sans-Frontières
pourrraient-ils nous proposer une édition en coffret des
Buñuel de leur catalogue avec un DVD supplémentaire
truffé de bonus.
3,0 / 5 Image
El présente l’image la moins bien conservée. Outre les accidents de pellicule, on notera une défaillance dans la profondeur des noirs (l’image semble palpiter), La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz est de meilleure tenue bien qu’une restauration soit nécessaire, car dans les deux cas l’image manque de piqué.
3,0 / 5 Son
Côté son, c’est l’inverse. El bénéficie d’une meilleure bande sonnore, bien qu’un peu étouffée, alors que La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz souffre de crépitements sur un bon quart du film, malgré un générique tonitruant (le fait que l’année de réalisation y soit mentionnée laisse à penser que les génériques de début et de fin on été conçus des années après). Ici, aussi une restauration éclaircirait à merveille deux voix qui se feront entendre encore longtemps.
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Samsung 16/9 70 cm
- Sharp DV-560S
- Pioneer 609 RDS
- Pack JBL SCS 75
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