Digger (2020) : le test complet du DVD

Réalisé par Georgis Grigorakis
Avec Vangelis Mourikis, Argyris Pandazaras et Sofia Kokkali

Édité par jhr Films

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Le 18/01/2022
Critique

Une fine analyse de la délicate relation entre un père et son fils après une séparation de 20 ans. Un premier film particulièrement réussi !

Digger

Nikitas exploite une petite ferme accrochée à flanc de colline, en pleine forêt, au Nord de la Grèce. Elle ne lui rapporte presque rien. Il s’obstine pourtant à refuser de la vendre au prix très supérieur à sa valeur que lui offre une société minière. Il vit seul depuis que sa femme, Eleni, est partie avec leur fils Johnny, il y a vingt ans, sans jamais donner de nouvelles. Il est réveillé en pleine nuit par le bruit d’une moto, celle de Johnny qui lui apprend qu’Eleni est morte et qu’elle lui a légué sa part de la ferme. Il demande à son père 20 000 euros, la moitié de la valeur de la propriété.

Digger, présenté dans plusieurs festivals, notamment dans la section Panorama de la Berlinale 2020, est le premier long métrage du Grec Georgis Grigorakis qui s’était fait connaître par une demi-douzaine de courts métrages. Après des études de psychologie et de photographie, il a suivi la formation de la National Film et Television School de Beaconsfield, près des Studios Pinewood.

Digger

Le monstre avance, il creuse, il éventre !

Digger établit d’emblée les difficiles conditions de vie de Nikitas, obligé, sous une pluie diluvienne, d’évacuer à la pelle la coulée de boue qui a envahi sa cabane. Nikitas, comme d’autres fermiers, s’acharne à conserver son lopin de terre, surtout pour préserver un espace naturel qu’a commencé à ravager, à l’aide de gigantesques excavatrices, la société minière, assimilée à un monstre.

Digger, bien au-delà de ce thème environnemental, met en avant l’évolution complexe de la relation entre Nikitas et Johnny, soumise à des hauts et des bas, subtilement communiquée par les deux acteurs principaux, Vangelis Mourikis, acteur réputé en Grèce avec plus d’une soixantaine de rôles, et Argyris Pandazaras qui tient là son premier grand rôle, celui de Johnny.

Le personnage de Nikitas est particulièrement fouillé. Devenu victime de son entêtement, il se condamne lui-même à l’enfer, sans autre espoir que de s’enfermer dans un piège qui deviendra intenable au fur et à mesure qu’il vieillira, alors qu’on le sent persuadé que « le monstre » finira bien, un jour ou l’autre, par avoir le dernier mot de l’histoire.

Digger laissera aussi le souvenir de l’impressionnante beauté de la forêt, avec quelques contre-plongées d’arbres à donner le vertige, l’apport du chef-opérateur expérimenté Giorgos Karvelas.

Digger

Généralités - 3,5 / 5

Digger (101 minutes) et ses suppléments (16 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un fin digipack.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en grec, avec sous-titres incrustés, empiétant trop sur l’image, au format audio Dolby Digital stéréo.

À l’intérieur du digipack, un livret de 8 pages contient un entretien avec Georgis Grigorakis. Le profit immédiat tiré par l’industrie minière masque les effets néfastes à long terme. La Grèce n’a pas été épargnée, mais ce problème touche d’autres pays : c’est pourquoi il n’a pas donné de nom à la société minière. Nikitas est le « condensé » de divers personnages rencontrés. L’écriture du scénario, étalée sur près de trois ans, a pris peu à peu les allures d’un « western sans héros » dans lequel une place a été réservée à l’humour. Il rend hommage à la productrice Athiná-Rachél Tsangári, également réalisatrice, « une des chefs de file d’un nouveau cinéma grec ». Il évoque son prochain film, cette fois sur une relation mère-fils.

Bonus - 2,5 / 5

45 Degrees, court métrage (45 vathmi, 15’, 2013). Athènes, août 2012. La crise économique, le réfrigérateur vide, la canicule, plus un sou. Une situation explosive pour Thanasis, père de deux enfants… Sélectionné dans plus d’une trentaine de festivals.

Bande-annonce (1’38”).

Digger

Image - 4,5 / 5

L’image numérique (2.35:1), lumineuse, fermement contrastée, avec des noirs denses et des couleurs naturelles, assure un agréable visionnage. Le piqué est au meilleur niveau que peut procurer un DVD.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital stéréo, avec une bonne dynamique et une large ouverture de la bande passante, n’appelle aucune réserve. La bonne séparation des deux voies donne un effet enveloppant, compensant un peu l’absence du 5.1.

Crédits images : © 2019 Haos Film, Le Bureau

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 19 janvier 2022
Un drame œdipien se noue dans un lieu isolé, au milieu d’une forêt, au nord de la Grèce. Un premier film insolite. Dépaysement garanti !

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