Cops and Robbers (1979) : le test complet du Blu-ray

Dian zhi bing bing

Édition Collector Blu-ray + DVD

Réalisé par Alex Cheung Kwok Ming
Avec Wong Chung, Cheung Kwok-keung et Chan Chik-wai

Édité par Spectrum Films

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Le 17/06/2019
Critique

Une lutte à mort entre gangsters et policiers dans ce polar, vu aujourd’hui comme un des jalons de la Nouvelle vague du cinéma de Hong Kong.

Cops and Robbers

En pleine nuit, trois hommes agressent sauvagement des policiers dans une rue déserte de Hong Kong pour leur dérober leur arme. Le lendemain, ils braquent une banque et tuent dans leur fuite un policier en tenue. L’inspecteur Zhou va enquêter avec son équipe à laquelle vient de se joindre Rong, un jeune fonctionnaire muté d’un poste administratif…

Cops and Robbers (Dian zhi bing bing), sorti en 1979, est le premier film d’Alex Cheung, réalisateur de séries télévisées, un des pionniers du polar réaliste, tourné en extérieur, caméra à l’épaule, un genre qu’on baptisa la Nouvelle vague hongkongaise que rejoindront, entre autres, Tsui Hark, Ronny Yu, et Ann Hui, dont Spectrum Films, spécialisé dans le cinéma asiatique, a déjà édité The Story of Woo Viet (Woo Yuet dik goo si, 1981) et The Way We Are (Tin shui wai dik yat yu ye, 2008).

C’est peut-être le destin qui a noué le drame. Son strabisme a empêché un homme de s’engager dans la police : il sera délinquant. Un peu le même business… dans le camp opposé.

Cops and Robbers est en grande partie tourné dans la rue, par une caméra le plus souvent portée, mais solidement tenue. Les trottoirs encombrés renforcent le réalisme des scènes. Par exemple de celle, au début du film, où une dizaine de policiers sont en planque, feignant de tenir divers emplois, en attendant que le piège qu’ils ont tendu à des voyous fonctionne. Quelques aperçus de leur vie privée montrent au spectateur que les policiers n’ont rien de super-héros : comme n’importe qui, ils ressentent la peur. Ce dispositif et cette approche du sujet rendent l’intrigue crédible.

La routine des enquêtes est rompue par quelques moments d’action bien mis en scène, particulièrement celui de la traque d’un tueur dans un bidonville à flanc d’une colline envahie par la végétation, habilement rythmé par un montage nerveux et efficace.

Cops and Robbers ménage aussi quelques pauses où s’invitent légèreté et humour, jusqu’à ce que l’âpreté du propos reprenne le dessus, dans une des scènes finales, très violente.

Cops and Robbers n’a été, à ce jour, ni distribué dans les salles, ni édité en vidéo en France. Spectrum Films nous donne l’opportunité de découvrir un des jalons du film policier de Hong Kong qui remporta là-bas un grand succès.

Cops and Robbers

Généralités - 3,5 / 5

Cops and Robbers (91 minutes) et ses généreux suppléments (160 minutes) tiennent, dans cette édition combo, sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9 logés dans un boîtier standard de 11 mm, glissé dans un fourreau.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en cantonnais, avec sous-titres optionnels, ou dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

Bonus - 4,0 / 5

Présentation par Arnaud Lanuque (7’). Le titre cantonnais, Dian zhi bing bing, le soldat Dian-zhi, est le nom d’une comptine d’élimination, l’équivalent de notre Am, stram, gram. C’est un des premiers films de la Nouvelle vague hongkongaise, réalisés par des jeunes ayant suivi des études de cinéma, souvent à l’étranger, avec une première expérience acquise dans les studios de télévision, au tournage de séries policières pour Alex Cheung. Le genre policier a pu se développer dans le courant des années 70 avec l’assouplissement de la censure des autorités britanniques.

La Nouvelle vague HK et le polar, par Julien Sévéon (31’). Elle va, dès la fin des années 70, faire du policier une spécialité du cinéma de Hong Kong, produit par les Shaw Brothers. En 1976, Jumping Ash (Tiaohui, Po-Chih Leong, Josephine Siao), sur le trafic de drogue, connaît un grand succès, ainsi que des séries télé créées avec une grande liberté, traitant de sujets encore jamais abordés, notamment celui de la corruption au sein de la police, du développement de la criminalité chez les jeunes…

Footage super-8 (16’). Quelques rushes de combat, des prises de moments d’action et d’autres scènes, tournées en super-8 sous la direction d’Alex Cheung, en présence de Teddy Robin Kwan qu’on voit aussi interpréter une chanson.

Entretien avec Alex Cheung (57’). Interrogé par Arnaud Lanuque, il évoque sa rencontre décisive avec le chanteur Teddy Robin Kwan. La fréquentation régulière des policiers à l’occasion du tournage de séries lui a donné l’idée de Cops and Robbers. Le scénario est le fruit du travail de quatre personnes qui apportèrent, scène après scène, leurs propres suggestions, avec l’idée sous-jacente que flics et gangsters ne sont pas si différents. La création, en 1974, de l’ICAC (Independent Commission Against Corruption) clarifia pourtant le rôle de la police et améliora son image. Le tournage en 35 mm a duré 30 jours, principalement en extérieur, avec doublage des dialogues par les acteurs. Cops and Robbers a subi l’influence de films comme Le Parrain et, pour la séquence finale, violente, celle du cinéma de Sam Peckinpah.

Interview de Teddy Robin Kwan (24’), producteur pour Pearl City. Fin 1978, il est revenu à Hong Kong, intéressé par la Nouvelle vague, pour y étudier la possibilité de coproduire un film d’Alex Cheung qu’il avait découvert par ses premiers essais en 8 mm.

Critique par Dirty Tommy et Critique masquée (10’). Cops and Robbers, qui leur fait penser à Peur sur la ville (Henri Verneuil, 1975) et à Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, 1992), opère une réelle immersion dans la ville de Hong Kong.

Critique par l’équipe No Ciné (12’), un podcast audio. La Nouvelle vague, à l’approche de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, apportait un cinéma nouveau, loin des fresques opératiques, contestataire, naturaliste, « qui captait l’air du temps ».

Bande-annonce.

Image - 2,5 / 5

L’image (2.35:1, 1080i, AVC) souffre essentiellement d’un manque de piqué qui nimbe de flou les arrière-plans. Si le film a bénéficié d’une restauration, elle n’a pas corrigé une instabilité lumineuse, l’apparition de bandes horizontales plus claires et de nombreuses taches. L’étalonnage de la couleur ne brille pas par sa délicatesse.

Son - 3,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 de la version originale a été débarrassé de la plupart des bruits parasites, mais pas du souffle, assez fort dans la version originale comme dans le doublage, sans toutefois affecter les dialogues.

Crédits images : © Spectrum Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 17 juin 2019
Ce polar réaliste, violent, filmé dans la rue, caméra à l’épaule, est considéré comme un jalon de la nouvelle vaque hongkongaise alors naissante. Encore inédit en vidéo, à découvrir...

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