Picnic at Hanging Rock (2018) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Larysa Kondracki
Avec Natalie Dormer, Lily Sullivan et Lola Bessis

Édité par Elephant Films

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Le 27/03/2019
Critique

Picnic At Hanging Rock

En 1900, le jour de la Saint Valentin, dans le Victoria, non loin de Melbourne, les pensionnaires du collège dirigé par Hester Appelyard, venue de Londres, partent en piquenique à Hanging Rock, une formation volcanique souvent noyée dans la brume, un ancien site sacré aborigène. Pendant la sieste, quatre élèves et leur professeur de dessin bravent l’interdiction d’escalader le rocher et disparaissent. Neuf jours plus tard, on récupérera l’une des élèves, incapable de se souvenir de ce qui a pu se passer. Les corps des trois disparues ne seront jamais retrouvés…

Picnic at Hanging Rock est l’adaptation du roman éponyme de Joan Lindsay publié en 1967, situé au début de l’année 1900 (un an avant la fédération des colonies australiennes en un seul État, le Commonwealth of Australia), un best-seller écrit en quatre semaines qu’elle a prétendu être basé sur des faits réels (exposés dans un dernier chapitre, retiré à la demande de l’éditeur), avant d’avouer que l’idée lui était venue d’un rêve.

Picnic at Hanging Rock est la deuxième adaptation du roman après l’inoubliable Pique-nique à Hanging Rock, réalisé en 1975 par Peter Weir, pour beaucoup son chef-d’oeuvre, dont l’édition Opening de 2004 est depuis longtemps épuisée (une édition Blu-ray, dite « director’s cut », avec plus de 3 heures de bonus et des sous-titres anglais, est encore disponible au Royaume Uni).

Réaliser un remake du film de 1975 aurait été un pari hasardeux. Adapter le roman sous la forme d’une série restait risqué, mais moins téméraire. L’approche des deux scénaristes, Beatrix Christian et Alice Addison, était, dans une adaptation plus fidèle du roman, de développer les personnages principaux pour nourrir les six épisodes d’une durée cumulée de 5 heures. Les personnages du film, après les coupes opérées dans le roman par Peter Weir, restaient évanescents, ce qui contribuait à l’envoûtant mystère du récit, annoncé par une citation d’Edgar Allan Poe sur l’affiche : « All that we see or seem is but a dream within a dream ».

Picnic At Hanging Rock

Picnic at Hanging Rock achève une vision convaincante des lieux et de l’époque. Les scènes du pique-nique, comme celles du film, ont été tournées à Hanging Rock, celles du pensionnat à Como House, une demeure édifiée en 1847 à Stonnington, dans le Victoria. Un soin particulier a été pris dans la confection des costumes, le choix des attelages, les coiffures…

La minisérie doit plus encore aux actrices, en tête desquelles se distingue Natalie Dormer (Les Tudors, Game of Thrones (Le Trône de Fer)), encore plus troublante, plus dérangeante dans son interprétation du personnage complexe de Hester Appleyard que l’avait été Rachel Roberts dans le film. On remarque aussi, dans le rôle de Dora Lumley, une femme étrange, au bord de la folie, Yael Stone (Orange Is the New Black). Les interprètes des pensionnaires sont de jeunes actrices peu connue hors d’Australie, mais bien choisies, que côtoie notre compatriote Lola Bessis, l’interprète du professeur de français. Et l’on ne peut qu’être étonné par la vivacité et le naturel d’Inez Currõ, 14 ans.

Picnic at Hanging Rock, comme le film de 1975, suggère délicatement la montée du désir sexuel chez les jeunes filles que semblent exacerber les vibrations de Hanging Rock et affiche leur rébellion contre les conventions, rigides comme leurs corsets, strictement imposées par la tyrannique Hester Appleyard : elles ne sont autorisées à retirer leurs gants que longtemps après que le char à bancs qui les conduit vers le lieu du pique-nique ait quitté la ville, là où elles ne pourront être vues par aucun étranger, mais elles doivent garder leur canotier !

