Le Roi des imposteurs (1960) : le test complet du Blu-ray

The Great Impostor

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Robert Mulligan
Avec Tony Curtis, Karl Malden et Edmond O'Brien

Édité par Elephant Films

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Le 30/04/2021
Critique

La réalité dépasse la fiction. Le plus célèbre des mystificateurs d’outre-Atlantique démontre la pertinence du paradoxe.

Le Roi des imposteurs

Ferdinand Waldo Demara est un escroc depuis l’enfance. Tromper son monde est un sport pour lui : il n’hésite pas à truquer ses papiers, s’inventer des connaissances et des diplômes. Il deviendra tour à tour moine, gardien de prison, chirurgien de la marine, trappiste. Tout cela, avant que la loi ne le rattrape…

Le Roi des imposteurs (The Great Impostor), sorti en 1960, relate assez fidèlement les incroyables, mais pourtant bien réelles, mystifications de Ferdinand Waldo Demara Jr., consignées en 1959 par le romancier Robert Crichton, également auteur d’un autre roman qui sera adapté au cinéma par Stanley Kramer, Le Secret de Santa Vittoria (The Secret of Santa Vittoria, 1969).

Les gens aiment ce que je prétends être

La US Navy, en dépit des excellents résultats des tests auxquels il a été soumis, refuse à Demara l’accès à la formation des officiers. Autodidacte, il n’avait pas le moindre diplôme. En s’inventant plusieurs identités, en assimilant les connaissances et en fabriquant les documents appropriés, il fut directeur de la division de sécurité renforcée d’une prison, enseignant dans une université… jusqu’à se trouver, par un enchaînement de circonstances, médecin dans la Marine Royale du Canada (RCN) et devoir opérer neuf blessés dans une seule journée… avec succès ! Un personnage attachant dans sa folle quête de reconnaissance.

Le Roi des imposteurs est le troisième long-métrage pour le grand écran de Robert Mulligan, après Prisonnier de la peur (Fear Strikes Out, 1957), avec Anthony Perkins Les Pièges de Broadway (The Rat Race, 1960), avec Tony Curtis et Le Rendez-vous de Septembre. S’essayant à tous les genres, le cinéaste réalisa une vingtaine de films, parmi lesquels se distinguent particulièrement Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird, 1962), son chef-d’oeuvre, et L’Autre (The Other, 1972), une référence du genre fantastique-psychologique, une autre variation sur le thème du dédoublement de la personnalité qu’exploite Le Roi des imposteurs.

Le Roi des imposteurs donne à Tony Curtis, promoteur du projet, une belle occasion de démontrer, après son travestissement en Josephine pour Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot, Billy Wilder, 1958), sa capacité à nuancer son jeu dans un rôle protéiforme. Il est efficacement secondé par Karl Malden, immortalisé par deux films d’Elia Kazan, Un Tramway nommé désir (A Streetcar Named Desire, 1951) et Baby Doll (1956). On remarque aussi Raymond Massey, l’inquiétant Jonathan Brewster d’Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace, Frank Capra, 1942).

Le Roi des imposteurs, soigneusement mis en scène, bénéficie du talent du chef-opérateur de douze films d’Alfred Hitchcock, Robert Burks, Oscar de la meilleure photo pour La Main au collet (To Catch a Thief, 1955), mort à 58 ans dans l’incendie de sa maison.

Elephant Films prend une heureuse initiative en sortant simultanément Le Roi des imposteurs et L’Homme de Bornéo (The Spiral Road, 1962), deux films de Robert Mulligan encore inédits en vidéo, et en rééditant Le Rendez-vous de Septembre (Come September, 1961), depuis longtemps épuisé.

Le Roi des imposteurs

Généralités - 3,5 / 5

Le Roi des imposteurs (112 minutes) et ses suppléments (52 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, dans cette édition combo, en compagnie d’un DVD-9 dans boîtier un glissé dans un fourreau. Le test a été effectué sur le seul Blu-ray.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 2.0 mono.

