Ipcress : Danger immédiat (1965) : le test complet du Blu-ray

The Ipcress File

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Sidney J. Furie
Avec Michael Caine, Nigel Green et Guy Doleman

Édité par Elephant Films

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Le 29/01/2019
Critique

Ipcress : Danger immédiat

Londres 1965. Alors que des savants anglais sont enlevés et réapparaissent amnésiques, l’agent Harry Palmer (ancien soldat ayant passé deux années en prison pour corruption puis muté aux services secrets) est chargé d’enquêter. Il découvre un réseau (probablement lié à la République populaire socialiste d’Albanie dirigée par le dictateur Enver Hodja) utilisant une technique redoutable de lavage de cerveau. Trahi par un de ses supérieurs hiérarchiques, il va bientôt en faire l’expérience. Parviendra-t-il à s’évader et surtout à découvrir puis à tuer le traître ?

Ipcress danger immédiat (The Ipcress File) (G.B. 1965) de Sidney J. Furie est un film d’espionnage luxueux produit par Harry Saltzman, l’un des deux producteurs anglais de la série James Bond, afin de lui faire explicitement concurrence en adoptant une vision qui se voulait davantage réaliste au départ mais s’avère tout aussi baroque et délirante à l’arrivée, flirtant presque avec la science-fiction durant les mignonnes scènes de torture hypnotique, dont l’esthétique relève directement du cinéma underground expérimental de l’époque.

Ipcress : Danger immédiat

Saltzman fit logiquement appel à certains des meilleurs collaborateurs des James Bond depuis 1962, à savoir le directeur artistique Ken Adam, le monteur Peter Hunt, le musicien John Barry. Il remplaça les intrigues de Ian Fleming par un scénario moins ample mais très inquiétant adapté d’un roman de Len Deighton. Michael Caine remplaça Sean Connery en vedette de ce qui est le premier titre d’une trilogie puisque l’agent Palmer reviendra dans Mes funérailles à Berlin (Funeral in Berlin) (G.B. 1966) de Guy Hamilton puis dans Un cerveau de un milliard de dollars (Billion Dollars Brain) (G.B. 1967) de Ken Russel sans oublier deux séquelles plus tardives, encore tournées avec Caine, vers 1990.

Ipcress : Danger immédiat

Mis en scène d’une manière sophistiquée par Furie et photographié par le grand Otto Heller (qui avait été le directeur photo de Le Voyeur et que Furie reprendra d’ailleurs pour son second film d’espionnage, plus sombre et plus impressionnant encore plastiquement, à savoir Chantage au meurtre), la caméra y joue constamment sur les distances focales, les arrières-plans, les décadrages, la profondeur de champ de manière à tisser une sorte de toile oppressante, baroque, insolite. S’appuyant sur des décors réalistes et des extérieurs naturels filmés à Londres et ses environs, elle les métamorphose ainsi très bien : ce genre de recherches sera aussi utilisé par le giallo italien mi-policier mi-fantastique des années 1970 et par le cinéma allemand mi-policier mi-fantastique adapté de Edgar Wallace. Le scénario oscille entre le sérieux des séries A anglo-saxonnes contemporaines telles que L’Espion qui venait du froid et de Un Crime dans la tête (les espions se négocient et se rachètent morts ou vifs, les services secrets sont infiltrés, le danger communiste menace de l’intérieur les sociétés libres) et une idée provenant de la science-fiction anglaise de la fin des années 1950 (le conditionnement mental et même physique mis en scène dans les films signés Val Guest et John Gilling) constamment exploitée par le cinéma-bis européen de série B et les séries TV anglaises durant la période 1960-1970. De telles oscillations sont elles-mêmes caractéristiques de toute la série James Bond, à laquelle Ipcress danger immédiat se rattache directement tout en prétendant la renouveler : simple travail cosmétique, en réalité mais de haute volée.

Ipcress : Danger immédiat

Généralités - 4,0 / 5

1 édition combo contenant 1 BRD Full HD 1080p région B + 1 DVD 9 Allzone édités Elephant le 19 août 2014. Image couleurs au format original 2.35 compatible 16/9. Son DTS HD 1.0 Mono VF et VOSTF. Durée du film sur BRD : 110 min environ. Suppléments : présentation du film par Jean-Baptiste Thoret (20 min. environ), galerie photos et affiches, bandes annonces, crédits.

Bonus - 3,0 / 5

Présentation du film (durée environ 15 min) par Jean-Baptiste Thoret. Cette présentation fournit les clés historiques et filmographiques nécessaires à la situation correcte du titre. Attention : elle contient de nombreux extraits du film présenté : ne la visionner qu’après l’avoir vu. Deux points gênants cependant : l’histoire qu’il brosse du cinéma d’espionnage me semble inexacte; son appréciation historique et esthétique de la filmographie du cinéaste Sidney J. Furie me semble injuste.

