Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 3, vol. 1, épisodes 1 à 15 (1964) : le test complet du DVD

The Alfred Hitchcock Hour

Réalisé par Arnold Laven
Avec Alfred Hitchcock, Peter Fonda et John Cassavetes

Édité par Elephant Films

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Le 02/11/2018
Critique

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 3, vol. 1

Ces 3 dernières saisons de 1962 à 1965 sont nommées Alfred Hitchcock présente : les Inédits (The Alfred Hitchcock Hour) en raison de la durée d’une heure des 93 téléfilms qui la composent (concernant leur appellation américaine), en raison aussi du fait que la très grands majorité de ces histoires était inédite en France jusqu’à présent. L’ensemble est passionnant, historiquement comme esthétiquement.

Voici la critique de l’intégralité des 16 premiers épisodes de cette saison 3.

Ils sont édités dans leur ordre chronologique de présentation télévisée, ce qui donne à l’ensemble une remarquable valeur d’histoire du cinéma.

Précisons à nouveau que certains titres (peu nombreux) ne sont pas inédits puisqu’ils sont dotés d’une VF d’époque et d’un titre d’exploitation TV français, ce dernier étant mentionné, lorsqu’il existe, avant le titre original américain. Mais il s’agit, encore une fois, d’une infime minorité de titres. La majorité, à savoir les titres présentés seulement en VOSTF, était bel et bien inédite chez nous. Le n° de la saison précède le n° de l’épisode, suivi de son titre américain [de son titre français entre crochets lorsqu’il fut télédiffusé chez nous], des noms du réalisateur, du scénariste et / ou de l’écrivain adapté, celui des vedettes masculines et féminines, suivis d’une notice historique et critique.

SAISON 3, VOLUME 1 (octobre 1964 à février 1965)

3.01 - Return of Verge Likens (5 octobre 1964 VOSTF) de Arnold Laven, scénario de James Bridges d’après une nouvelle de David Grubb, avec Peter Fonda, Robert Emhardt, George Lyndsey, Nydia Westman, etc. Un notable d’une petite ville du Sud des USA abat en légitime défense (contestée) le père d’un fermier qui décide de venger son père d’une manière sophistiquée. Le cinéaste Arnold Laven est surtout connu pour The Monster That Challenged the World [Le Monstre du lac salé / Le Secret du lac salé] (1957) mais il a été impliqué dans de nombreux films et téléfilms de tous les genres. David Grubb est l’auteur du roman original La Nuit du chasseur mis en scène au cinéma en 1955 par Charles Laugthon : à qui, du scénariste James Bridges ou de l’auteur adapté, doit-on cette sociologie (y compris juridique) savoureuse qu’aurait certainement appréciée Alexis de Tocqueville ? L’acteur Peter Fonda ici très jeune, n’est pas encore le représentant de la contre-culture hippie des années 1965-1970 : il est excellent dans un rôle sudiste, forcément un peu faulknérien. Robert Emhardt a joué plusieurs fois dans la série mais aussi dans des films aussi divers et bons que 3H10 pour Yuma (1957), The Intruder (1962), It’s Alive [Le Monstre est vivant] (1974). On y entrevoit aussi, durant une séquence au début, la belle Cathie Merchant (The Haunted Palace [La Malédiction d’Arkham] (1963)).

3.02 - Change of Address (VOSTF) de David Friedkin, scénario de M.S. Fine et D. Friedkin d’après une histoire de Andrew Benedict, avec Arthur Kennedy, Phyllis Thaxter, Royal Dano, Tisha Sterling, Michael Blodgett, etc. Un homme aisé et dans la force de l’âge s’installe avec son épouse dans une belle villa dominant une plage fréquentée par une jeunesse facile et insouciante mais… l’épouse n’aime pas la maison. La suite donnera doublement raison à l’épouse. Ne pas confondre les réalisateurs David Friedkin et William Friedkin : celui-ci est un homme de cinéma, celui-là un homme de télévision. Mais William, on le verra, a participé comme cinéaste à cette série. Bon épisode, au suspense constant, excellente interprétation du couple principal, notamment de Arthur Kennedy, retournement inattendu et, enfin, une peinture de deux générations, ce qui lui confère un arrière-plan sociologique ayant valeur documentaire.

