Les Pirates du métro (1974) : le test complet du Blu-ray

The Taking of Pelham One Two Three

Combo Blu-ray + DVD + DVD de bonus

Réalisé par Joseph Sargent
Avec Walter Matthau, Robert Shaw et Martin Balsam

Édité par Rimini Editions

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Le 13/05/2022
Critique

Un thriller persillé d’humour dans un New York à l’abandon, le chef-d’oeuvre impérissable d’un cinéaste oublié.

Les Pirates du métro

À New York, quatre hommes armés prennent en otage les 17 passagers d’une des voitures d’une rame du métro et demandent une rançon d’un million de dollars. Le lieutenant Zachary Garber, membre de la police du métro, est chargé de l’affaire.

Les Pirates du métro (The Taking of Pelham One Two Three), sorti en 1974, l’adaptation par Peter Stone (Charade, Stanley Donen, 1963) d’un bestseller publié en 1973 par Morton Freedgood sous le nom de plume de John Godey, est le film le plus connu de Joseph Sargent (Giuseppe Daniele Sorgente, pour l’état civil), ignoré par la plupart des historiens du cinéma parce qu’il a dédié l’essentiel de son activité à la réalisation de téléfilms et de séries, parmi lesquelles Des agents très spéciaux (The Man from U.N.C.L.E. , 1964-1968), Les Envahisseurs (The Invaders, 1967-1968)… Il a aussi réalisé une douzaine de films pour le grand écran, dont Le Cerveau d’acier (Colossus: The Forbin Project), primé en 1970 par l’Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films, et En plein cauchemar (Nightmare, 1983) qui vient d’être édité en vidéo.

Les deux remakes, un téléfilm de 1998 réalisé par Félix Enríquez Alcalá et L’Attaque du métro 123 (Taking of Pelham 1 2 3, Tony Scott, 2009) peuvent rester dans l’oubli dans lequel ils sont vite tombés.

Gesundheit! À vos souhaits !

Les Pirates du métro, entièrement tourné à New York, dans les rues, mais surtout dans une station de métro désaffectée, devenu le legs impérissable d’un cinéaste largement oublié, tient honorablement sa place à côté des meilleurs policiers américains des années 70 avec French Connection (William Friedkin, 1971), Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976) et deux films majeurs de Sidney Lumet, Serpico (1973) et Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon, 1975).

Les Pirates du métro

Les Pirates du métro tire grand profit de l’adaptation du roman par Peter Stone pour dérouler une action en temps réel et du montage efficace de Gerald B. Greenberg qui réussit à rythmer un récit où une place primordiale est accordée aux dialogues. Un autre impact du scénario et des dialogues est d’entretenir un réjouissant déséquilibre entre drame et comédie.

Les Pirates du métro doit aussi beaucoup à sa distribution, en tête de laquelle Walter Matthau noue avec une verve naturelle la cravate jaune de Zach Garber, le chef de la police du métro, tandis que le rôle de Mr. Blue est tenu par Robert Shaw (Deux hommes en fuite / Figures in a Landscape, Joseph Losey, 1970, et Les Dents de la mer / Jaws, Steven Spielberg, 1975), Mr. Green par Martin Balsam (12 hommes en colère / 12 Angry Men, Sidney Lumet, 1957), Mr. Grey par Hector Elizondo, surtout connu pour sa prestation dans Chicago Hope (1994-2000, 141 épisodes), une série sur un hôpital éclipsée par Urgences (ER, 1994-2009, 231 épisodes) et Mr. Brown par Earl Hindman, le moins connu de la bande, titulaire d’une cinquantaine de rôles secondaires, surtout pour la télévision.

À signaler également la contribution du chef-opérateur Owen Roizman, cinq fois nommé aux Oscars, notamment pour French Connection (William Friedkin, 1971), Network, main basse sur la TV (Network, Sidney Lumet, 1976) et Tootsie (Sydney Pollack, 1982), qui tire le meilleur parti du cinémascope dans l’espace exigu d’une voiture de métro, et de l’efficace partition jazzy de David Shire.

Les Pirates du métro, auquel Quentin Tarantino adressera un sympathique clin d’oeil en donnant en 1992 des noms de couleurs aux personnages de son premier long métrage, Reservoir Dogs, reste un des jalons du cinéma américain des années 70. Alors que l’édition DVD de 2002 par MGM ne contenait aucun bonus, le film nous est nous proposé par Rimini Éditions, pour la première fois en haute définition et, cette fois, complété par plus de deux heures de suppléments.

Les Pirates du métro

Généralités - 3,0 / 5

Les Pirates du métro (104 minutes) et ses généreux suppléments (133 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, en compagnie de deux DVD-9, l’un supportant le film, l’autre les suppléments, dans un digipack à trois volets, glissé dans un étui.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 2.0 mono (Dolby Digital 2.0 mono sur le DVD).

