Corps et âme : le test complet du Blu-ray

Teströl és lélekröl

2017. Réalisé par Ildikó Enyedi
Avec Géza Morcsányi, Alexandra Borbély et Zoltán Schneider

Édité par Le Pacte

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Le 09/05/2018
Critique

Corps et âme

Mária, la nouvelle responsable du contrôle de la qualité d’un abattoir de la banlieue de Budapest, a attiré l’attention de tous. Pour sa beauté, d’abord. Puis, surtout, pour son étrange manque d’empathie. Une psychologue qui reçoit tout le personnel en entretien découvre, très intriguée, que Mária et Endre, le directeur de l’abattoir, font les mêmes rêves, dans lesquels un cerf et une biche cherchent leur nourriture dans une forêt enneigée. Cet inexplicable phénomène va les rapprocher…

Corps et âme (Teströl és lélekröl), le septième long métrage de la réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi, a été salué par une vingtaine de prix, dont l’Ours d’or à Berlin en 2017, bien après qu’elle ait, une première fois, attiré l’attention de la critique avec Mon vingtième siècle (Az én XX. Századom), récompensé à Cannes par la Caméra d’or en 1989, une curieuse histoire de vraies jumelles séparées par le destin, disponible au Royaume Uni sur DVD et Blu-ray.

Corps et âme est une bien étrange histoire, pas seulement pour l’improbable similitude des rêves, qui n’est en fait que le prétexte, ou le déclencheur, du rapprochement de deux êtres reclus dans leur solitude. Le film montre la lente progression de l’un et l’autre vers une sortie de l’isolement dont ils sont prisonniers.

Bien qu’on ne nous révèle peu de son passé, le sexagénaire Endre a connu d’autres femmes. Il est possible que son retrait résulte d’une timidité naturelle, mais peut-être aussi du choix qu’il a fait de laisser les autres à une distance protectrice.

Corps et âme

Corps et âme fait de Mária le personnage central du film. Installée dans sa solitude (dans un tiroir de sa cuisine, un couteau, une cuillère et une fourchette !), coupée des autres dans une réclusion proche de l’autisme, elle fait revivre, dans le secret de son appartement, certaines conversations avec Endre à l’aide d’objets transitionnels, d’une salière et d’un moulin à poivre ou de deux figurines Playmobil.

Par sa mise en scène elliptique, avec une extraordinaire économie de dialogues, Ildikó Enyedi observe le lent parcours, à la fois douloureux et sensuel, de la jeune femme qu’on voit partir à la découverte du monde extérieur : sentir sur sa peau la chaleur su soleil et le souffle du vent, caresser la surface lisse d’une rampe d’escalier, écouter de la musique… dans une succession de scènes dont la plus belle est celle filmée dans un parc où elle remarque, pour la première fois semble-t-il, les attouchements de couples enlacés, et finit, une fois seule, par s’allonger, fermer les yeux et enfoncer ses mains dans l’herbe.

Corps et âme, une très inhabituelle histoire d’amour, délicatement racontée !

Corps et âme

Généralités - 3,5 / 5

Corps et âme (111 minutes) et son supplément (41 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier, non fourni pour le test, effectué sur check disc. Le menu animé et musical propose le choix entre la version originale, avec sous-titres optionnels idéalement placés à cheval sur la bande noire, ou un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 5.1.

Piste d’audiodescription DTS Digital Surround 2.0 stéréo.

Sous-titres pour malentendants.

Bonus - 3,5 / 5

En complément, un entretien avec la réalisatrice Ildikó Enyedi (41’). Elle répond, dans un excellent français, aux questions qui apparaissent sur l’écran. Elle dit ne plus savoir d’où lui est venue l’idée du scénario, écrit très vite, instinctivement, et peu modifié au cours du tournage. Elle évoque ensuite le choix d’un abattoir comme lieu de travail des deux personnages principaux, le recrutement des deux acteurs (sans casting pour Alexandra Borbély) et pourquoi elle a souhaité un amateur pour tenir le rôle d’Endre. La topographie et le décor, très différents, des deux appartements reflètent la personnalité de Mária et d’Endre, presque toujours filmés en lieux clos… Un utile complément au film.

Pour finir, la bande-annonce.

Corps et âme

Image - 5,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080p, AVC), à la texture délicate, est lumineuse et précise, avec des couleurs naturelles, agréablement saturées, plus froides dans l’abattoir et l’appartement de Mária, plus chaudes dans celui d’Endre. De solides contrastes et des noirs denses assurent une parfaite lisibilité des scènes, même des plus obscures.

Son - 4,5 / 5

Le son DST-HD Master Audio 5.1 de la version originale et du doublage restitue clairement les dialogues et le plaisant accompagnement musical minimaliste. Une utilisation cohérente des voies latérales crée une convaincante sensation d’immersion dans l’action.

Corps et âme

Crédits images : © Le Pacte

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 9 mai 2018
Corps et âme, Ours d’or à Berlin en 2017, nous conte une très inhabituelle histoire d’amour, le rapprochement presque improbable de deux corps, de deux âmes. Un film aux frontières du fantastique, stylé, sensuel. À découvrir !

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