Inch'Allah dimanche (2001) : le test complet du DVD

Réalisé par Yamina Benguigui
Avec Fejria Deliba, Zinedine Soualem et Marie-France Pisier

Édité par Sony Pictures

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Le 26/01/2003
Critique

De nombreux Algériens, seuls des hommes, sont venus en France combler un manque de main d’oeuvre, après la seconde guerre mondiale ; en 1974, l’immigration est stoppée, sauf celle justifiée par le regroupement familial.

C’est dans ce contexte que Zouira, accompagnée de ses trois enfants et de sa belle-mère, quitte l’Algérie et sa mère, pour rejoindre un mari avec lequel elle a très peu vécu, parce qu’il travaille depuis dix ans à Saint Quentin, en Picardie.

Elle vit maintenant dans un pays dont elle ne connaît rien, cloîtrée dans la maison sous l’autorité d’une belle-mère tyrannique et d’un mari maladroit et brutal. De plus, elle est confrontée à l’hostilité des voisins.

A l’approche de la fête de l’Aïd, dans un effort désespéré pour retrouver ses racines et en cachette de son mari, elle se réfugie après d’une mère de famille algérienne, habitant la même commune. Loin de trouver là un peu du réconfort espéré, elle est chassée par cette femme qui, pourtant, éprouve les mêmes difficultés qu’elle. Mais voilà : aucune révolte ne peut être tolérée, seule la soumission silencieuse est de mise…

Coup d’essai, coup de maître ! Après « Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin », un intéressant documentaire de 160 minutes réalisé en 1998, Yamina Benguigui, née à Lille en 1957, signe là son premier long métrage, centré sur le personnage de Zouina, remarquablement interprété par Fejria Deliba. Elle nous montre avec pudeur quel déchirement ont ressenti ces femmes qui ont dû quitter leurs proches, leur pays et leur culture, pour se retrouver dans un pays lointain, dont elles ignoraient la langue et les coutumes, obligées désormais de partager l’intimité d’un mari qu’elles connaissaient à peine.

Les valises sont partout dans la maison : c’est le signe que l’immigration ne peut être que transitoire, avant un prochain retour au pays. Pourtant, le temps passe inexorablement, érodant peu à peu l’illusion du retour…

Ce beau film, évocation émouvante du drame de l’immigration vécu par les femmes maghrébines, a obtenu au festival du film féminin d’Arcachon de 2001, le prix du meilleur film et le prix du public et le prix de la meilleure interprétation féminine revenant à Fejria Deliba ; et, aussi, la même année, le grand prix à Marrakech et le prix de la critique internationale à Toronto. Il faut saluer également l’excellente prestation de Rabia Mokeddem, la belle-mère, et de Zinedine Soualem, le mari.

Généralités - 4,0 / 5

Bonne qualité de l’image et du son. Suppléments généreux, dont certains sont particulièrement intéressants (les deux courts métrages et les entretiens « A nos mères »).

Les menus sont sobres avec un graphisme blanc arabisant sur dégradé de bleu. Images animés pour le menu principal et fixes pour les autres. Navigation facile avec la première lettre de l’élément sélectionné qui apparaît en noir.

Découpage en 12 chapitres repérés par un titre et une image fixe. Les sous-titres partiels pour les dialogues en langue arabe peuvent être supprimés ou réactivés à la volée, comme nous l’indique un insert, au lancement du film.

La sérigraphie du disque reprend le portrait de Fejria Deliba qui orne le boîtier keep-case. Toutes les information utiles figurent au dos du boîtier.

Bonus - 4,5 / 5

Les commentaires de la réalisatrice et du directeur de casting resituent les scènes dans leur contexte historique et sociologique et livrent quelques anecdotes de tournage. Intéressant.

Le making of (16’55”, 4/3) est précédé d’une introduction de la réalisatrice (1’50”) ; tourné par les élèves de l’ancien lycée de Yamina Benguigui, c’est un regard empreint de sympathie sur un tournage décontracté ; il est complété par une série de photos de plateau.

Fin alternative : « Le mouton » (27 », 4/3), où l’on voit, après une introduction de la réalisatrice (2’14”), le mouton de l’Aïd, juste entraperçu à la fin du film, dévaster le jardin obsessionnellement entretenu par les voisins irascibles et ruiner ainsi leurs espoirs de remporter le premier prix des jardins fleuris !

Très bonne idée que de nous offrir aussi les deux courts métrages de Yamina Benguigui, commandés par Canal+. Tout d’abord, La télévision, une compagne bruyante pour une solitude muette (13’11”, 4/3), tourné en 1999, nous montre après une courte introduction (1’56”), la place éminente du petit écran dans la vie des émigrés, qui les rapproche du pays et leur « fait voir le monde ».
Puis Pimprenelle (1’25”, 1.66, après intro de 1’25”) : la fée qu’on attend pour distraire les enfants à un goûter d’anniversaire, loin d’avoir la tête blonde imaginée par toutes les mères, jette un froid en arborant fièrement sa foisonnante chevelure noire de beurette ; ce court métrage était l’un des douze sketches du recueil sur le racisme intitulé Pas d’histoires (2001).

A nos mères (22’25”, 4/3) : l’entretien avec la réalisatrice et les deux principaux acteurs, Fejria Deliba et Zinedine Soualem nous fait comprendre combien a pu être douloureux le déracinement de leur mère qui, sans préparation, a dû tout abandonner et combien la vie en couple a dû être difficile, après une si longue séparation, alors que l’espoir d’un retour au pays allait s’amenuisant au fur et à mesure que le temps passait…

Une bande-annonce (1’56”, VOST).

Galerie de photos (5’16”, 4/3), une bonne centaine, prises en Algérie, là où commence le film, et à Saint Quentin.

Image - 4,0 / 5

Une image assez propre, avec un étalonnage soigneux des couleurs, qui restitue avec finesse les éclairages changeants du ciel de Picardie.

Son - 3,5 / 5

Le son Dolby Digital Surround, un peu mat, est cohérent et assez fin ; il offre une certaine profondeur qui met en valeur la musique originale agréable de Théodore Shapiro et une bonne qualité d’enregistrement des bruits d’ambiance.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S

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