Incidents de parcours : le test complet du Blu-ray

Monkey Shines

Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée

1988. Réalisé par George A. Romero
Avec Jason Beghe, John Pankow et Kate McNeil

Édité par ESC Editions

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Le 05/09/2018
Critique

Incidents de parcours

Allan, étudiant en droit et athlète, renversé par un camion lors de son jogging matinal, est maintenant tétraplégique. Geoffrey, un chercheur, a injecté à une guenon capucin, Ella, une décoction de cellules cérébrales humaines pour développer son intelligence. Il confie l’animal à Melanie, spécialisée dans le dressage de capucins, avant de l’offrir à son ami Allan pour qu’il l’aide à compenser son handicap. L’arrivée d’Ella va changer la vie d’Allan… pour le meilleur et pour le pire !

Incidents de parcours, un titre français sans le moindre rapport avec le titre original, Monkey Shines (littéralement, « Le singe brille »), le dixième long métrage de George A. Romero, est sorti en 1988, vingt ans après La Nuit des morts vivants, un premier film si emblématique de son oeuvre, qu’on pourrait presque oublier qu’il s’est essayé à d’autres genres.

Incidents de parcours, une l’adaptation élaguée et assez libre du roman de Michael Stewart Monkey Shines publié en 1983, exploite un thème original : la symbiose qui s’installe progressivement entre l’animal et l’homme qui finit par partager la vision du capucin et être soumis à ses « états d’âme », notamment à ressentir sa rage animale, par être contraint à subir une mutation rappelant la transformation du Dr. Jekyll en Mr. Hyde.

Incidents de parcours

George A. Romero réussit, non seulement à faire du minuscule singe une créature aussi effrayante que, dans d’autres proportions, l’était le gigantesque King Kong, mais encore à lui faire partager la vedette avec Jason Beghe, l’interprète d’Allan, alors au début d’une longue carrière dans les séries télévisées : il sera l’un des personnages récurrents de la saison 5 de Californication, puis de Chicago Fire, avant de se hisser en tête de la distribution de Chicago Police Department. Parmi les autres acteurs, on remarque Christine Forrest, l’épouse du réalisateur, sous la blouse et la coiffe d’une des plus nocives infirmières jamais apparues sur les écrans !

Incidents de parcours, s’il n’est pas le meilleur film de George A. Romero, montre que son talent pouvait s’exprimer sur de multiples facettes et qu’il pouvait tirer bon parti des gros moyens mis à sa disposition, nettement plus généreux que ceux qui lui avaient jusque-là été alloués. On retiendra surtout la dernière demi-heure, efficacement anxiogène.

Cette sortie par ESC Éditions d’une version joliment restaurée, fera oublier le DVD de MGM / United Artists, introuvable depuis longtemps, après sa parution en 2004.

Incidents de parcours

Généralités - 4,5 / 5

Incidents de parcours (113 minutes) et ses suppléments (28 minutes) tiennent, dans cette édition combo, sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9, logés dans un coffret non fourni pour le test.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, ou dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo.

À l’intérieur du boîtier, un livret de 24 pages rédigé par Marc Toullec, intitulé Instincts basiques. Le producteur Charles Evans, après avoir racheté les droits du roman de Michael Stewart à MGM/UA, a proposé la réalisation d’une adaptation à George A. Romero, séduit par la nature subtile et dérangeante de l’histoire, une sorte de variation sur le thème du Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Le livret relate la genèse de l’oeuvre, le tournage du film, la fin ouverte à laquelle le réalisateur a dû renoncer à la demande de la production, après la réaction de spectateurs des sneak previews, pour la remplacer par un happy ending. Le livret évoque aussi le choix des acteurs, assez peu connus, hormis Jason Beghe, le recrutement d’Ella auprès de Helping Hands, une association spécialisée dans le dressage de capucins pour aider les tétraplégiques, les moyens mis en oeuvre pour « faire jouer » les singes, les trucages avec de faux singes, le lancement manqué du film… Une excellente vue panoramique sur l’oeuvre, enrichie de nombreuses déclarations de ceux qui ont contribué à sa réalisation, George A. Romera en tête.

Incidents de parcours

Bonus - 3,5 / 5

Les survivants de George A. Romero (22’), par Julien Sévéon, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma, dont George A. Romero: Révolutions, zombies & compagnie (Popcorn, février 2017). Incidents de parcours marque un tournant dans la carrière du réalisateur en lui permettant de s’affranchir du producteur de ses films précédents dont il était le salarié. Après une rapide revue de l’oeuvre de Romero, un cinéaste plus complexe que l’image qu’il a généralement projetée, dont chaque film a sa propre identité, Julien Sévéon souligne l’originalité du scénario, la qualité des trucages, pratiquement invisibles, et la tension des vingt dernières minutes du film qui sont la traduction de seulement une dizaine de pages du roman.

Pour finir, la bande-annonce « originale » du film (curieusement recadrée en format 1.33:1 !) et celle de Chucky - Jeu d’enfant (Child’s Play, Tom Holland, 1988) et du très curieux Street Trash (James M. Muro, 1987) qui sont venus s’ajouter ces derniers mois au catalogue diversifié d’ESC Éditions.

Incidents de parcours

Image - 4,0 / 5

L’image (1.85:1, 1080p, AVC), bien définie, soigneusement restaurée, débarrassée de toutes les marques du temps, avec des couleurs généreusement saturées, ne mériterait que des éloges sans quelques petits défauts mineurs : d’occasionnelles sautes de stabilité de la luminosité et une relative douceur des contrastes dans certaines scènes en pleine lumière.

Incidents de parcours

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo de la version originale, propre, se distingue par une restitution claire des dialogues et une assez étonnante dynamique mettant en valeur la partition originale de David Shire, oscarisé pour Norma Rae, réalisé en 1979 par Martin Ritt.

Le doublage en français est cependant désastreux : les dialogues crachouillants sont tant en avant qu’ils masquent, le plus souvent, toute l’ambiance, voire l’accompagnement musical.

Incidents de parcours

Crédits images : © ESC Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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1
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Philippe Gautreau
Le 6 septembre 2018
Incidents de parcours, un film assez méconnu de George A. Romero, montre que son talent pouvait s’exprimer sur de multiples facettes, ici loin de l’univers des zombies. Difficile d’oublier la dernière demi-heure, efficacement anxiogène.

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