La photographie est plaisante, avec une alternance de lumières douces dans les sous-bois embrumés, acidulées en plein soleil et de beaux clairs-obscurs dans les scènes d’intérieur. Mais on est vite agacé par la répétition de plans avec des angles à 45°, de retournements complets de la caméra et, accessoirement, par l’abus de ralentis.

Picnic At Hanging Rock

Généralités - 3,0 / 5

Picnic at Hanging Rock (6 épisodes d’une durée cumulée de 306 minutes) et ses suppléments (38 minutes) tiennent sur deux Blu-ray BD-50 logés dans un boîtier, non remis pour le test.

Le menu animé et musical propose la série dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 5.1.

Bonus - 5,0 / 5

Entretien avec la scénariste Alice Addison (2’). Ce que le film n’avait pas repris du roman laissait la possibilité d’alimenter le scénario des six épisodes de ce drame, en approfondissant les personnages.

Entretien avec Michael Rymer, réalisateur (3’). Il souligne le caractère particulier du roman, emblématique de l’histoire de l’Australie, avec une opposition de la civilisation et du bush. Le scénario représentait un challenge, notamment en raison du nombre de personnages.

Filmer à Hanging Rock (2’) montre les difficultés de l’acheminement jusqu’à une altitude de 2 200 mètres des 120 membres de l’équipe, acteurs et techniciens, et du matériel.

Entretien avec Inez Currõ, actrice (2’). L’interprète de Sara, pour son tout premier rôle, a appris à monter à cheval, a cajolé un pademelon (cousin du wallaby)…

Picnic At Hanging Rock

Entretien avec Nathalie Dormer (12’). Hester, au passé trouble, est venu en Australie pour un nouveau départ. Elle veut effacer ce passé, en cherchant à projeter l’image d’une autre personne dans l’environnement sauvage de l’Outback australien, si différent du Londres victorien…

Filmer à Victoria (3’) et à Melbourne, deux villes qui montrent les plus belles architectures du XIXème siècle en Australie. Hanging Rock est un lieu iconique, ainsi que la ville de Clunes, dont la rue principale est restée ce qu’elle était il y a 150 ans : il a suffi de recouvrir les rues d’une couche de terre et de modifier quelques devantures.

Entretien avec Jo Porter, productrice (12’). Un des soucis de la production, des scénaristes des réalisateurs était de respecter l’essence du roman de Joan Lindsay, une oeuvre très connue en Australie, attirante par son mystère. Elle souligne la cohésion des trois actrices incarnant Miranda, Irma et Marion, la performance de Nathalie Dormer et de Yael Stone.

Recréer une rue de Londres (1’). Jo Ford, directrice artistique, commente brièvement un flashback dans la vie de Hester Appleyard.

Que s’est-il passé ? (1’). Les trois disparues évoquent le dernier chapitre du roman qui donne quelques hypothèses de résolution du mystère.

Bandes-annonces des séries L’Incroyable Hulk, Magnum, Les enquêtes de Murdoch (Murdoch Mysteries), Hard Sun et Miami Vice (Deux flics à Miami) (Série) (Miami Vice) qui met en avant Julia Roberts présente dans un seul des 111 épisodes de la série !

Picnic At Hanging Rock

Image - 4,5 / 5

L’image (2.0:1, 1080i, AVC), finement résolue, propose une palette variée de couleurs, avec des verts acidulés dans les scènes tournées en plein soleil, des teintes chaudes dans les intérieurs, bien contrastées avec des noirs profonds.

Son - 4,0 / 5

Le DTS-HD Master Audio 5.1 de la version originale restitue clairement les dialogues, toujours dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical. Une utilisation trop discrète des voies latérales tend à cantonner l’image sonore dans le plan frontal, en limitant l’impression d’immersion dans l’action.

Ces observations valent pour le doublage en français, au même format.

Picnic At Hanging Rock

Crédits images : Sarah_Enticknap, Kelly_Gardner © FremantleMedia Australia

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 27 mars 2019
Après l’inoubliable chef-d’oeuvre réalisé en 1975 par Peter Weir, cette relecture plus détaillée du célèbre roman australien autorise un développement des personnages. Une intéressante adaptation filmée dans des décors réels et servie par une solide distribution.

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