Le Quatrième homme (1952) : le test complet du Blu-ray

Kansas City Confidential

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Phil Karlson
Avec John Payne, Coleen Gray et Preston Foster

Édité par Rimini Editions

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Le 11/09/2019
Critique

Cet estimable exemple du film noir américain vaut pour scénario original, solidement structuré, et la maîtrise de Phil Karlson.

Le Quatrième Homme

Kansas City, à 10h00, la camionnette d’un fleuriste s’arrête devant une banque pour sa livraison quotidienne juste avant l’arrivée d’un fourgon de transport de fonds. À peine le fleuriste parti, une camionnette identique à la sienne arrive sur les lieux. Trois hommes armés et masqués en surgissent, neutralisent les convoyeurs, s’échappent avec un butin de 1,2 millions de dollars et font disparaître leur véhicule dans la remorque d’un camion. Le livreur de fleurs, Joe Rolfe, un vétéran d’Iwo Jima, vite arrêté, subit un interrogatoire musclé avant d’être relâché quand l’autre camionnette est retrouvée. Joe, sans emploi depuis cette mésaventure, décide de retrouver celui qui l’a piégé, le cerveau de l’opération… le quatrième homme.

Le Quatrième Homme

Le Quatrième homme (Kansas City Confidential) est le vingt-sixième de la cinquantaine de longs métrages réalisés par Philip N. Karlstein, devenu Phil Karlson dès son quatrième film, Le Cobra de Shanghaï (The Shanghai Cobra, 1947), une des quelques vingt-cinq aventures de Charlie Chan, incarné par Sidney Toler. L’histoire originale de Roland Brown (Les Anges aux figures sales / Angels with Dirty Faces, Michael Curtiz, 1938) a été scénarisée par un groupe de quatre, dont faisaient partie Phil Karlson et John Payne, l’interprète de Joe Rolfe.

Phil Karlson a touché à tous les genres, à la comédie musicale avec A Wave, a WAC and a Marine, son premier film sorti en 1944, au drame, à la comédie, à l’action avec Matt Helm, agent très spécial (The Silencers, 1066), Matt Helm règle son comte (The Wrecking Crew, 1968) et L’Assaut des jeunes loups (Hornets’ Nest, 1970). Mais il est aujourd’hui surtout connu pour ses westerns, La Ruée sanglante (They Rode West, 1954), Le Salaire de la violence (Gunman’s Walk, 1958)… et ses films noirs, L’Affaire de la 99ème rue (99 River Street, 1957), Justice sauvage (Walking Tall, 1973) et La Trahison se paie cash (Framed, 1975), ses dernières réalisations.

Le Quatrième Homme

Le fait qu’aucun des trois auteurs du hold-up, le visage caché par d’étranges masques de feutre, ne connaisse l’identité de ses complices, une des originalités du scénario, est aussi un des ressorts de la tension dramatique.

Le Quatrième homme fait immédiatement penser à Le Passé se venge (The Crooked Way), le film de Robert Florey, réalisé trois ans plus tôt, dans lequel John Payne incarnait déjà un ancien combattant de la seconde guerre mondiale, également tombé dans un piège qui le désignait comme un dangereux gangster.

Donnent la réplique à John Payne, que la caméra suit sans relâche, Lee Van Cleef, pour sa troisième apparition sur les écrans, après Le Train sifflera 3 fois (High Noon, Fred Zinnemann, 1952), Preston Foster (J’ai tué Jesse James, Samuel Fuller, 1949), Neville Brand (Mort à l’arrivée / D.O.A. , Rudolph Maté, 1949) et Coleen Gray (Le Carrefour de la mort / Kiss of Death, Henry Hathaway, 1947).

Le Quatrième homme, pour l’originalité d’un scénario solidement structuré, pour la qualité de la photographie de George E. Diskant (L’Enigme du Chicago Express / Narrow Margin, Richard Fleischer, 1952), restera perçu comme un estimable représentant du film noir américain.

