Wonder Wheel : le test complet du Blu-ray

2017. Réalisé par Woody Allen
Avec Justin Timberlake, Juno Temple et Robert C. Kirk

Édité par AB Vidéo

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Le 27/07/2018
Critique

Wonder Wheel

Coney Island, dans les années 50. Carolina, une jeune femme, demande à son père, Humpty, un exploitant de manège qu’elle n’a pas revu depuis longtemps, de l’héberger : elle doit se cacher, son mari ayant chargé deux gangsters de l’éliminer pour lui faire payer les confidences qu’elle a faites à la police. Cette arrivée inopinée ajoute au désarroi de Ginny, la seconde femme de Humpty, une actrice ratée reconvertie en serveuse, angoissée par un fils de 10 ans pyromane et la crainte que son jeune amant, Mickey le maître-nageur, se lasse d’elle…

Wonder Wheel, c’est la grande roue, une des attractions emblématique de Coney Island qui servit déjà de cadre à Woody Allen pour l’ouverture de Annie Hall. C’est aussi le cinquantième long métrage de Woody Allen qui tient allègrement, depuis Prends l’oseille et tire-toi (Take the Money and Run, 1969), le rythme soutenu d’une réalisation par an.

Le décor clinquant du parc d’attractions, aujourd’hui défraîchi, a été reconstitué dans son étincellement multicolore d’antan par la magie du cinéma pour servir de cadre à un drame bien sombre, mis en scène avec l’incontournable ironie du réalisateur-scénariste qui rend là un hommage, à la fois affectueux et irrespectueux, au mélodrame américain des années 50, au théâtre de Tennessee Williams et au cinéma de Douglas Sirk.

Wonder Wheel

Les quelques déambulations des personnages sur les planches qui forment la frontière entre les manèges et la plage n’y changent rien, Wonder Wheel a tout d’une pièce de théâtre : les dialogues sont plus conventionnels et moins pétillants que ceux auxquels nous a habitués leur auteur, et l’interprétation du quatuor d’acteurs délibérément surjouée.

Un quatuor dans lequel, aux côtés de Jim Belushi et Justin Timberlake, les femmes tiennent la vedette. Juno Temple, qui a indiscutablement confirmé son talent depuis que lui a été attribué, en 2013, le BAFTA Award du meilleur espoir, donne un charme irrésistible à Carolina, une fausse ingénue. Et Kate Winslet est impressionnante dans son interprétation de Ginny qui, de migraine en migraine, à fortes doses d’aspirine et de whisky, tente désespérément de chasser ses angoisses et de souffler sur les braises de ses illusions. C’est probablement, jusqu’alors, sa meilleure prestation, au moins au même niveau que celle qui lui valut son Oscar en 2008 pour The Reader.

Wonder Wheel

Wonder Wheel doit aussi beaucoup au talent du directeur de la photographie Vittorio Storaro, trois fois oscarisé, en 1980 pour Apocalypse Now, en 1982 pour Reds et en 1988 pour Le Dernier empereur. Il en est à sa troisième collaboration avec Woody Allen après Café Society (2016) et avec A Rainy Day in New York, encore en postproduction. Non seulement il rend à Coney Island toute sa luxuriance passée, mais il fait de la couleur un acteur du drame, par un usage surréaliste des éclairages qui, dans la même séquence, peuvent passer du rouge au bleu, au gré des humeurs incontrôlables de Ginny.

Difficile de ne pas penser que la corrosivité de certaines critiques soit le résultat inavoué de la tourmente qui souffle des quatre points cardinaux depuis l’affaire Weinstein et pousse certains à vouer aux gémonies des artistes quels que soient les mérites de leurs créations.

Cela n’y changera rien : 2017 est un excellent cru dans la production de Woody Allen avec Wonder Wheel.

Wonder Wheel

Généralités - 3,5 / 5

Wonder Wheel (101 minutes) et son supplément (20 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier de 11 mm.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale au format DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0 stéréo, avec sous-titres imposés, ou dans un doublage en français, avec le même choix de formats audio.

Piste d’audiodescription DTS-HD MA 2.0.

Bonus - 1,5 / 5

Making of Wonder Wheel (3’). Les quatre acteurs, filmés au siège d’Amazon Studios, producteur et distributeur du film, surenchérissent, à tour de rôle, sur leur bonheur d’avoir pu tenir un si beau rôle dans un si beau film !

Bande-annonce.

Wonder Wheel

Image - 5,0 / 5

L’image (2.00:1, 1080p, AVC) filmée avec une caméra digitale offre un piqué et une profondeur de champ extraordinaires, des contrastes fermes, avec une riche palette de couleurs, chaudes dans l’ensemble, naturelles quand le chef opérateur ne joue pas à les faire s’accorder à l’humeur des personnages.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 restitue les dialogues avec clarté et finesse, en bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical auquel il donne une bonne ampleur. On perçoit, dans les scènes en extérieur, une réelle sensation d’immersion dans le brouhaha et les flonflons des attractions de Coney Island. Le format alternatif DTS-HD MA 2.0 fait, lui aussi, correctement son office.

Ces observations s’appliquent au doublage en français, manquant de naturel.

Wonder Wheel

Crédits images : © Mars Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 28 juillet 2018
Wonder Wheel, un hommage aussi affectueux qu’irrespectueux au mélodrame américain des années 50, magnifiquement photographié, avec Kate Winslet dans un de ses meilleurs rôles, fait de 2017 un bon millésime du terroir Woody Allen.

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