Le Piège (Tourist Trap) (1979) : le test complet du Blu-ray

Tourist Trap

Réalisé par David Schmoeller
Avec Chuck Connors, Jocelyn Jones et Jon Van Ness

Édité par Carlotta Films

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Le 03/08/2022
Critique

Assez bonne série B fantastique, au scénario impersonnel mais bien réalisé, produit par le prolifique Charles Band.

Le Piège (Tourist Trap)

USA, Californie 1978 : des jeunes gens en vacances, à la recherche de leur compagnon disparu, empruntent par mégarde une route abandonnée et pénètrent sur le domaine nommé « Oasis perdue ». Ils sont accueillis par l’étrange monsieur Slausen, directeur d’un inquiétant musée de mannequins ; certains sont recouverts d’une cire semblable à la peau humaine. Il est situé à côté d’un joli lac (peuplé de serpents) et d’une vaste demeure (dans laquelle personne n’habite plus depuis longtemps). Il est aisé de s’y perdre ; il l’est beaucoup moins d’en sortir vivant.

Le Piège (Tourist Trap, USA 1978) de David Schmoeller est une des rares productions de Charles Band (le fils du cinéaste Albert Band) a être arrivée sur nos écrans français. On le constate lorsqu’on examine sa très ample filmographie fantastique constituée d’environ 350 séries B, C et D produites de 1973 à nos jours ! Le nom du distributeur Irwin Yablans à son générique d’ouverture était alors un gage de qualité beaucoup plus évident puisque Yablans (qu’il ne faut pas confondre avec son frère Frank Yablans, producteur exécutif à la MGM / UA durant la période 1980-1985) venait de remporter un grand succès en distribuant Halloween - La nuit des masques (Halloween, USA 1978) de John Carpenter. C’est d’ailleurs lui que le scénariste David Schmoeller envisageait comme réalisateur mais le producteur et co-scénariste J. Larry Carroll, pour diverses raisons financières et d’organisation, confia finalement aussi à Schmoeller la charge de la réalisation. Irwin Yablans et Charles Band seront associés sur quelques titres vers 1985 au sein de la firme Empire Pictures avant que Band ne fonde, plus tard, Full Moon Pictures.

Tourné en 25 jours, avec un petit budget (aux normes américaines : tout de même 800 000 US$), Le Piège (Tourist Trap) - il vaut mieux systématiquement ajouter le titre original américain entre parenthèses après le titre français d’exploitation, afin d’éviter toute confusion avec certains titres homonymes français d’exploitation tels que Le Piège (The MacKintosh Man, USA-GB 1973) de John Huston - est sans grande originalité autre que ponctuelle ; c’est en réalité une variation constituée d’allusions évidentes (parfois délivrées par le dialogue, parfois incarnées dans des personnages et des situations) à divers films fantastiques antérieurs signés Alfred Hitchcock (1960), Tobe Hooper (1974), Brian de Palma (1976). Contrairement à ce qu’on lit parfois, son thème principal n’est pas celui, classique dans l’histoire du cinéma fantastique, du musée de cire mais plutôt une sorte d’alliage entre ce thème (même si la majorité des être inanimés vus dans le film sont non pas des figures de cire représentant un personnage historique mais de simples mannequins) et celui de la double-personnalité pathologique au point d’être criminelle.

Pourquoi Le Piège (Tourist Trap) est-il devenu un relatif « film-culte » aux USA ? Peut-être en raison même de cet aspect référentiel qui, avec le temps, a déteint et comme mécaniquement rebondi sur lui : ce film qui était constitué de références est, à son tour, devenu référentiel. Certes doté d’une mise en scène soignée, bénéficiant d’une interprétation correcte et d’une belle photographie signée par Nicholas von Sternberg (le fils du cinéaste Josef von Sternberg), il demeure impersonnel. Son titre original repose d’ailleurs sur une ambivalence sémantique significative de cette impersonnalité : l’expression Tourist Trap désigne un établissement offrant des produits et des services si variés aux touristes qu’ils ne peuvent qu’y dépenser leur argent. C’est un principe rigoureusement similaire qui a présidé à l’écriture de son scénario et à la conception de sa mise en scène.