Le Quatrième Homme

Généralités - 4,5 / 5

Le Quatrième homme (99 minutes) et son supplément (10 minutes) tiennent, dans cette édition combo, sur un Blu-ray BD-50 DVD-9, logés dans un boîtier bleu de 14 mm, glissé dans un fourreau.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

À l’intérieur du boîtier, un livret de 32 pages écrit par Christophe Chavdia s’ouvre sur Edward Small. Producteur indépendant dès 1917, il s’attaque, avec d’autres, contre le « système des studios » qui assurait aux major companies, propriétaires des salles, le monopole de l’industrie, prend, avec Arthur B. Krim et Robert S. Benjamin, le contrôle de United Artists qui produira, notamment, Témoin à charge (Witness for the Prosecution, Billy Wilder, 1958) et Salomon et la reine de Saba (Solomon and Sheba, King Vidor, 1959). Puis, Les soubresauts d’un projet sulfureux rappelle les avatars du scénario, initialement intitulé The Loudest Laugh in Hell. Écarté par MGM après avis défavorable de la Production Code Administration (PCA) pour plusieurs entorses au code Hays, il sera repris par Edward Small après quelques remaniements et le film sera produit par United Artist en dépit de l’avis, toujours défavorable, de la PCA. Le chapitre suivant, Phil Karlson, un contrebandier du cinéma ? , rappelle que le réalisateur, assez méconnu, vu par le critique Claude Beylie en 1965 comme appartenant à une « bande vulgaire et maladroite » de cinéastes, est « désormais respecté par les amateurs de série B ». Martin Scorcese reconnaît son influence sur son cinéma. Le parcours d’un Hollywoodien retrace la carrière de Phil Karlson, insiste sur The Phenix City Story, réalisé en 1955 (inspiré par l’avocat Albert Patterson, assassiné par la pègre pour sa lutte contre la corruption), avant qu’il ne commence à se lancer dans des films et séries pour la télévision. La fortune par l’indépendance rappelle que Phil Karlson, en créant Dixie Productions, réussit à devenir riche en produisant Justice sauvage et La Trahison se paie cash. Le livret se referme sur John Payne, ex-crooner, rompant son contrat avec la 20th Century Fox pour en finir avec les emplois de « beau gosse », sur la carrière de l’actrice Coleen Gray et sur l’influence du film Le Quatrième homme sur L’Affaire Thomas Crown (Norman Jewison, 1968), Usual Suspects (Bryan Singer, 1995) et Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, 1992). Un excellent complément au film qui compense en partie la légèreté du bonus vidéo.

Le Quatrième Homme

Bonus - 2,0 / 5

Introduction à l’oeuvre de Phil Karlson (10’) par Jean-François Rauger, enregistrée à l’occasion de la rétrospective Phil Karlson par la Cinémathèque Française du 3 octobre au 22 novembre 2014). Né en 1908, Phil Karlson, après des petits emplois à Universal, réalise son premier film en 1944, A Wave, a WAC and a Marine, puis une suite de films à petit budget, produits par Monogram, certains avec des héros de feuilletons, comme Charlie Chan. À partir de la fin des années 40, il assoie sa réputation avec des films noirs auxquels il donne une dimension politique, notamment en stigmatisant la corruption et les traumatismes laissés par la seconde guerre mondiale sur les vétérans. Il a aussi réalisé plusieurs westerns, dont La Ruée sanglante (They Rode West, 1954) Le Salaire de la violence (Gunman’s Walk, 1958). Il termine sa carrière avec deux films noirs assez remarquables, Justice sauvage et La Violence se paie cash (Framed, 1976), les deux avec John Doe Baker en tête d’affiche (encore inédits en vidéo en France).

Le Quatrième Homme

Image - 3,5 / 5

L’image (1.33:1) a bénéficié d’une restauration soigneuse, dont témoignent des blancs lumineux, des noirs denses, un agréable dégradé de gris et une bonne définition. Mais le sérieux nettoyage de l’essentiel du métrage, semble, curieusement, avoir laissé subsister des taches sur quelques plans (par exemple, sur le Blu-ray, à partir de 58’19”, de 67’08”) et, çà et là, quelques défauts d’étalonnage. La réduction du bruit sauvegarde le grain originel… in extremis.

Le Quatrième Homme

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0, mieux restauré, a été débarrassé des parasites dus à l’usure. Le spectre, concentré sur le medium, et une dynamique correcte assurent une restitution claire des dialogues. Le souffle, réduit aux limites du possible, reste très discret.

Crédits images : © United Artists / Getty Images

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 11 septembre 2019
Le Quatrième homme, pour l’originalité de son scenario, solidement structuré, et pour la qualité de sa photographie, restera un estimable exemple du Film noir américain.

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