3.03 - Water’s Edge (VOSTF) de Bernard Girard, scénario de Alfred Hayes d’après une histoire de Robert Bloch, avec Anne Sothern, John Cassavettes, James Brown, Rayford Barnes, etc. Un détenu tente d’apprendre de son compagnon de cellule où il a caché l’argent d’un hold-up. Avant de mourir, ce dernier lui parle de son épouse (qu’il décrit comme une créature de rêve) et le met sur une piste sérieuse. Le détenu libéré et l’épouse intéressée finissent par comprendre que le trésor est caché près du corps d’un ancien complice… désormais gardé par des dizaines de rats. Cruel, bien écrit, suspense constant, bien réalisé mais le dernier tiers utilise mécaniquement la terreur animale et les plans de coupe des rats sont répétitifs. Les deux interprètes principaux sont excellents, notamment Ann Sothern, assez étonnante alors que Cassavettes est fidèle à son jeu énergique habituel.

3.04 - The Life Work of Juan Diaz (VOSTF) de Norman Lloyd, scénario de Ray Bradbury d’après son histoire, avec Frank Silvera, Pina Pellicer, Alejandro Rey, Valentin de Vargas, Alex Montoya, etc. Un fossoyeur mexicain prétend régenter les morts qui composent son cimetière, exploitant certains d’entre eux sous la forme de momies. La veuve de l’un d’eux se rebelle contre son commerce d’une manière originale. L’un des rares épisodes où il n’y ait pas de meurtre mais qui repose sur un curieux rapport nécrophile (momies, nécrosadisme suggéré, exhumation) qui aurait intéressé Mario Bava. L’écrivain Ray Bradbury n’a pas écrit que de la SF, il a aussi donné des nouvelles fantastiques, d’horreur et d’épouvante ou même ce curieux conte moral macabre ainsi que le définit assez bien le dossier de presse du coffret. Certaines furent traduites en français dans l’anthologie Robert Bloch et Ray Bradbury, Aux portes de l’épouvante, Bibliothèque Marabout, section Fantastique, éditions Gérard & Cie, Verviers, Belgique 1970. Celle-ci évoque un peu son histoire Le Manipulateur parue justement dans cette anthologie mais ici transposée au Mexique, et beaucoup moins atroce. L’intérêt macabre pour les momies est, peut-être, un clin d’oeil de plus à Psychose. La sensible et belle Pina Pellicer avait été la vedette du génial western mis en scène par Marlon Brando : Vengeance aux deux visages (1960). Frank Silvera avait été l’impressionnant patron du bar à hôtesses dans Le Baiser du tueur (1955) de Stanley Kubrick. Trois des interprètes principaux sont morts prématurément, par une sinistre coïncidence.

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3.05 - See the Monkey Dance (VOSTF) de Joseph M. Newman, scénario de Lewis Davidson d’après son histoire, avec Efrem Zimbalist Jr., Roddy McDowall, Patricia Medina, George Pelling, etc. Un jeune financier se réjouit de prendre le train qui va l’amener dans la caravane où il retrouve régulièrement sa maîtresse, une femme mariée. Son compagnon de compartiment va lui gâcher non seulement le trajet mais aussi le séjour. Invraisemblable, artificiel mais d’une cruauté raffinée, qui fait presque allusion, parfois, au cours du dialogue dans le train, à la philosophie du langage de l’empirisme logique anglais et américain contemporain. Les deux acteurs principaux sont remarquables mais Patricia Medina est, hélas, sous-employé.

3.06 - Lonely Place (VOSTF) de Harvey Hart, scénario de Francis Gwaltney d’après une histoire de C.B. Gilford, avec Theresa Wright, Bruce Dern, Pat Buttram. Un agriculteur engage un saisonnier pour l’aider à récolter ses pêches. L’épouse juge très inquiétant le nouveau-venu pour plusieurs raisons. Huis-clos rural au ton faulknérien et au renversement final très bien amené. Theresa Wright, étonnante de vérité, avait été la vedette féminine de L’Ombre d’un doute (1943) que l’historien Georges Sadoul considérait comme le meilleur film de la période américaine d’Hitchcock. Sur Bruce Dern, voir ma remarque historique sur l’épisode 2.15. Pat Buttram extraordinaire dans le rôle d’un lâche égoïste qui se méprise. Le cinéaste Harvey Hart a dirigé 5 épisodes de The Alfred Hitchcock Hour et ceux de nombreuses autres séries TV des années 1960 et 1970.

