Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2 (1975) : le test complet du DVD

Réalisé par Jacques Kébadian

Édité par Editions Montparnasse

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Le 27/06/2019
Critique

Cette précieuse collection de films intimes offre une vision impressionniste de l’Arménie, de sa culture et de sa dramatique histoire…

Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2

Jacques Kébadian et Serge Avedikian, petits-fils d’Arméniens émigrés en France en 1923, ont, au long d’une trentaine d’années, recueilli les souvenirs des rescapés du génocide de 1915, rendu visite à ceux qui ont émigré aux USA ou sont retournés en Arménie soviétique en 1947, y ont subi le traumatisme d’un séisme dévastateur. Ils ont aussi observé le maintien de l’identité arménienne dans la diaspora, son expression artistique, dans la peinture et la danse…

Le coffret Arménie permet, par fragments, de reconstituer une partie de l’histoire de l’Arménie, une nation dont la superficie actuelle n’est plus que le dixième de ce qu’elle était au Ier siècle avant notre ère. Sans cesse convoitée par ses voisins, elle fut divisée en deux, contrôlée à l’ouest par l’empire ottoman, à l’est par l’Iran, puis par la Russie. En 1915, les Turcs vident la partie occidentale de sa population arménienne : entre 1,2 et 1,5 millions d’Arméniens sont massacrés, les autres déportés. Après la chute de l’empire ottoman et de la Russie en 1917, la Première République d’Arménie ne connaît qu’une éphémère accalmie, vite rompue par une offensive menée par Kemal Atatürk, puis par son inclusion dans le bloc soviétique. L’Arménie obtiendra son indépendance en 1991 pour entrer dans un conflit meurtrier avec l’Azerbaïdjan voisin.

Mémoire arménienne, écrit et réalisé par Jacques Kébadian (1993, 1.20:1, DD 1.0, 54’) contient les témoignages, enregistrés en 1982, de proches qui ont rejoint Marseille en 1923, avec des passeports turcs marqués « retour interdit ». Ils se souviennent, en dépit des conditions de vie difficiles dans le camp Oddo, des moments de bonheur après les horreurs du génocide.

Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2

Sans retour possible, coécrit et réalisé par Jacques Kébadian et Serge Avedikian (1982, 1.37:1, 1.0, 103’), en deux parties. 1. Les Arméniens, portrait d’un peuple dispersé : des survivants des massacres rappellent les exactions des turcs, puis le transfert des orphelins à Beyrouth et l’installation progressive en France. 2. L’Arménie d’ici-bas. L’institutrice d’une école arménienne de la cité de la Madeleine à Nice enseigne aux enfants l’histoire mouvementée de leur pays…

Dis-moi pourquoi tu danses, de Jacques Kébadian (2015, 1.33:1, DD 1.0, 62’). Le réalisateur a suivi une troupe de danse folklorique en 2007 à l’Olympia et en 2008 à Beyrouth : ce témoignage de la survivance d’une culture qu’on a voulu éradiquer est aussi une façon d’exorciser les fantômes du passé.

Que sont mes camarades devenus… de Serge Avedikian et Jacques Kébadian (1983, 1.20:1, DD1.0, 55’). Serge Avedikian revient en 1983 au « paradis immortel d’Arménie soviétique » dans l’école de son enfance et retrouve des camarades de classe, l’un conducteur de trains, l’autre entraîneur d’une équipe de football…

Vingt ans après, de Jacques Kébadian (2002, 1.33:1, DD1.0, 72’). Vartan et Anahide, installés aux USA, revisitent en 2001 l’Arménie où sont encore visibles les marques du séisme du 7 décembre 1988 et de la guerre du Karabagh. Coupures d’eau et d’électricité font partie du quotidien…

Le disque 4 contient huit courts métrages :

Lux aeterna de Serge Avedikian et Lévon Minassian (1999, 1.20:1, DD 1.0, 11’). Tourné à Gyumri, rebaptisé Leninakan, juste après le séisme du 7 décembre 1988 qui fit entre 25 et 30 000 morts.

Terra emota de Serge Avedikian et Lévon Minassian (1999, 1.20:1, DD 1.0, 11’). Dix ans après le séisme, la douleur reste lisible sur les visages : « Si la chance est de survivre, être témoin est un supplice ».

Paradjanov libéré de Serge Avedikian et Jacques Kébadian (1982, 1.33:1, DD 1.0, 12’). Le réalisateur Sergueï Paradjanov (Les Chevaux de feu / Tini zabutykh predkiv, 1964) est libéré après un long séjour en prison, précédé d’une condamnation à des travaux forcés par la dictature communiste.

Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2

Buvards d’Aïda et Jacques Kébadian (1979, 1.33:1, DD 1.0, 9’). Les toiles d’Aïda Kébadian montrent des personnages au visage crayeux, sur des fonds unicolores, sans perspectives…

Arménie 1900 de Jacques Kébadian et Françoise Renberg (1981, 1.33:1, DD 1.0, 14’). Jacques Kébadian, « le maillon rompu d’une longue chaîne », part en quête de ses origines, sur les traces de son grand-père, né à Van, un endroit désolé (« Van dans ce monde, le paradis dans l’autre »)…

Les Cinq soeurs de Jacques Kébadian (1985, 1.33:1, DD 1.0, 21’). Une tante montre les dessins qui, depuis sept ans, l’aident à « passer le temps ». L’occasion de parler de ses soeurs et de raviver les souvenirs des massacres et de la déportation…

Lousnak et Jansem de Jacques Kébadian (2002, 1.33:1, DD 1.0, 12’). Le peintre arménien Jean Jansem termine une toile esquissée des années avant, en Italie, pendant que Lousnak Abdalian fait son portrait, au couteau.

12 jours en Arménie de Jacques Kébadian (1975, 1.33:1, DD 1.0, 22’). Carnet de voyage en Arménie de 1973 : Erevan peuplée de statues gigantesques de l’académisme soviétique, la campagne, les danses folkloriques, le mémorial du génocide, la cérémonie de la bénédiction du saint-chrême dans la cathédrale d’Etchmiadzin, la fête au village…

Le coffret Arménie, avec ses neuf heures de films d’un intérêt variable (certaines séquences sont utilisées deux fois), brosse, par touches successives, un tableau impressionniste assez riche de l’Arménie. Grâce à de précieux témoignages, le coffret rappelle une histoire marquée par de terribles événements, le génocide de 1915, les années sous le joug soviétique, le séisme de 1988, la guerre contre l’Azerbaïdjan. Il démontre la résilience de la diaspora arménienne qui a réussi à assurer la survie de sa culture, à maintenir l’usage de sa langue, au moins jusqu’à la troisième génération…

Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2

Généralités - 3,5 / 5

Le coffret Arménie rassemble 18 films, deux longs métrages, deux moyens métrages et quatorze courts métrages (d’une durée cumulée de 548 minutes), répartis sur quatre DVD-9 logés dans un digipack.

Le menu fixe et musical ne donne aucune option : chaque film est proposé, tantôt en français, tantôt en arménien, avec sous-titres imposés (souvent incrustés dans l’image), au format Dolby Digital 1.0.

Bonus - 3,5 / 5

Sur le DVD 1 :

Bonjour Monsieur (1991, 1.33:1, 10’). Quatre hommes attablés pour une tasse de café racontent (et jouent) l’histoire d’un homme qui attend une machine à coudre Kyléchian, toujours pas arrivée…

Au revoir Madame (1996, 1.33:1, 16’). Des hommes jouent aux dés. Une femme, venue de Marseille pour rendre visite aux Zadiguian au Petit Clamart s’est perdue en pleine nuit dans la banlieue parisienne. Un Arménien lui propose de l’emmener dans sa fourgonnette… mais elle a oublié l’adresse !

M’sieurs Dames (1997, 1.33:1, 14’). Un homme consulte une « patronymiste assermentée » pour un problème avec son nom : il s’appelle Kyléchian.

Ces trois sketches réalisés par Serge Avedikian sont principalement interprétés par la même bande, composée de Bernard Ballet, Jacky Nercessian, Jacques Aslanian et Pierre Ikowicz.

Sur le DVD 3 :

Colombe et Avedis (1.33:1, DD 1.0, 36’). Jacques Kébadian raconte la longue histoire d’amour de ses grands-parents, commencée dans la tourmente en 1914…

L’Atelier de Jacques Aslanian, de Jacques Kébadian (2003, 1.33:1, DD 1.0, 13’). Solitaire, admirateur du cinéma de Robert Bresson, le peintre fait défiler ses toiles sur un chevalet. « J’ai fait ce que j’avais envie de faire », dit-il…

Arménie : Mémoire arménienne + Dis-moi pourquoi tu danses ? + 20 ans après + Que sont mes camarades devenus ? + Eclats d'Arménie 1 & 2

Image - 2,5 / 5

L’image, de plusieurs formats (1.20:1, 1.33:1, 1.37:1, 1.66:1, en couleurs et en noir et blanc) ne semble pas voir été restaurée. À un niveau variable d’un film à l’autre, les marques du temps sont visibles, les couleurs un peu délavées et la stabilité fluctuante. Mais le niveau d’ensemble assure une lisibilité acceptable qui n’affecte pas l’intérêt documentaire de la collection.

Son - 3,0 / 5

Le son Dolby Digital 1.0 est généralement assez propre, à l’exception d’un souffle dont le niveau varie d’un film à l’autre, mais reste dans des limites tolérables, sans gêner la compréhension des dialogues et des commentaires.

Crédits images : © Éditions Montparnasse

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 27 juin 2019
Cette collection de précieux témoignages rappelle l’histoire du peuple arménien, bouleversée par de terribles événements, le génocide de 1915, les années sous le joug soviétique, le séisme de 1988, la guerre contre l’Azerbaïdjan. Il démontre aussi la résilience de la diaspora arménienne qui a réussi à assurer la survie de sa culture, à maintenir l’usage de sa langue.

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