Bonus - 5,0 / 5

New York 1974 (44’, La Plume, Rimini Éditions, 2022). Jean-Baptiste Thoret souligne que, malgré le succès de The Taking of Pelham One Two Three, un film urbain emblématique du cinéma américain des années 70 qui rapporta 17 millions de dollars pour un coût de 4 millions, Joseph Sargent est un cinéaste peu connu, bien qu’il ait réalisé dans les années 70 Colossus et The Man, un téléfilm sorti dans les salles, et Les Bootleggers (White Lightning, 1973). Peter Stone a épuré le roman pour que le hold up soit montré en temps réel, avec « une mise en scène intégralement tournée vers l’efficacité et l’avancée du récit » et dont le réalisme est renforcé par la photographie d’Owen Roizman. Le récit est soutenu par la partition originale de David Shire pour cuivres et percussions, dans le style du jazz du New York des années 70. Peter Stone a modifié le scénario pour mettre en avant le personnage, secondaire dans le roman, de Walter Matthau qui apporte « gravité et légèreté » à un film où « le sérieux rattrape la comédie ».

Les Pirates du métro (29’, La Plume, Rimini Éditions, 2022). Franck Brissard, rédacteur en chef du site Homepopcorn.fr. rappelle que les droits d’adaptation du roman furent achetés par Palomar Pictures pour 500 000 dollars et passe en revue le scénario, les acteurs et les personnages, la musique, le montage, la photographie et les deux remakes.

12 minutes with Mr. Grey (12’, Kino Lorber, 2016). Toujours actif, le seul survivant des quatre bandits, Hector Elizondo évoque la violence et l’état d’abandon du New York des années 70, la station de métro désaffectée où se déroula le tournage, avec une rame miraculeusement épargnée par les graffiti, son personnage de vilain, les autres acteurs…

Un montage de premier plan (Cutting on Action, 9’, Kino Lorber, 2016). Gerald Greenberg se souvient que Joseph Sargent a passé peu de temps au montage effectué avec l’assistance de Robert Q. Lovett, des difficultés à surmonter, notamment pour simuler la vitesse d’un train qui ne pouvait dépasser les 16 kmh.

New York et le cinéma des années 70 (21’, La Plume, Rimini Éditions, 2022). Jean-Baptiste Thoret souligne le charme des films tournés à New York dans les années 70 (tels The French Connection, Taxi Driver, Dog Day Afternoon…), et le « plaisir documentaire » qu’ils procurent en nous montrant une ville « qui a complètement disparu (…) en chute libre (…) au bord de la faillite ». Les Pirates du métro emprunte aussi au film catastrophe, mais sans les clichés du genre, bien écrit, avec des dialogues de qualité. Il a une portée politique en illustrant la défiance vis-à vis des institutions. Les passagers, comme les quatre malfaiteurs, sont des habitants ordinaires, de New York, un choix qui renforce la dimension documentaire du film.

Le cas Joseph Sargent (9’). La Plume, Rimini Éditions, 2022) par Franck Brissard. Après une carrière d’acteur et une formation à l’Actors Studio, il réalise en 1959 son premier film, Street Fighter, et se consacre essentiellement à la télévision jusqu’en 2008. Mais il réalise, parallèlement, quelques films pour le grand écran ; le dernier sera Les Dents de la mer 4 : la revanche (Jaws: The Revenge, 1987).

The Sound of the City (94’, Kino Lorber, 2016). David Shire voulait une partition à l’image de New York, « chaotique, ordonnée et multiculturelle ». Il opta pour du jazz sur la gamme dodécaphonique pour des instruments au registre grave, comme le saxophone contrebasse, et des trompettes pour les aigus.

Avec quelques redites, ces suppléments proposent une bonne analyse du film et de son environnement.

Bande-annonce (2’32”).

Les Pirates du métro

Image - 4,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080p, AVC) est celle obtenue après la restauration opérée pour l’édition MGM sortie aux USA en 2011. Parfaitement nettoyée, lumineuse avec des couleurs éclatantes dans les rues de New York, plus sombre évidemment dans les souterrains du métro. La restauration n’a pas sacrifié le grain argentique au profit d’un gain de résolution, un choix respectueux qui, grâce à des contrastes fermes et des noirs denses, n’affecte pas la lisibilité des scènes les plus sombres, marquées par une dominante brune.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 mono (d’origine) assure une restitution claire des dialogues qui, dans ce film, occupent une place prépondérante. La dynamique et l’ouverture de la bande passante, notamment vers les aigus, rendent avec réalisme le cheminement de la rame de métro dans les souterrains.

Le doublage en français, au même format, peu naturel, a pour seul mérite d’exagérer la vulgarité des dialogues. Il n’a pas été pris en compte pour l’attribution de la note.

Crédits images : © United Artists, Palomar, Palladium

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 14 mai 2022
Les Pirates du métro, chef-d’œuvre d’un cinéaste injustement ignoré, reste un des jalons du cinéma américain des années 70. Alors que l’édition DVD de 2002 par MGM ne contenait aucun bonus, le film nous est nous proposé par Rimini Éditions, pour la première fois en haute définition et complété par plus de deux heures de suppléments.

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