Pour qui sonne le glas (1943) : le test complet du Blu-ray

For Whom the Bell Tolls

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Sam Wood
Avec Gary Cooper, Ingrid Bergman et Akim Tamiroff

Édité par Elephant Films

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Le 14/01/2019
Critique

Pour qui sonne le glas

Espagne, près de Ségovie, pendant la guerre civile. L’Américain Robert Jordan s’est engagé dans les rangs des républicains qui l’ont chargé de dynamiter un pont gardé par l’armée franquiste. Il est conduit dans la montagne jusqu’à un petit groupe de partisans cachés dans une grotte. Pablo prétend en être le chef, mais c’est une femme qui le dirige, Pilar. Elle a recueilli une jeune fille qui eut à souffrir des franquistes, Maria, dont Robert tombe aussitôt amoureux…

Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls), est l’adaptation du roman d’Ernest Hemingway, inspiré par ses souvenirs de journaliste de terrain pendant la guerre civile d’Espagne, publié en 1940. David Selznick en avait acheté les droits qu’il céda à Paramount, producteur du film tourné en 1943 en Californie, notamment dans la Sierra Nevada, et en studio.

Sur un scénario de Dudley Nichols (oscarisé pour Le Mouchard / The Informer, John Ford, 1935), la réalisation fut confiée à Sam Wood qui, après une solide expérience du cinéma muet, avait conforté sa réputation en 1939 en réalisant Au revoir Mr. Chips et en prenant la relève de Victor Fleming (qui, lui-même, avait remplacé George Cukor) pour terminer le tournage d’Autant en emporte le vent.

Pour qui sonne le glas

Pour qui sonne le glas met en avant la brève histoire d’amour entre Robert et Maria, estompant la guerre, toutefois présente au milieu du récit. Gary Cooper et Ingrid Bergman viendront, avec ce film, grossir les rangs des couples célèbres à l’écran, quatre ans après celui formé par Vivien Leigh et Clark Gable pour Autant en emporte le vent. Ingrid Bergman avait rejoint les USA deux ou trois ans plus tôt et le film consolida le statut de star qu’elle avait acquis en partageant avec Humphrey Bogart l’affiche de Casablanca (Michael Curtiz, 1942). On remarque aussi au générique Akim Tamiroff dans son interprétation du personnage équivoque de Pablo et, dans le rôle de Pilar, l’actrice grecque Katina Paxinou à laquelle le film valut l’Oscar d’interprétation féminine dans un second rôle.

Pour qui sonne le glas doit aussi beaucoup à la photographie de Ray Rennahan, doublement oscarisé pour Autant en emporte le vent et pour Arènes sanglantes (Blood and Sand, Rouben Mamoulian, 1941). On sera moins convaincu par l’accompagnement musical de Victor Young, grandiloquent et, surtout, trop descriptif. À sa décharge, il n’avait guère le temps de souffler en ayant dû composer, dans la seule année 1943, une douzaine de partitions !

Cette réédition, la première en haute définition, enrichie d’intéressants compléments, était attendue, les deux précédentes, sur DVD, étant épuisées.

Pour qui sonne le glas

Généralités - 4,0 / 5

Pour qui sonne le glas (165 minutes pour la version longue, 137 minutes pour la version courte) tient, dans cette édition combo, sur deux Blu-ray BD-50 et sur deux DVD-9 logés dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur les seuls Blu-ray.

Le menu fixe et musical propose deux lectures de la version longue, celle de la version dite « intégrale », incluant l’ouverture musicale (4 minutes) et l’entracte musical (5 minutes, à 141 minutes du début), d’une durée cumulée de 165 minutes, ou celle du film sans ces deux passages musicaux, d’une durée de 156 minutes.

Même choix pour la version courte, celle du nouveau montage fait pour la ressortie du film dans les années 50, réduisant la durée à 137 minutes, passages musicaux compris.

Les deux montages, d’une qualité technique apparemment identique, sont proposés dans la version originale, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 1.0.

Pour qui sonne le glas

Bonus - 2,0 / 5

Le film, par Eddy Moine (14’). C’est Ernest Hemingway qui proposa à David Selznick Gary Cooper et Ingrid Bergman pour les deux rôles principaux, avant que le projet ne soit repris par Paramount. Le scénario de Dudley Nichols, centré sur la relation amoureuse entre Roberto et Maria, gomme toutes les allusions du roman au régime franquiste, resté neutre pendant la seconde guerre mondiale. Le critique revient sur l’oeuvre de Sam Wood, réalisateur un peu oublié. Après avoir débuté au temps du muet comme assistant de Cecil B. DeMille, il réalisa plus de 80 films en dirigeant des acteurs prestigieux. Puis il brosse rapidement la carrière de Gary Cooper et d’Ingrid Bergman. Réalisé avec un budget de 3 millions de dollars, Pour qui sonne le glas raflera cinq fois la mise, seulement aux USA, avant sa sortie en Europe en 1947.

À propos d’Hemingway : la mort, l’Espagne & Hollywood (33’) par Frédéric Mercier, critique pour le magazine Transfuge. Pour lui, l’adaptation de Dudley Nichols, habilement construite, est fidèle à l’esprit du roman, en insistant sur le présage de mort et sur la culpabilité qui hantent le personnage de Roberto, donnant à l’oeuvre une tonalité sombre soulignée par une photo crépusculaire, notamment dans la première partie du film. Hemingway a fermement soutenu la cause des républicains d’Espagne en collaborant au documentaire réalisé par Joris Ivens en 1937, Terre d’Espagne (disponible dans Joris Ivens, cinéaste du monde - Coffret 1). Hemingway a toujours gardé ses distances avec Hollywood : il a, notamment, reproché à l’adaptation de L’Adieu aux armes (A Farewell to Arms, Frank Borzage, 1932) de donner une dimension mystique à une histoire d’amour et il sera aussi sévère à l’encontre de l’adaptation de Le Port de l’angoisse (To Have and Have Not, Howard Hawks, 1944) et de Le Soleil se lève aussi (The Sun Also Rises, Henry King, 1957).

Pour finir, la bande-annonce et une galerie de 24 photos.

Pour qui sonne le glas

Image - 3,5 / 5

L’image (1.33:1, 1080p, AVC), assez nette, peut-être un peu trop lissée, réussit, dans l’ensemble, à restituer la palette de couleurs du Technicolor trichrome. Mais l’image présente de nombreux défauts : le nettoyage, loin d’être parfait, a laissé subsister quelques taches et rayures. D’autre part, on distingue assez souvent des contours colorés dus à un décalage dans la superposition des trois négatifs, bleu, vert, et rouge. Enfin, l’étalonnage des couleurs montre quelques faiblesses, principalement décelables sur les visages, parfois trop rouges, parfois tirant sur le gris, un désagrément qui se manifeste davantage sur les plans moins éclairés.

Il reste donc une bonne marge d’amélioration pour une future restauration.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 de la version originale, soigneusement débarrassé des bruits parasites et du souffle, assure une bonne clarté des dialogues et restitue la musique dans une bande passante assez étroite, avec peu de distorsions. Le niveau sonore du doublage, plus élevé, place un peu trop en avant les dialogues, au timbre plus rond, plus pauvre en aigus.

Crédits images : © Eléphant Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 14 janvier 2019
Une réédition attendue, enrichie d’intéressants compléments et la première en haute définition, de cette adaptation du célèbre roman d’Ernest Hemingway, son témoignage sur la guerre d’Espagne.
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Daniel
Le 11 juillet 2005
Très belle interprétation du Roman, le dvd est de qualité

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