Bergman, mode d'emploi (2018) : le test complet du Blu-ray

Bergman - ett år, ett liv + Bergman - ett liv i fyra akter

Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre

Réalisé par Jane Magnusson
Avec Ingmar Bergman, Lena Endre et Thorsten Flinck

Édité par Carlotta Films

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Le 19/04/2019
Critique

Quatre heures pour découvrir Ingmar Bergman : son talent et son travail en ont fait un génie du cinéma, son éducation, un homme étrange.

Bergman, mode d'emploi

En près de quatre heures, la documentariste suédoise Jane Magnusson nous présente Ingmar Bergman et son oeuvre.

Bergman, mode d’emploi rassemble les deux versions, sorties fin 2018, du précieux travail de Jane Magnusson sur le cinéaste : Bergman, une vie en quatre actes (Bergman - ett liv i fyra akter), la version intégrale, une série de quatre épisodes destinée à la télévision, et un montage condensé sur près de deux heures pour les salles de cinéma, Bergman, une année dans une vie (Bergman - ett år, ett liv).

Dans l’une et l’autre versions, le documentaire donne une large place à l’année 1957, un tremplin, après des débuts discrets, dans la carrière du cinéaste. C’est l’année de la sortie de deux films qui fondèrent sa réputation internationale : Le Septième sceau (Det sjunde inseglet) et Les Fraises sauvages (Smultronstället). C’est aussi l’année d’un triomphe dans l’univers du théâtre avec le Peer Gynt de Henrik Ibsen, une pièce d’une durée de cinq heures, réputée impossible à mettre en scène. Ce n’est pas tout : il réalise encore pour la télévision Au seuil de la vie (Nära livet), une journée dans une maternité.

Bergman, mode d'emploi

Bergman, mode d’emploi contient les rares interviews accordées par Bergman, des scènes de tournage, des extraits de films et, surtout, les souvenirs inédits, recueillis en 2018 par Jane Magnusson, de celles et ceux qui ont travaillé avec lui, acteurs, assistants, techniciens, membres de sa famille, universitaires… qui en font une somme de renseignements, opportunément indiscrets, dévoilant, derrière l’image du génie du cinéma, un homme constamment angoissé, piquant de violentes colères sur les plateaux, planté « comme un mât sur le pont d’un navire », menant une vie sentimentale chaotique, effrayé par la mort, possédé par son travail au point, l’avoue-t-il, de n’avoir plus de vie privée, de ne connaître que très approximativement l’âge de ses six enfants, voire leur nombre ! Mais il était attentionné envers les acteurs, auxquels il laissait une marge d’improvisation pour tirer d’eux le meilleur.

Ingmar Bergman attribue son mal de vivre à l’éducation reçue de son père, un pasteur, qui l’a laissé avec des « blessures profondes » : « J’ai passé une grande partie de ma vie à réparer les séquelles de mon éducation. » Il trouvait refuge, dès l’âge de 6 sans, dans l’univers imaginaire du cinéma. « Je vois chaque film que je fais comme une manière d’exprimer des souvenirs, des vécus, des tensions. » « La caméra est un outil tellement phénoménal quand il s’agit de capter l’âme humaine. » Ceux qui l’ont bien connu disent que le cinéma lui offrait la possibilité de s’évader, de fuir la réalité… et ses responsabilités.

Bergman, mode d'emploi

Bergman, mode d’emploi souligne la part autobiographique de son oeuvre qui culmine dans Fanny et Alexandre (Fanny och Alexander, 1982), une éblouissante fresque en couleurs de 5h22 pour la télévision, condensée à 3h09 pour l’exploitation en salles, un chef d’oeuvre salué par quatre Oscars, encore disponible en vidéo dans l’édition Gaumont sortie en 2013, distinguée par le Prix patrimoine décerné par le jury DVD/Blu-ray du Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

Bergman, mode d’emploi permet d’approfondir et d’élargir la connaissance du cinéma d’Ingmar Bergman, si intimement lié à sa personnalité complexe. Une recherche qui vient utilement s’ajouter au film de Margarethe von Trotta, A la recherche de Ingmar Bergman (Ingmar Bergman: Vermächtnis eines Jahrhundertgenies, 2018) et au passionnant documentaire de 105 minutes réalisé par Bergman lui-même sur le tournage de Fanny et Alexandre, en supplément de l’édition de 2013.

Bergman, mode d'emploi

Généralités - 5,0 / 5

Bergman, mode d’emploi contient la version intégrale du documentaire réalisé pour la télévision sous la forme d’une série en quatre épisodes d’une durée totale de 235 minutes et un montage pour la distribution en salles de 117 minutes, en version originale avec sous-titres optionnels. Les deux versions sont réparties, dans cette édition combo, sur deux Blu-ray BD-50 et deux DVD-9 logés dans un Digipack, glissé dans un épais cartonnage au format d’un DVD.

Sort simultanément une édition séparée, au choix sur Blu-ray ou DVD, de Bergman, une année dans une vie, la version cinéma de 117 minutes.

À l’intérieur de l’étui, la liste des 458 contributeurs au financement participatif de l’édition et un livre de 140 pages sous épaisse couverture, intitulé Abécédaire Ingmar Bergman A Ö, « une carte pour explorer les territoires neufs, jamais répertoriés », une suite de « 145 clés d’entrée » dans l’univers du cinéaste, allant de Abba, le groupe pop, à Zzz, l’onomatopée du sommeil dans lequel tombent les hommes « quand des femmes sont en train de parler », en passant par Nudité, celle de Monika dans Sommaren med Monika et de quelques autres femmes. Le livre se referme sur Lectures complémentaires, une liste non exhaustive d’ouvrages écrits par (ou sur) Ingmar Bergman.

Bergman, mode d'emploi

Bonus - 3,5 / 5

Vox lipoma (Fettknölen, 2018, 11’). Ce dessin animé de Jane Magnusson enchaîne quelques saynètes d’Ingmar Bergman, ses crises de jalousie, ses accès de colère, son orgueil à l’annonce de prix, sa propension à l’infidélité… Le lipome qu’il avait sur la pommette droite lui fait constamment la morale jusqu’à son excision… par un psychiatre. Le répit aura une fin : vingt ans plus tard, le lipome, portant une barbe blanche, sort de l’eau pour se réimplanter sur la joue de Bergman, retiré à Fårö.

Bande-annonce.

Image - 4,0 / 5

L’image (1.78:1, 1080i, AVC) propose des couleurs agréablement contrastées et soigneusement étalonnées. La qualité des nombreuses archives filmées, en couleur et noir et blanc, est variable. Les extraits de films illustrant les commentaires sont, sauf exception, issus de sources récemment restaurées.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 garantit une parfaite clarté des commentaires en suédois et en anglais et de ceux enregistrés en 2018. Le son des archives insérées assure une parfaite intelligibilité des dialogues. L’encodage 5.1 ne profite, discrètement, qu’à l’accompagnement musical : on n’en attendait pas plus.

Crédits images : © AB Svensk Filmindustri

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 3 mai 2019
En nous montrant, en près de quatre heures, qui était Ingmar Bergman, ce documentaire fournit un précieux éclairage sur son cinéma, si intimement lié à sa personnalité complexe.

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