Concernant le premier point, il est faux que l’affrontement bipolaire Est-Ouest qui caractérise le cinéma d’espionnage des années 1950-1965, disparaisse au tournant des années 1970, comme l’affirme Thoret. Il suffit d’examiner la simple filmographie des James Bond ou même certaines des bandes-annonces annexées ici en supplément par Elephant pour constater que cette bipolarité persiste au moins jusque dans les années 1985-1990, ce qui correspond d’ailleurs à la réalité géostratégique historique. En outre l’expression « cinéma de papa » employée par Thoret pour caractériser une période n’a strictement aucun sens historique ni esthétique : Les Espions de Fritz Lang n’est pas moins bon que Le Rideau déchiré d’Hitchcock sous prétexte qu’il est antérieur en date. Il n’y a pas de progrès mécanique dans l’histoire du cinéma, pas davantage qu’il n’y en a en histoire générale.

Ipcress : Danger immédiat

Concernant le second point, on ne peut pas s’empêcher non plus de sourire lorsqu’on entend Thoret déclarer avec une mâle vigueur que seul L’Emprise (The Entity) trouverait éventuellement grâce à ses yeux au milieu « de séries Z et de séries B » qui seraient sans intérêt. Il n’a jamais vu Chantage au meurtre (The Naked Runner) avec Frank Sinatra ni L’Homme de la Sierra (The Appaloosa)avec Marlon Brando qui sont, avec Ipcress danger immédiat, ses trois titres de série A filmés en Scope 2.35 les plus célèbres de la période 1960-1970 ? Précisons bien : on ne lui demande pas non plus d’avoir vu toute la filmographie (vaste et comprenant des séries A, B et C sinon même des Z) de Furie, ni même des invisibles tels que son The Snake Woman (que j’aimerais bien moi-même enfin découvrir dans une édition correcte au format large respecté) mais un minimum de connaissance de l’oeuvre principale d’un cinéaste est nécessaire avant de pouvoir donner un avis sur son oeuvre.

Galerie affiches et photos : beau travail qui rassemble photos de plateau couleurs, photos de plateau N&B, photos de tournage N&B, plusieurs planches contacts N&B et quelques affiches et esquisses. Dommage qu’on n’ait pas ajouté le jeu non détouré complet des photos françaises et anglaises d’exploitation de 1965 : c’eût été Byzance. Mais l’effort est déjà méritant et doit être salué et encouragé.

Bandes-Annonces : Le Secret du rapport Quiller, Ipcress danger immédiat, L’Aigle s’est envolé (au format 2.35 enfin bien respecté dans l’édition Eléphant), Le 4 ème protocole, La Guerre des abîmes (Raise the Titanic), etc., toutes d’époque, VOSTF ou VF d’époque selon les cas, au format respecté, en état argentique et numérique très varié. La plus belle plastiquement est celle, au format 2.35 Panavision bien respecté en couleurs et VOSTF, de Le Secret du rapport Quiller.

Ipcress : Danger immédiat

Image - 4,0 / 5

Format original 2.35 TechniScope respecté, en Technicolor et compatible 16/9, en Full HD 1080p sur le BRD, en définition standard sur le DVD. Copie argentique parfaitement nettoyée. Colorimétrie et définition qui rendent hommage à la photo sophistiquée signée Otto Heller (1896-1970) dont l’âge d’or filmographique est constitué par sa période 1960 (photo de Le Voyeur - 1967 (photo de Chantage au meurtre). Le grain est bien préservé, comme sur l’ancienne édition anglaise ITV sortie en 2008.

Ipcress : Danger immédiat

Son - 4,0 / 5

VF d’époque et VOSTF en DTS HD 1.0 mono sur le BRD, en Dolby Digital sur le DVD. Bon équilibrage musique - effets sonores - dialogues. Offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. Célèbre musique de John Barry (le compositeur de la musique des premiers James Bond) qui avait même eu les honneurs d’un pressage séparé sur un CD adjoint au DVD lors de sa première édition française DVD chez PVB édition, vers 2005. Un peu de musique électronique durant les scènes de torture hypnotique. VF d’époque dramaturgiquement soignée mais il faut préférer la VOSTF, plus nuancée et plus dynamique.

Ipcress : Danger immédiat

Crédits images : © Lowndes Productions

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
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francis moury
Le 20 février 2019
Pas de commentaire.
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Commissaire Juve
Le 7 février 2019
Attention : il y a un problème d'authoring sur le Blu-ray (uniquement) et les 60 dernières secondes du film manquent à l'appel. Le problème a été constaté en août 2014. L'éditeur a reconnu l'incident en septembre. Tous les disques étaient touchés. Quant à savoir s'il y a eu un nouveau pressage ; mystère ! EDIT : je vois que l'info est relayée dans la rubrique "pépins". Au temps pour moi.

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