3.07 - The McGregor Affair (VOSTF) de David Friedkin, scénario de M.S. Fine et D. Friedkin, avec Elsa Lanchester, Andrew Duggan, William Smith, John Hoyt, etc.. Une mini-version de l’affaire Burke et Hare, en 1827 à Edimbourg (Ecosse, Royaume-Uni) mais vécue du point de vue d’un acolyte et non pas de ses protagonistes principaux : habile modification ! Elle avait été l’objet du Body Snatcher [Récupérateurs de cadavres] (1945) de Robert Wise, du The Flesh and the Fiends [L’Impasse aux violences] (1959) de John Gilling et de bien d’autres versions plus ou moins réussies dont une réalisée par Freddie Francis. Elsa Lanchester, ici assez étonnante en alcoolique écossaise, était l’épouse de Charles Laughton et avait joué le double rôle de Mary Shelley et de la créature féminine dans La Fiancée de Frankenstein (1935). David Friedkin et M.S. Fine sont cinéphiles : ils récupèrent sinon les cadavres, du moins les classiques du cinéma fantastique pour les adapter dans un cadre TV. Episode indispensable, en tout cas, à l’amoureux de l’histoire du cinéma fantastique.

3.08 - Misadventure (VOSTF) de Joseph M. Newman, scénario de Lewis Davidson, avec Lola Albright, Barry Nelson, George Kennedy, Michael Bregan, etc. Un curieux employé du gaz se présente au domicile d’une jolie blonde qui attend son amant d’une minute à l’autre. Scénario invraisemblable et suspense prévisible mais l’ensemble est souvent drôle, à défaut d’être inquiétant. Lola Albright avait joué la même année aux côtés d’Alain Delon dans Les Félins de René Clément ; elle est aussi belle mais bien mieux employée ici. Sur George Kennedy, très drôle dans le rôle d’un imbécile égoïste, voir ma notice nécrologique bio-filmographique parue sur Digital ciné en 2016.

3.09 - Triumph (VOSTF) de Harvey Hart, scénario de Harvey Hart d’après une histoire de Robert Branson, avec Ed Begley, Jeanette Nolan, Maggie Pierce, Tom Simcox, etc. L’action se déroule non pas aux USA contemporaines mais… en Inde chez un couple de missionnaires protestants qui vont bientôt recevoir la visite d’un autre couple de missionnaires. Elle aura des conséquences inattendues. Jeanette Nolan avait débuté sa carrière cinéma en jouant Lady Macbeth dans le Macbeth (1948) d’Orson Welles : elle tourna ensuite presque 200 films et téléfilms à Hollywood. Maggie Pierce avait joué aux côtés de Vincent Price dans le sketch Morella du beau Tales of Terror [L’Empire de la terreur] (1962) de Roger Corman. Ed Begley joua aussi bien pour Robert Wise dans Odds Against Tomorrow [Le Coup de l’escalier] (1959) que pour Ted Post dans Pendez-les haut et court (1968). Tom Simcox joue aussi bien ici que dans l’épisode 3.28 examiné un peu plus bas. Au physique, il ressemblait étant jeune à l’acteur Stephen Boyd. Il tourna ensuite près de 70 films et téléfilms, dont, en 1965, peu de temps après cet épisode, dans le western d’Andrew McLaglen, Shenandoah [Les Prairies de l’honneur].

3.10 - Memo from Purgatory (VOSTF) de Joseph Pevney, scénario de Harlan Ellison d’après son histoire The Gang parue dans son livre Memo From Purgatory, avec James Caan, Lynn Loring, Tony Musante, Walter Koenig, etc. Un écrivain qui veut écrire sur la délinquance juvénile infiltre un gang de jeunes criminels… à ses risques et périls. Tiré d’un livre autobiographique d’Harlan Ellison, l’auteur de la nouvelle Soldier of Tomorrow qui a inspiré James Cameron pour le scénario de Terminator (1985) au point que Ellison a gagné son procès et que son nom figure désormais au générique du film. On le connaissait en France dès les années 1970 pour son recueil de nouvelles, Ainsi sera-t-il, Bibliothèque Marabout, série Science-Fiction. Excellente mise en scène de Pevney, musique signée Lalo Schifrin et, surtout, casting passionnant. James Caan très jeune, déjà excellent acteur avant que ses deux rôles pour Howard Hawks (Ligne rouge 7000 et El Dorado) ne confirment son talent. Tony Musante jouera par la suite pour Richard Fleischer, Robert Aldrich, Larry Peerce et Dario Argento. Premier rôle de Zalman King (acteur et ensuite cinéaste impliqué dans l’érotisme). Lynn Loring (actrice majoritairement TV entre 1950 et 1975, devenue productrice) sera en 1969 la belle épouse de l’astronaute héros de Danger : planète inconnue. Walter Koenig qui joue (très bien) le chef du gang sera un des acteurs fétiches de la série cinéma Star Treck à partir de 1979.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 3, vol. 1


