Contes italiens

Contes italiens (2015) : le test complet du DVD

Maraviglioso Boccaccio

Réalisé par Vittorio Taviani
Avec Lello Arena, Paola Cortellesi et Carolina Crescentini

Édité par Blaq Out

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Le 04/05/2017
Critique

Contes italiens

Le fléau de la peste s’est abattu sur Florence en 1348. Dix jeunes gens, sept filles et trois garçons, se réunissent en l’église Santa Maria Novella où ils décident de quitter la pestilence de la ville pour se réfugier à la campagne, dans une villa au bord d’un lac…

Le Décaméron, un recueil de cent contes écrits pas Boccace entre 1349 et 1353, a peut-être donné à Geoffrey Chaucer l’idée de ses Contes de Canterbury dont il entama l’écriture près de 40 ans plus tard. Une certitude : le Décaméron a inspiré, pour le meilleur et pour le pire, une quarantaine d’adaptations pour le cinéma et la télévision, parmi lesquelles seule comptait vraiment celle réalisée en 1971 par Pier Paolo Pasolini.

Pour les Contes italiens, Paolo et Vittorio Taviani ont choisi d’édulcorer l’aspect grivois des contes que Pasolini, à l’inverse, a délibérément accentué. Cette différence d’approche s’apprécie aussi dans la distribution : là où les frères Taviani ont rassemblé une troupe de jeunes acteurs plus beaux les uns que les autres, Pasolini s’était ingénié à trouver des « gueules » en traînant dans les bas quartiers.

Contes italiens s’ouvre, tout comme l’oeuvre originale, sur les ravages de la peste à Florence, présentés pudiquement, sans images horribles. Il suffira d’une dizaine de minutes pour trouver le calme de la campagne. La transition est faite à partir d’un écran rouge (le sang ?), la couleur des baies tombées sous un arbre dont la caméra s’éloigne jusqu’à ce qu’il se perde dans la verte immensité des collines de Toscane.

Contes italiens

C’est dans cet environnement que se déroulent les cinq histoires qui seront racontées, une chaque jour, à tour de rôle, par les jeunes gens. L’histoire de Catalina, une victime de la peste qui reviendra à la vie (de l’enfer ou du paradis ?), celle de Calandrino, un artisan simplet qui découvre une pierre magique rendant invisible, celle de Ghismunda qui tombe amoureuse de Guisardo, le protégé de son père, celle d’Isabetta, la nonette qui succombé aux charmes de Leonetto et, enfin, celle de Federico, le chevalier dépouillé de tous ses biens par ses créanciers qui ne lui ont laissé que son faucon… et son amour impossible pour Giovanna, la jolie veuve.

Certains ont reproché à Contes italiens son académisme. Mais comment n’être pas envoûté par la beauté des éclairages et des cadres, composés comme des tableaux, des scènes en clair-obscur à la lueur des bougies, des plans larges de paysages ? Une fois encore, le don magique des frères Taviani pour l’image opère, avec l’aide pour la photographie de Simone Zampagni qui avait été l’assistant du chef opérateur de Kaos II (Tu ridi, 1998) avant de tenir la caméra pour César doit mourir, racontant la mise en scène du drame shakespearien par les « pensionnaires » de la Rebibbia, prison romaine de haute sécurité.

S’il ne peut pas d’emblée se classer parmi les oeuvres majeures des deux réalisateurs, Padre padrone, La Nuit de San Lorenzo, Kaos ou Fiorile, Contes italiens laissera le souvenir d’une ode lumineuse à la beauté, à l’amour, à la liberté et d’un tendre tribut aux charmes de la Toscane.

Contes italiens

Présentation - 4,0 / 5

Contes italiens (116 minutes) et son complément (17’) tiennent sur un Blu-ray double couche, logé, comme les autres titres édités par Blaq Out, dans un fin digipack (7 mm). Le menu fixe et musical propose le film en version originale, avec sous-titres imposés et placés trop haut sur l’image, sous deux formats, Dolby Digital 5.1 et 2.0.

Au verso de la couverture, l’extrait d’un entretien avec les frères Taviani (reprenant et complétant l’entretien en bonus vidéo), sur l’actualité des contes, sur la comparaison de leur approche à celle de Pasolini, sur le rôle de la musique, sur la place prépondérante que le film réserve aux femmes.

Contes italiens

Bonus - 4,0 / 5

En complément, Il nostro Decamerone, un entretien avec Paolo et Vittorio Taviani (17’). À 86 et 88 ans, avec l’enthousiasme de la jeunesse, les réalisateurs répondent aux questions d’Elisa Baldini. Ils ont cherché à montrer que les difficultés auxquelles étaient confrontés les jeunes des contes de Boccace peuvent être comparées à celles que connaît la jeunesse actuelle, le chômage, par exemple, qui peuvent les pousser à chercher des refuges et attisent leur soif de liberté et d’amour. Ils disent avoir été passionnés par les échanges, facilités par le tournage, avec des jeunes encore à l’âge du bac. L’esthétique du film leur a été influencée par les peintres annonciateurs de la renaissance, Giotto et Masaccio. Ils ont privilégié les plans fixes, comme leurs « concurrents », les frères Dardenne, et accordé une place importante à la musique.

Contes italiens

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85:1) est magnifique, dans une délicate palette de couleurs aux tonalités chaudes, d’une parfaite lisibilité, y compris dans les scènes les plus obscures filmées à la seule lueur des bougies.

Contes italiens

Son - 5,0 / 5

Le son (Dolby Digital 5.1 ou 2.0, pour convenir à toutes les installations) restitue les dialogues, parfaitement articulés, avec une clarté qui pourrait être citée en exemple. Les plus petits bruits de la nature sont retransmis avec une finesse qui profite aussi à la musique originale et aux citations de Rossini et Puccini.

Contes italiens

Crédits images : © Blaq Out

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 4 mai 2017
Contes italiens, la somptueuse mise en images de cinq contes de Boccace, envoûte par la beauté des éclairages et des cadres, composés comme des tableaux. Une brillante confirmation du talent de Paolo et Vittorio Taviani.

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