MacArthur, le général rebelle (1977) : le test complet du Blu-ray

MacArthur

Réalisé par Joseph Sargent
Avec Gregory Peck, Ivan Bonar et Ward Costello

Édité par Elephant Films

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Le 22/09/2022
Critique

Film de guerre produit par Franck Mc Carthy pour Universal, doté d’un casting de stars et d’un gros budget.

MacArthur, le général rebelle

Un discours à l’école militaire de West Point (qu’il considère comme sa véritable demeure) est l’occasion pour le général américain Douglas MacArthur (1880-1964) de se remémorer sa vie. Vainqueur de la guerre contre l’armée japonaise aux Philippines durant la Seconde guerre mondiale puis gouverneur militaire (1945-1950) du Japon sous occupation américaine, enfin à nouveau général combattant durant la guerre de Corée (1950-1953) où il s’oppose au président Truman concernant la stratégie. Auréolé d’une grande popularité, MacArthur fut candidat malheureux à l’élection présidentielle américaine en 1948. Il était convaincu que Dieu lui avait donné pour mission de défendre la liberté et de vaincre le communisme : mission qu’il accomplit brillamment lors de sa victoire d’Incheon en Corée.

MacArthur le général rebelle (MacArthur, USA 1977) de Joseph Sargent est une production à mi-chemin entre téléfilm gonflé et film de cinéma. Dotée d’assez gros moyens par la Universal, tournée en écran large, en partie en Corée du Sud et avec le concours de l’armée américaine, d’un casting de stars et d’une solide mise en scène, son titre français d’exploitation d’époque est à double sens. MacArthur n’est nullement rebelle envers les valeurs qu’il défend : Dieu, l’armée et les USA. Il est rebelle, à l’occasion, envers les présidents américains Roosevelt et Truman qu’il juge incapables de défendre correctement la constitution : ainsi, il s’oppose à Truman pendant la guerre de Corée. Truman la considère comme une large opération de police alors que MacArthur la considère comme une guerre avec la Chine communiste de Mao.

MacArthur, le général rebelle

Évidemment, on songe immédiatement, lorsqu’on visionne ce film, au Patton (USA 1972) de Franklin J. Schaffner : même démesure, même énergie indomptable, même rigueur du personnage historique principal. Dans les deux cas, il s’agit de films de propagande dont Frank McCarthy fut le commun producteur - Frank McCarthy était un ancien général qui avait travaillé sous les ordres du général Patton : il produisait donc en connaissance de cause des films sur les généraux de la Seconde guerre mondiale - en faveur de l’armée et contre les hommes politiques incapables d’appréhender dans son essence le phénomène de la guerre. MacArthur est, dans cet esprit, d’autant plus à l’aise pour réclamer publiquement la suppression de la guerre qu’il prétend la connaître mieux que d’autres. Inversement, par pur pragmatisme militaire, il refuse une victoire trop écrasante à l’encontre du Japon, conscient que le Japon sera un allié du monde libre contre le communisme en Asie.

Davantage qu’une biographie visuelle sélective, MacArthur est une hagiographie militariste sincère qui, dans le contexte de l’époque de sa production, est tout autant « réactionnaire » que l’était Patton. Les scènes d’action sont efficaces, leur niveau de violence graphique parfois assez élevé mais la mise en scène de Sargent est moins ample que celle de Schaffner, plus intimiste, peut-être à cause du scénario qui visait davantage la télévision et la vidéo que le cinéma en privilégiant des plans de demi-ensemble. La musique de Jerry Goldsmith est ici impersonnelle, fonctionnelle, sans saveur. La photo de Mario Tosi est identiquement fonctionnelle : elle est à la pointe de la technique photographique de l’époque mais sans personnalité particulière. Des acteurs aussi étonnants que Dan O’Herlihy ou aussi solides que le vétéran Kenneth Tobey sont noyés dans une masse homogène destinée à faire ressortir par contraste la personnalité du héros.

MacArthur, le général rebelle

Un mot sur l’acteur principal Gregory Peck : on a l’impression, par moments, en le voyant jouer ce rôle, qu’il se prépare en 1977 à jouer le rôle de Mengele dans Ces garçons qui venaient du Brésil (The Boys From Brazil, USA 1978) de Franklin J. Schaffner. C’est une impression rétroactive qui est évidemment fausse puisque, sur le plan de l’histoire du cinéma, c’est l’inverse qui est vrai. Ce rôle de MacArthur l’a néanmoins certainement de facto préparé, par moment, à celui qu’il allait tenir l’année suivante. Je pense à certains dialogues du personnage, à certaines expressions du visage, à une virulence parfois assez démentielle du discours adressé aux soldats : rien que pour ce lien avec le titre de Schaffner de 1978, il est intéressant de posséder ce film de Sargent de 1977 dans sa vidéothèque. C’est en effet bien dans le titre de 1978 que l’acteur tient son dernier grand rôle, pas dans ce film de Sargent de 1977 où il est cependant, comme d’habitude, très bon.