3.11 - Consider Her Ways (VOSTF) de Robert Stevens, scénario de Oscar Millard d’après une histoire de John Wyndham, avec Barbara Barrie, Gladis Cooper, Robert H. Harris, Gene Lyons, etc. Une jeune femme fait un cauchemar… une société féminine future dans laquelle elle serait une mère porteuse d’un nouveau genre. Elle se réveille mais demeure persuadée que son cauchemar est prémonitoire. Un épisode assez original, plus proche de l’esprit de la Twilight Zone que de celui de cette série qui offre décidément de belles suprises. Adapté de Wyndham, l’auteur du roman Les Coucous de Midwich (1957) dont Wolf Rilla avait tiré en 1960 son classique Le Village des damnés, admiré par Carpenter au point qu’il voulut le refaire. Authentique épisode de science-fiction, divisé en deux parties : la prophétie onirique engendrée par l’expérimentation d’une drogue de synthèse puis sa confirmation. L’ensemble fait assez peur. Mise en scène standard, bonne interprétation, notamment Barbara Barrie et Leif Erickson.

3.12 - Crimson Witness (VOSTF) de David Friedkin, scénario de M.S. Fine et D. Friedkin d’après une histoire de Nigel Elliston, avec Julie London, Martha Hyer, Peter Lawford, Joanna Moore, Roger C. Carmel, etc. Un ingénieur playboy se fait progressivement voler son travail, sa femme et sa maîtresse par son propre frère qu’il assassine. Martha Hyer fut une interprète appréciée par Douglas Sirk mais elle ici éclipsée par Julie London en secrétaire sexy et songeuse. Peter Lawford est excellent et Roger C. Carmel assez étonnant en frère démoniaque. Joanna Moore interprète une autre secrétaire, assez sexy aussi mais au tempérament plus expansif.

3.13 - Where the Woodbine Twineth (VOSTF) de Alf Kjellin, scénario de James Bridges d’après une histoire originale de David Grubb, avec Eileen Baral, Margaret Leighton, Juanita Moore, etc. Une jeune orpheline est recueillie par sa parente âgée. L’enfant prétend être devenue l’amie d’une créature surnaturelle. Le titre de cet épisode provient d’une chanson enfantine. Sur David Grubb, voir ma remarque annexée à l’épisode 3.01. Enfance et surnaturel étaient des thèmes à la mode depuis Les Innocents (1961) de Jack Clayton adapté du roman Le Tour d’écrou d’Henry James. L’actrice Margaret Leighton tient d’ailleurs un rôle structurellement similaire à celui que tenait Deborah Kerr dans le film de Clayton. On y ajoute ici une idée proche, par son résultat, de ce qu’on avait vu l’année précédente en Angleterre dans La Poupée diabolique (1964) de Lindsay Shonteff. Excellente mise en scène de Alf Kjellin, maintenant le suspense fantastique jusqu’à la terreur finale surnaturelle. Kjellin fut connu comme acteur du cinéma suédois classique des années 1940-1950 puis du cinéma américain. Son physique taillé à la serpe lui permet d’incarner aussi bien un espion dans un épisode de la série originale TV de Mission : impossible qu’un colonel russe dans Destination Zebra : station polaire [Ice Station Zebra] (1968) de John Sturges. Juanita Moore avait tourné en vedette dans Mirage de la vie [Imitation of Life] (1959) de Douglas Sirk.

