Dans la terrible jungle (2018) : le test complet du DVD

Réalisé par Ombline Ley
Avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir et Médéric Sergott

Édité par ESC Editions

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Le 16/09/2019
Critique

Un premier film, tourné dans un centre d’accueil de jeunes handicapés. Entre documentaire et fiction, une approche délicate aux airs comédie musicale.

Dans la terrible jungle

Les deux jeunes réalisatrices ont choisi de tourner leur premier long métrage dans l’Institut médico-éducatif (IME) La Pépinière, à Loos, dans le Nord. Il accueille des jeunes handicapés pour les préparer à entrer dans un ESAT (établissement et service d’aide par le travail), autrefois appelé CAT (centre d’aide par le travail).

Dans la terrible jungle, présenté à Cannes par l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), est le premier long-métrage de Caroline Capelle et Ombline Ley qui se sont liées d’amitié à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

Dans la terrible jungle, tourné avec trois fois rien, est un documentaire teinté de fiction. Au court de leur long séjour à La Pépinière, les réalisatrices ont gagné la confiance des résidents et les ont invités à imaginer des personnages et des situations, en se limitant à leur souffler quelques idées pour amorcer les dialogues.

Trop contente d’être là !

Elles ont choisi d’éviter le drame et de donner à la musique un rôle essentiel, de réaliser une comédie musicale en quelque sorte. En vedette, Ophélie, que la musique obsède et met parfois en transe. Dès le matin, en se brossant les dents et en ouvrant plus ou moins la bouche, elle réussit à moduler les notes de La Marseillaise. Elle possède aussi un étonnant sens du rythme qu’elle exprime en tapant sur le corset qui l’aide à se tenir droite et dans un rap endiablé inspiré par la chanson Le Lion est mort ce soir, d’où est venue l’idée du titre du film.

Après l’IME, c’est l’ESAT. Et c’est tout !

Dans la terrible jungle ne montre pas pour autant la vie en rose. Les rêves de Léa, devenir une chanteuse, et d’Émeline, devenir secrétaire, ne se réaliseront pas, faute pour elles de pouvoir atteindre un niveau scolaire suffisant. Le seul avenir est un ESAT, un atelier protégé.

L’entente et la bonne humeur ne règnent pas en permanence. Il y a les gros coups de blues, celui de Simon, et celui, plus spectaculaire, de Gaël auquel, faute de mots, il réagit par des sauts désordonnés, au risque de se blesser. Il y a aussi des phases de rébellion : Allan refuse de donner la main aux autres pour les tâches ménagères quand ce n’est pas son tour.

Un document émouvant qu’on peut comparer, pour la délicatesse avec laquelle il aborde un sujet difficile, au film réalisé par Mariana Otero en 2013, À ciel ouvert, à l’institut médico-pédagogique du Courtil, en Belgique, qui accueille des enfants et adolescents psychotiques.

Dans la terrible jungle

Généralités - 3,0 / 5

Dans la terrible jungle (82 minutes) et ses suppléments (39 minutes) tiennent sur un DVD-9, logé dans un boîtier non fourni pour le test.

Le menu animé et musical propose le film au format audio Dolby Digital 2.0.

Sous-titres disponibles en anglais.

Bonus - 3,5 / 5

Entretien avec Ombline Ley et Caroline Capelle, (12’) interrogées par Caroline Perréard, la monteuse. L’origine du film remonte à l’invitation d’Ombline Ley à La Pépinière où elle a résidé pendant une semaine pour y montrer son programme d’expression corporelle, Duo Kor. Elle a fait signe à Caroline Capelle, et le tournage a commencé, à partir d’idées proposées par les jeunes résidents. Il s’est étalé sur dix-huit mois pour donner le temps à chacun de s’insérer dans le film. L’équipe s’est peu à peu étoffée, complétée par deux preneurs de son, un musicien et un chef-opérateur. Pas de dialogues écrits : les réalisatrices lançaient des idées aux résidents pour amorcer les scènes. D’un court-métrage à l’origine, le projet est devenu un long dont le montage a pris huit mois, avec une sélection des scènes visant à lui donner l’allure d’une comédie musicale.

Duo Kor : épisodes Korloscopie 1 à 5 (10’). Ombline Ley et Thibaud Rancoeur se sont spécialisés dans les « percussions corporelles ». Ils sont aujourd’hui « les seuls percussionnistes à pouvoir interpréter les oeuvres complexes de Varoushnikov Satiroplinovitch, dont seulement 80 sur 700 ont pu être sauvées d’un incendie (…) On essaie tout : ça marche ou ça marche pas ! ». Il faut connaître, disent-ils, d’autres disciplines, comme la « percussion médiévale » (démonstration à l’appui, avec castagnettes et flageolet) et savoir distinguer la baffe de la claque, deux sons très différents. « C’est énormément de travail ! » et la douleur a pu être surmontée…. grâce à l’assistance d’un moine bouddhiste !

Et puis tout passe, court-métrage de Caroline Capelle (2014, 1.33:1, couleurs, 13’). Une vieille dame à l’accent du nord vit dans un pavillon avec son chat. Elle ne souvient plus du nom de sa petite fille qui lui rend visite… Carine, Caroline ? « Attends, j’m’en vais lui demander ! ». Quelques coups de bombe insecticide contre les fourmis et pas une chance laissée aux mauvaises herbes dans le jardin. « -On oublie tout en vieillissant, ma fille. -Je suis ta petite-fille, pas ta fille ! -Bah, j »y comprends plus rien… Les années passent et puis tout passe… »

Pour finir, le teaser de Léa, le teaser de Médéric, et la bande-annonce.

Dans la terrible jungle

Image - 4,5 / 5

L’image (1.78:1) est irréprochable, compte tenu des légers moyens mobilisés pour le tournage, apparemment en lumière naturelle. Lumineuse, bien contrastée, avec un soigneux étalonnage des couleurs, elle assure une parfaite lisibilité de tous les plans, y compris ceux pris la nuit.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 mono, propre et clair, assure un bon équilibre entre dialogues et musique.

Crédits images : © ESC Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 16 septembre 2019
À mi-chemin entre documentaire et fiction, un regard discret sur les explosions de joie, les rêves et les coups de blues des jeunes résidents d’un institut médico-éducatif. Un premier film particulièrement réussi !

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Dans la terrible jungle
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