En 1977, Joseph Sargent (1925-2014) était partagé, comme il l’avait pratiquement toujours été depuis le début de sa carrière vers 1960, entre production cinéma et production TV. Il a parfois manifesté une certaine personnalité, notamment à l’occasion de ses quelques rares films fantastiques (Le Cerveau d’acier en 1969 qui avait eu les honneurs de la Cinémathèque française du Palais de Chaillot et En plein cauchemar en 1983 qui avait eu ceux des salles de boulevards parisiennes). Mac Arthur s’avère assurément moins personnel mais c’est un film de guerre où Sargent domine aisément et intelligemment les assez gros moyens mis à sa disposition sans négliger le portrait psychologique et sociologique des protagonistes.

MacArthur, le général rebelle

Généralités - 1,0 / 5

1 Blu-ray BD50 régions ABC édité par Elephant Films le 02 mars 2022. Durée film : 130 min. Image couleurs au format 1.85 compatible 16 / 9. Son : DTS-HD Master Audio VOSTF et VF d’époque 2.0 mono. Suppléments : présentation par Florent Fourcart + bande-annonce + bandes-annonces de la collection.

Bonus - 2,5 / 5

Présentation du film par Florent Fourcart (30’ environ) : illustrée d’extraits du film (par-dessus lesquels le présentateur parle mais pas toujours) elle paraphrase la vie du général et donc le film lui-même durant d’assez nombreuses minutes mais se rattrape ensuite en délivrant des informations intéressantes, notamment sur le producteur McCarthy (qui n’a pas de lien de parenté avec le célèbre sénateur du même nom). J’émets des réserves, en revanche, concernant la segmentation de l’histoire du film de guerre américain sur laquelle s’étend de longues minutes le présentateur : il n’y a pas à mes yeux davantage ou moins de réalisme à telle ou telle époque, dans le cinéma de guerre américain. La guerre du Viêt-Nam ne marque pas non plus une étape particulière dans l’histoire du genre contrairement à ce que la plupart des journalistes actuels pensent : les autres guerres ont donné lieu, tout comme celle-là, à une filmographie tout aussi variée, pro comme contra. S’il en fallait une preuve, je renvoie à mon livre Flammes sur l’Indochine - les classiques du cinéma de la guerre du Viêt-Nam (éditions Ovadia, Nice 2019).

Bande-annonce du film : c’est une bande-annonce originale VOSTF malheureusement recadrée 1.37 (compatible 16/9 cependant) et en état argentique est moyen. Son montage est dynamique et donne une bonne idée du long-métrage de référence.

Bandes annonces de titres édités par Eléphant Films : celles de Pour qui sonne le glas (USA 1943) de Sam Wood, Les Cinq secrets du désert (Fives Graves To Cairo, USA 1943) de Billy Wilder sont des bandes-annonces originales dont l’état argentique et numérique est inférieur à celui des versions restaurées des longs-métrages de référence mais qui ont valeur de document d’histoire du cinéma ; Les Anges de l’enfer (USA 1930) de Howard Hughes et Fear and Desire (USA 1953) de Stanley Kubrick sont des bandes-annonces contemporaines montées à partir des masters restaurés édités par Eléphant.

MacArthur, le général rebelle

Image - 4,5 / 5

Format 1.85 couleurs compatible 16/9. Copie argentique restaurée, au master numérique doté d’une bonne définition, d’un bon contraste, d’une bonne gestion des noirs. Un ou deux plans un peu endommagés (par exemple l’émulsion du premier plan du générique d’ouverture, juste après le logo Universal d’époque) mais le reste est en très bon état.

Son - 5,0 / 5

DTS-HD Master Audio VOSTF et VF d’époque 2.0 mono : offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. Piste son bien nettoyée : VOSTF plus dynamique et nette que la VF d’époque, comme souvent. Excellent doublage sur le plan dramaturgique.

Crédits images : © Universal Pictures

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
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francis moury
Le 23 septembre 2022
Film de guerre bien informé car produit par l'ancien général Franck Mc Carthy pour Universal, doté d’un casting de stars et d’un gros budget.

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