Boy Erased (2018) : le test complet du DVD

Réalisé par Joel Edgerton
Avec Lucas Hedges, Nicole Kidman et Joel Edgerton

Édité par Universal Pictures France

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Le 13/09/2019
Critique

Le récit particulièrement émouvant par l’acteur Joel Edgerton d’une douloureuse thérapie de conversion subie par le fils d’un pasteur en 2004.

Boy Erased

Jared Eamons, le fils d’un pasteur d’une petite ville des USA, a révélé à ses parents son homosexualité. Ils le pressent d’accepter d’être placé dans un centre de thérapie de conversion sexuelle.

Boy Erased (« le garçon effacé, gommé », un beau titre heureusement maintenu… même au Québec !), l’adaptation de Boy Erased: A Memoir, un récit autobiographique publié par Garrard Conley en 2016, est le deuxième long métrage réalisé par Joel Edgerton, après The Gift (2015), pas édité en France en vidéo, mais disponible au Royaume Uni.

Joel Edgerton était plus connu jusque-là pour ses rôles dans quelques 70 séries et films, dont Star Wars - Episode II : L’attaque des clones, une carrière d’acteur qui l’a placé en tête d’affiche de Loving (Jeff Nichols, 2016) et à laquelle il ne semble pas vouloir renoncer : il tenait un rôle important dans The Gift et interprète Victor Sykes, le responsable de Love in Action, le centre de « conversion sexuelle » dans lequel a été placé Jared pour « effacer » son attirance vers les hommes, pour le « réparer ». Il interprète Falstaff dans le dernier film de David Michôd, King, une autre illustration de la vie de Henry V (qui avait inspiré William Shakespeare), attendu dans nos salles le 1er novembre 2019.

L’homosexualité fut longtemps considérée comme une maladie mentale que certains prétendaient pouvoir être traitée pas différents moyens, certains agressifs comme la lobotomie ou l’électrochoc, d’autres moins, des tentatives de « reconditionnement » par de prétendus thérapeutes s’appuyant souvent sur des fondements religieux. Les thérapies de conversion sont encore licites dans 36 des 52 états des USA, y compris à l’encontre de mineurs. En mars 2018, le parlement européen a adopté un texte invitant les états de l’union à interdire ces pratiques. On attend en France un projet de loi visant à les rendre illégales.

Pire encore, dans certaines cultures, notamment dans la plupart des pays à majorité musulmane, les relations homosexuelles sont considérées comme un crime et même, dans les sociétés qui imposent la charia, comme une abomination valant à leur auteur d’être lapidé à mort ou, par mesure de clémence, d’être précipité en public de la terrasse d’un immeuble de dix étages, une exécution que montre le documentaire Salafistes (François Margolin et Lemine Ould M. Salem, 2016).

Boy Erased

La thérapie de conversion et, plus généralement, la répression de l’homosexualité, ont inspiré le cinéma depuis Anders als die Andern (Différent des autres, Richard Oswald, 1919). Quelques films sortent du lot : Maurice (James Ivory, 1987), Loin du Paradis (Far from Heaven, Todd Haynes, 2002), Come As You Are (The Miseducation of Cameron Post, Desiree Akhavan, 2018), Grand prix du jury à Sundance. Des séries ont aussi traité le sujet, Queer As Folk, créée par Ron Cowen et Daniel Lipman en 2000, Dr. House saison 6, episode The Choice (House M.D., créée en 2006 par David Shore), Riverdale, créée en 2017 par Roberto Aguirre-Sacasa…

Boy Erased démonte l’approche insidieuse de prétendue thérapie de Love in Action, tendant à faire croire que l’homosexualité peut être « guérie », n’étant qu’un moyen choisi par les « patients » de combler le vide causé par l’absence de Dieu dans leur vie. Doucereuse, la démarche de conversion devient vite un lavage de cerveau et peut dégénérer en brutalités à l’encontre des plus résistants au traitement, aller jusqu’à l’humiliation publique et même jusqu’à la violence physique. Joel Edgerton se glisse parfaitement dans la peau de Victor Sykes, l’inquiétant directeur de l’institution.

Lucas Hedges, remarqué dans Lady Bird où il tint son premier grand rôle (Greta Gerwig, 2017) et dans 90’s (Mid90s, Jonah Hill, 2018, qui vient d’être édité en vidéo), sait communiquer, très sobrement, le désarroi de Jared, tombé dans un piège dont il craint de ne pas pouvoir facilement sortir. Ses parents sont interprétés avec beaucoup de naturel par Nicole Kidman et Russell Crowe.

L’intérêt du thème est mis en valeur par un scénario bien construit, des dialogues qui sonnent juste et une direction d’acteurs discrète servant la dimension documentaire du film.

Boy Erased

Généralités - 3,0 / 5

Boy Erased (110 minutes) et ses suppléments (44 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

L’austère menu fixe à pictogrammes propose le film dans sa version originale au format audio Dolby Digital 5.1 et dans un doublage au même format en quatre langues, dont le français.

Sous-titres en neuf langues, dont le français, et l’anglais (pour malentendants).

Une édition Blu-ray est disponible un peu partout, jusqu’en Pologne, mais pas en France.

Bonus - 2,5 / 5

On retrouve dans cette édition tous les suppléments de l’édition américaine, sortie en janvier 2019.

Scènes coupées et versions longues (32’). Une généreuse sélection de scènes coupées, certaines sans grand intérêt, d’autres qui auraient pu être maintenues dans le montage final qui s’avère bien équilibré après quelques coupes.

Jared révélé (3’). Le scénario rappelle fidèlement l’expérience de Garrard Conley, ce que celui-ci confirme.

Construction des Eamons (5’). Garrard Conley souligne que le film sait rendre les « aspects terrifiants » que peut prendre l’amour familial. Réalisateur et acteurs ne sont pas avares de compliments mutuels.

Un homme consumé : Joel Edgerton (4’). D’après Garrard Conley, Joel Edgerton est la parfaite incarnation de John Smid qui dirigeait Love in Action pendant son séjour… ce qui lui vaut des coups d’encensoir de toute la troupe.

Boy Erased

Image - 4,0 / 5

L’image (1.85:1), propose des couleurs naturelles, délicatement étalonnées. Un peu trop douce, avec des noirs manquant de densité, elle peut affecter la lisibilité des scènes les moins éclairées.

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 de la version originale restitue clairement les dialogues, toujours bien détachés de l’ambiance. La sensation d’immersion dans l’ambiance aurait pu être plus évidente, bien qu’elle soit efficace dans quelques scènes.

Cette appréciation s’applique aussi au doublage en français, assez réussi.

Crédits images : © 2018 UNERASED FILM, INC.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 13 septembre 2019
Le thème, la tentative de « conversion » d’un jeune homosexuel tirée de faits réels, est mis en valeur par un scénario bien construit, des dialogues qui sonnent juste et une direction d’acteurs discrète servant la dimension documentaire du film.

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Boy Erased
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