3.14 - Final Performance (VOSTF) de John Brahm, scénario de Clyde Ware, d’après une histoire de Robert Bloch, avec Sharon Farrell, Franchot Tone, Roger Perry, Kelly Thordsen, etc. Recommandable a priori à cause du cinéaste signataire et à cause de l’auteur de l’histoire originale : a posteriori, on n’est pas déçu. Très curieux épisodes qui joue sur le rapport acteur-réalité d’une part, sur la ventriloquie d’autre part. Franchot Tone (qui joue l’acteur devenu hôtelier) avait joué, au cours de sa carrière, aussi bien dans Les Révoltés du Bounty (1935) et Les Trois lanciers du Bengale (1935) que dans Advise and Consent [Tempête à Washington] (1962) d’Otto Preminger. Roger Perry, l’acteur qui joue le rôle du scénariste d’Hollywood, a des faux airs de Manuel Valls : contingence qui sera vite oubliée mais l’effet produit sur le spectateur français est inévitablement curieux. L’histoire de Bloch est bien construite, sa chute inattendue et l’ensemble, sous des dehors modestes, est bien structuré, bien joué. Bloch a plusieurs fois pris Hollywood pour sujet, notamment dans son roman Le Crépuscule des stars mais cette « représentation finale » (littérale traduction du titre) mérite le détour…

3.15 - Thanatos Palace Hotel (1er février 1965 VOSTF) de Laslo Benedek, scénario de Arthur A. Ross d’après une histoire d’André Maurois, avec Angie Dickinson, Steven Hill, Barry Atwater, Bartlett Robinson, etc. Ambitieuse histoire « à tendance philosophique » précise le dossier de presse qui ignore que cette histoire d’André Maurois avait déjà été adaptée au cinéma en 1959 par un film franco-italien intitulé Sursis pour un vivant (1958) avec Dawn Addams, Henri Vidal et Lino Ventura. Les scénaristes d’Hollywood ne lisait pas forcément la NRF des éditions Gallimard (qui publiait Maurois) mais ils allaient au cinéma voir les films européens. Reste que voir une histoire d’André Maurois reprise par l’un des scénaristes de L’Etrange créature du lac noir demeure un cas d’école assez savoureux que seule cette série pouvait nous offrir ! Il est vrai que Maurois était lui-même anglophile et angliciste. Bref… surtout l’occasion de voir Angie Dickinson (Rio Bravo, The Killers [A bout portant] version Don Siegel, Le Point de non-retour, sans oublier Dressed To Kill [Pulsion]) au mieux de ses formes dans un rôle un peu marienbadien.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 3, vol. 1

Généralités - 4,0 / 5

1 coffret DVD Pal zone 2 Elephant, édité le 22 juin 2016. Durée totale : 750 minutes ou 12H30 comprenant 4 DVD-9 + 1 DVD-5 contenant les 16 premiers épisodes télédiffusés de octobre 1964 à février 1965. Image 1.37 N&B, son VOSTF et VF d’époque mono. Suppléments : présentation de la série et des épisodes par Jean-François Rauger, livret illustré signé Jean Douchet, galerie photos, bandes annonces.

Bonus - 5,0 / 5

Outre un livret illustré constituant un commode aide-mémoire (20 pages) et une galerie photos N&B, Jean-François Rauger a assuré la caution cinéphilique de l’entreprise en présentant la série d’une part, la saison d’autre part (entre 10 et 20 minutes selon les cas) et en permettant que 4 chapitres de son livre, L’Oeil domestique, Alfred Hitchcock et la télévision (éditions Rouge profond, l’éditeur qui édite une intégrale revue et augmentée de la revue Midi-Minuit Fantastique) soient utilisés par les livrets illustrés qui présentent (très succinctement) chaque épisode. On y apprend, par exemple, que Shamley productions, société fondée en 1955 aux USA par Hitchcock pour la production de cette série, reprend le nom d’un village du Sud de Londres où son épouse et lui avaient acheté une maison de campagne en 1928.