Bonus - 3,5 / 5

Portrait de Robert Mulligan (23’, Elephant Films, 2021) par Jean-Pierre Dionnet (également en complément de L’Homme de Bornéo, et de Le Rendez-vous de septembre). Robert Mulligan fut « le plus méconnu des metteurs en scène américains des années 70 », peut-être parce qu’il a souvent changé de genre, parce qu’il n’écrivait pas ses scénarios, parce qu’il était très discret. Il a commencé par 35 téléfilms, des adaptations d’oeuvres littéraires. Désabusé, intéressé par l’enfance, prodigieux révélateur d’acteurs, il a donné leurs premiers grands rôles à Steve McQueen, Natalie Wood, Robert Redford, Richard Gere, Jennifer O’Neill et Reese Witherspoon. Jean-Pierre Dionnet passe rapidement en revue tous les films de Robert Mulligan, de Fear Strikes Out (1957) à Un été en Louisiane (1991), en passant par To Kill a Mockingbird (1962), son « film essentiel », et The Nickel Ride, le film de Mulligan qu’il préfère.

Analyse du film par Nachiketas Wignesan (22’, Elephant Films, 2021). Accoudé au zinc de L’Epicurianù, un bistrot du XIème arrondissement, l’enseignant et critique de cinéma voit dans Le Roi des imposteurs une comédie, mélangeant les genres, « plusieurs films en un, plusieurs vies en une », pour montrer que tout est possible en contournant les rigidités gouvernant les institutions. Un hymne à la liberté symbolisé par les scènes dans la prison dont Demara parvient à « repousser les murs ». Il y a aussi chez lui une « confusion entre liberté et enfermement ». Le « personnage tellement dingue et pourtant tellement vrai », tel que le décrivait Robert Mulligan, est rendu crédible par la mise en scène. Le Roi des imposteurs pourrait avoir influencé Catch Me If You Can et d’autres films de Steven Spielberg.

Le film par Jean-Pierre Dionnet (5’, Elephant Films, 2021). Film de mythomane, cousin de Catch Me If You Can de Steven Spielberg, tous deux inspirés par de vrais escrocs. Celui de Le Roi des imposteurs, un personnage enfantin, « occupe l’espace » et offre « un des plus jolis rôles à Tony Curtis ».

Bandes-annonces du film (2’) et de deux autres films de Robert Mulligan, Le Rendez-vous de Septembre (Come September, 1961) et L’Homme de Bornéo (The Spiral Road, 1962), simultanément édités.

Le Roi des imposteurs

Image - 3,5 / 5

L’image (2.0:1, 1080p, AVC), après une restauration qui a laissé échapper deux grosses taches circulaires à 41’38 et 41’45, propose un fin dégradé de gris. On peut toutefois reprocher un léger excès de lissage et des contrastes un peu trop faibles.

Son - 5,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 mono de la version originale, très propre, assure la clarté des dialogues, dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical guilleret de Henry Mancini, salué par quatre Oscars, notamment en 1982 pour Victor Victoria, la pétillante comédie de Blake Edwards.

Le doublage, au même format, avec des dialogues peu naturels placés trop en avant au point de parfois masquer l’ambiance, n’a pas été pris en compte pour l’attribution de la note.

Crédits images : © Universal International Pictures

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 30 avril 2021
Encore inédit en vidéo, voici un film injustement méconnu de Robert Mulligan. Inspiré d’une histoire vraie, il offre à Tony Curtis une magnifique opportunité de démontrer sa capacité à nuancer son jeu en se glissant dans la peau d’un personnage protéiforme.
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Guy
Le 31 mars 2021
C'est avec grand plaisir après environ 60 ans que j'ai revu ce film où Tony Curtis excelle, comme également dans "Certains l'aime chaud". L'image noir blanc est également excellente. Nous attendons toujours avec impatience une édition française de "L'Extravagant Mr Cory" également avec Tony Curtis, logiquement prévue par Studio Canal il y a environ 12 ans, mais qui a capoté pour de sombres raisons.

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