Le Piège (Tourist Trap)

Généralités - 3,0 / 5

1 Blu-ray BD25 édité par Carlotta Films, Midnight Collection, le 19 juillet 2022. Image Full HD 1080 / 23.98p couleurs au format original 1.85 nominal (1.78 réel) compatible 16/9. Son DTS-HD Master Audio 1.0 Mono VOSTF et VF d’époque. Durée du film sur Blu-ray : 90 min. environ. Supplément : bande-annonce originale. La mention inscrite au verso du boîtier « visible pour la première fois (en France, sous entendu) en version intégrale en Blu-ray » appelle quelques remarques : Schmoeller a écrit à plusieurs reprises qu’il n’y a jamais eu de « director’s cut » contenant de nouvelles séquences inédites. Très curieusement, sur la première édition Full Moon américaine Blu-ray de 2014, il manquait environ 5 minutes, ce qui a donné lieu à des années de controverses sur internet entre le producteur Charles Band et lui. Certains sites internet américains comparèrent alors les anciennes éditions DVD japonaises et allemandes contenant la version complète au Blu-ray américain lacunaire, captures à l’appui, minutant les différences qui concernaient surtout des séquences de transition. Cette controverse fut finalement résolue par l’arrivée, en 2021, d’une seconde édition Full Moon, utilisant l’ancien master et quelques autres sources afin de restituer les quelques minutes autrefois amputée de l’édition 2014.

Bonus - 0,5 / 5

Bande-annonce originale (1978, VOSTF, durée 2’ environ) : état argentique médiocre mais montage donnant une bonne idée du film.

Le cinéphile qui voudrait aller plus loin qu’une simple bande-annonce pourra, s’il est anglophone, se reporter en matière de bonus aux éditions Blu-ray américaine Full Moon de 2014 et de 2021. On y trouve un commentaire audio du réalisateur et scénariste, une galerie affiches, photos et matériel promotionnel, un documentaire sur le tournage. Attention, l’ancienne édition Full Moon de 2014 est, en revanche, obsolète concernant la durée du film : elle a été remplacée en 2021 par une nouvelle édition Full Moon « uncut » qui comporte la version intégrale du film en augmentant sa durée de 85 à 90 min. C’est cette même version intégrale éditée aux USA en 2021 qui est bien sûr reportée sur ce Blu-ray français Carlotta.

Le Piège (Tourist Trap)

Image - 3,0 / 5

Format 1.85 nominal (réellement plus proche du 1.78, comme l’édition américaine) en couleurs et compatible 16/9, en Full HD 1080p AVC. Copie argentique en assez bon état, sauf quelques plans médiocrement préservés (par exemple le dernier). Transfert vidéo effectué à partir de sources variées : le premier Blu-ray américain Full Moon de 2014 comme le second de 2021 (ce dernier ayant servi de source à ce master Carlotta) souffrent de ce défaut car il n’y a pas eu de restauration à partir du négatif, de toute évidence, mais à partir de plusieurs sources distinctes, en état fondamentalement inégal. Les noirs n’ont pas la même densité ni la même régularité selon les diverses sources. Le directeur photo Nicholas von Sternberg (fils du cinéaste Josef von Sternberg) signait une image argentique régulièrement très belle : elle mériterait une remastérisation d’un niveau supérieur à celui-ci. Reste que, en l’état actuel, c’est la meilleure image disponible en France.

Son - 4,0 / 5

VOSTF + VF d’époque en DTS-HD Master Audio 1.0. : offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. La VOSTF est dotée d’un équilibrage correct entre effets sonores, dialogues et musique, mais sans plus. La VF d’époque est fonctionnelle et dramaturgiquement sympathique. Musique signée Pino Donaggio, un des bons compositeurs du genre à cette période, mais dont la partition est ici décevante, notamment celle du générique d’ouverture : son distributeur Irwin Yablans ne l’aimait d’ailleurs pas (Yablans aurait préféré une musique à base de synthétiseurs, du style de celle que John Carpenter venait de composer la même année).

Crédits images : © Charles Band Productions

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
Avis

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francis moury
Le 4 août 2022
Assez bonne série B fantastique, au scénario impersonnel mais bien réalisé, produit par le prolifique Charles Band.

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