Lancée sur la chaîne de TV américaine CBS le dimanche 2 octobre 1955 à 21H30 sous le titre Alfred Hitchcock presents, accompagnée de la célèbre petite mélodie Marche funèbre d’une marionnette composée en 1872 par Charles Gounod, cette série TV dura 7 saisons de 39 histoires (268 histoires au total car la quatrième saison ne comportait que 36 histoires au lieu de 39) constituant chacune un moyen métrage autonome durant environ 25 ou 26 minutes, en général tourné en 3 jours. En 1957, une saison concurrente nommée Suspicion fut lancée par la chaîne NBC : Shamley production et Hitchcock en produisirent également les épisodes, Hitchcock en tourna même un lui-même mais ils étaient présentés par l’acteur Dennis O’Keefe. Quant à la série CBS originale, elle changea de nom en 1962 et devint The Alfred Hitchcock Hour parce que la durée des épisodes augmenta, passant à environ 50 ou 52 minutes (selon les différentes durées vidéo PAL ou NTSC, selon aussi qu’il s’agit de DVD ou de Blu-ray). Ils furent en général tournés en 6 jours. Cette nouvelle série comporta 3 saisons successives. Selon qu’on calcule en partant de 1955 ou en partant de 1962, on peut les numéroter 8, 9, 10 ou bien 1, 2, 3. La série de ces 3 saisons The Alfred Hitchcock Hour fut connue en France sous le titre générique de… Suspicion qu’il ne faut surtout pas confondre avec la série NBC. Ce sont ces 3 dernières saisons 1962 à 1965 qui constituent l’intégrale de ce coffret The Alfred Hitchcock Hour ([saison 1 = 32 histoires] + [saison 2 = 32 histoires] + [saison 3 = 29 histoires] = donc, au total, 93 histoires).

Comme c’était son habitude depuis 1955, Alfred Hitchcock présentait et commentait in fine ces histoires. Ces présentations et commentaires qu’il n’avait pas le temps de rédiger lui-même, étaient écrits par un certain James B. Allardice. Ils constituent aujourd’hui, à mon avis, le point souvent faible de la série : je ne partage donc pas l’avis élogieux de Jean-François Rauger en ce qui les concerne, à de rares exceptions près que je signale dans les notices critiques. Hitchcok signa lui-même la mise en scène d’une vingtaine d’histoires (notamment la toute première de la première saison en 1955 : Revenge) entre 1955 et 1962 inclus. La majorité de ses contributions personnelles dure donc 26 minutes mais certaines durent aussi 52 minutes : elles avaient été éditées en coffret par Universal mais malheureusement pas classées dans l’ordre historique chronologique de production. Elephant restitue chacun de ces épisodes à sa place chronologique correcte au sein de l’intégralité enfin rééditée.

On se souvient que Psycho [Psychose] (USA 1960) d’Alfred Hitchcock avait été tourné dans des conditions assez proches de celles d’un moyen métrage de cette série, au point qu’on peut le considérer aujourd’hui rétrospectivement comme une sorte de porte-étendard. Le cinéphile francophone qui admire Psychose ne pouvait que souhaiter découvrir la totalité de sa série matricielle. Son examen révèle qu’elle entretient des liens parfois encore plus étroits qu’on pouvait le penser avec ce chef-d’oeuvre.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 3, vol. 1

Image - 4,0 / 5

L’ensemble est au format original 1.37 N&B compatible 4/3 : les copies sont parfaitement nettoyées, les numérisations soignées, seules d’éventuelles poussières négatives ou positives subsistent sur un ou deux plans (cas de l’excellent épisode 3.22, par exemple) sans parler d’une émulsion parfois instable sur un ou deux autres en début ou en fin de bobine. Le bruit vidéo se manifeste parfois aussi sur des marches d’escaliers ou des stores mais il est, en règle générale, assez bien contrôlé bien qu’il ne s’agisse que de DVD standards. Une suggestion : à présent que l’intégralité de la série est disponible en DVD standard, il faudrait songer à préparer une édition Blu-ray Full HD et même à une édition Blu-ray UHD 4K.

Son - 4,0 / 5

Le son est du mono 2.0 parfaitement nettoyé lui aussi, qu’il s’agisse des VOSTF ou des VF. Quelques erreurs ou coquilles, parfois des fautes de syntaxe ou un vocabulaire argotique récent substitué à l’argot original américain de l’époque, peuvent être relevés dans les STF mais, sur une telle quantité de disque, c’est presque inévitable : l’ensemble est cependant assez bien traduit, en règle générale. Les VF, lorsqu’elles existent, sont soignées pour l’époque, aux normes cinéma et souvent très savoureuses.

Crédits images : © Eléphant Films

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony

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