L'Evadé de l'enfer (1946) : le test complet du DVD

Angel on My Shoulder

Réalisé par Archie Mayo
Avec Paul Muni, Anne Baxter et Claude Rains

Édité par Artus Films

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Le 11/02/2019
Critique

L'Évadé de l'Enfer

L’Évadé de l’enfer (Angel on my Shoulder) (USA 1946) de Archie Mayo est une comédie fantastique et policière parfois assez âpre, notamment concernant la corruption des juges par le crime organisé. L’exécution froide qui ouvre le film est d’une violence graphique et psychologique inattendue. Les séquences infernales qui la suivent sont un assez curieux hommage plastique de la modernité américaine à la tradition muette italienne du péplum et à l’Inferno de Dante. L’hommage est direct (bien davantage que celui proposé par Dario Argento en 1980 dans son titre homonyme mais qui n’en retenait précisément que le titre) mais bientôt détourné d’une manière savoureuse, visuellement comme dramaturgiquement. Reste que l’incarnation et les prestiges intellectuels et visuels de Satan sont, en revanche, presque identiques à ceux du cinéma muet, l’admirable diction de Claude Rains mise à part ! Suspense à la fois psychologique et théologique (calviniste : voir la séquence du mariage avorté chez le pasteur) faisant osciller, sans cesse et dune manière parfois très tendue, l’atmosphère entre comédie et drame.

C’est le dernier titre réalisé par le cinéaste Archibald S. Mayo (1891-1968) qui avait débuté à Hollywood en 1915. Il n’a pas raté sa sortie car L’Évadé de l’enfer demeure, encore aujourd’hui, probablement son titre le plus célèbre avec son classique film noir La Forêt pétrifiée (1936). L’acteur Claude Rains (qui tient ici le rôle de Satan) était une vedette du cinéma fantastique américain depuis sa performance dans L’Homme invisible (USA 1933) de James Whale. 1946 marque d’ailleurs son apogée filmographique puisque cette même année il tient son troisième plus beau rôle dans Les Enchaînés (Notorious) d’Alfred Hitchcock. Inversement, L’Évadé de l’enfer ouvre l’âge d’or de la belle actrice Anne Baxter, à savoir de 1946 (Le Fil du rasoir) à 1956 (Les Dix commandements). Quant à Paul Muni, son double rôle unifie intelligemment le souvenir de son propre ancien rôle vedette dans le Scarface (USA 1932) d’Howard Hawks et de ceux tenus par Frederic March et Spencer Tracy dans les versions hollywoodiennes parlantes (1931 et 1941) du Dr. Jekyll et Mr. Hyde.

Bref, on l’aura compris, L’Évadé de l’enfer est assurément un des fleurons de la comédie fantastique américaine du siècle dernier, genre aujourd’hui un peu oublié mais riche au point qu’il faudrait presque lui dédier une collection à part entière.

L'Évadé de l'Enfer

Généralités - 3,0 / 5

1 DVD Artus Films de la collection « Les Classiques », édité le 04 décembre 2018. Format 1.37, image N&B, son mono VOSTF uniquement, durée du film : 87 min. Bande-annonce générale Artus de la collection (extraits de Au-delà de demain, Scandale à Paris, Le Fils du pendu, Scandale à Paris, Le Fils du pendu, Les 5 survivants, L’Etrange Mr Slade, Le Carnaval des âmes, Les Sirènes d’Atlantis, etc.). Jaquette illustrée au verso de 3 mignonnes photos N&B de plateau et mentionnant d’utiles informations historiques.

Bonus - 1,0 / 5

L’unique supplément est une bande-annonce générale de la collection Les Classiques. Est-ce que ça aurait coûté vraiment beaucoup plus cher de reproduire dans une galerie dédiée les jolies photos de production (« production stills ») et les quelques photos d’exploitation (« lobby cards ») qu’on peut aisément visionner, dotées d’une excellente définition, sur internet lorsqu’on recherche des « images » de ce titre ? Je me pose la question. Cela aurait conféré, en tout cas, une valeur assurément ajoutée au DVD.

L'Évadé de l'Enfer

Image - 2,5 / 5

Format 1.37 N.&B. compatible 4/3. Copie argentique en état général inégal mais numérisation bien définie et bien contrastée (ce qui est l’essentiel : les scènes dans l’enfer sont plastiquement belles). Certains plans souffrent de poussières négatives et positives, de brûlures de cigarettes. Pratiquement pas de rayure, cependant. Générique d’ouverture un peu instable et en état médiocre mais dès la première bobine, les choses s’améliorent même si par la suite, un ou deux plans souffrent aussi de ce défaut (au moment du changement de bobine, par exemple).

Son - 2,5 / 5

Dolby Mono d’origine 2.0 VOSTF. : pas de VF d’époque mais il est certain que le film est sorti en France (le 26 août 1947 pour être exact). Piste originale mono américaine bien restaurée, compte tenu de son âge très respectable. STF bien lisibles. Même si on avait retrouvé la VF d’époque (sous réserve qu’elle ait existé car l’après-guerre fut une période où certains titres sortaient directement en VOSTF y compris des films produits par les majors comme c’est le cas ici) il aurait fallu de toute manière privilégier la VOSTF en raison de la diction et du timbre original de la voix de Claude Rains.

Crédits images : © Artus Films

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony

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