Les Rivières pourpres : le test complet du DVD

2000. Réalisé par Mathieu Kassovitz
Avec Jean Reno, Vincent Cassel et Nadia Farès

Édité par Gaumont

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Le 20/05/2001
Critique

Le cadavre d’un homme sans yeux et mains, privé des organes les plus élémentaires de son identité. C’est le début de l’adaptation (neo-gothique) du roman de Jean-Christophe Grangé, du film et du DVD de tous les records… qui peine un peu à convaincre ses fans.

Entendons-nous, « Les Rivières pourpres » est un thriller efficace et techniquement irréprochable. Cette sombre histoire de meurtres en série en Haute-Savoie sous fond d’un complot visant à récréer l’eugénisme nazi, est très conforme aux qualités du livre, à défaut de lui être fidèle. Ce qui manque aux « Rivières pourpres », est une phase d’explication plus cohérente, et surtout une fin à la hauteur du reste. Pour son retour à la mise en scène, Mathieu Kassovitz se concentre sur la construction d’une atmosphère claustrophobique et étouffante, et sur l’accumulation des détails qui conduiront les routes séparées de deux policiers (Jean Reno et Vincent Cassel, magnifiques) à se croiser.

Si les 15 dernières minutes du film déçoivent, les premiers 87 sont cependant magnifiques, et offrent des nouveaux repères au cinéma français de genre. Aux jeunes cinéastes en quête de sensations fortes (et au même Kassovitz) de poursuivre dans la même voie.

Généralités - 5,0 / 5

Ce coffret des « Rivières pourpres » est - en quelque sorte - le « Titanic » du DVD européen. Chaque élément - du conteneur au contenu - est soigné jusqu’aux moindres détails. Cette qualité extrême a déjà été atteinte aux Etats-Unis, mais jamais en France (exception faite pour Crying Freeman). Et ce ne sera sans doute pas répétée de sitôt : le prix de l’excellence est encore trop élevé pour la plupart des éditeurs français.
Le coffret qui va convertir au DVD d’autres dizaines de milliers de foyers, est beau à voir et à toucher. Pochette cartonnée avec boîtier Digipack coulissant, les deux disques sérigraphiés par ici, le livret (essentiellement un guide d’emploi) par-là, un croquis préliminaire de la salle de l’autopsie à l’arrière. Un pur produit collector, conçu pour durer.
Les menus de navigation de Mastery (tous en 3D) sont spectaculaires. Après le visionnage du film, on peut se consacrer à la chasse aux bonus cachés, dissimulés dans les disques. Il ne faut pas oublier non plus les petits « à coté » : le jingle THX (expressément conçu pour le disque) et ceux de Dolby Digital et DTS, sans oublier la batterie des tests vidéo et audio THX
Pour s’approcher de la perfection, « Les Rivières pourpres » se doit aussi d’avoir des petits handicaps ; c’est normal et humain. Le point d’ombre du coffret est sa section DVD-Rom, trahie par une navigation bâclée et des contenus peu intéressants.

Bonus - 5,0 / 5

Par où faut-il commencer ? Par le film, bien sûr ! Chaque bonus dévoile des secrets du récit, qui vont se révéler suicidaires si on n’a pas vu « Les Rivières pourpres » au préalable.

La course au jouet… pardon, aux suppléments, débute sur le disque 1, qui contient les tests THX, et aussi et surtout deux commentaires audio. Mathieu Kassovitz, Jean Reno et Vincent Cassel se livrent à un décryptage complet du film, sans poils sur la langue (et c’est le cas de le dire !) : les analyses, les souhaits mais aussi les regrets sont évoqués à tour de rôle par ses protagonistes. Le deuxième commentaire (du compositeur Bruno Coulais) offre des précisions supplémentaires sur le tissu sonore du film, mais le vrai atout du bonus consiste dans sa piste son isolée.

« Tout est expliqué dans le film », dit Mathieu Kassovitz au début de « L’enquête », le documentaire de 52 minutes qui introduit le disque 2 du coffret. Il ne s’agit pas d’un making of au sens large du terme (et c’est peut-être son défaut), mais d’un décryptage à plusieurs voix (Kasso, Grangé, Reno, etc.) sur l’adaptation du roman homonyme, étape par étape. Même si la structure linéaire n’est pas son fort, on apprécie néanmoins la franchise des propos.

Direction ensuite la Salle d’Autopsie (qui recèle plusieurs bonus cachés). « Cadavre » offre avant tout « La scène au scalpel » (26 minutes), un documentaire dédié à la star de la toute première partie du film (Kasso dévoile même une erreur de tournage !). L’auteur du cadavre, Jean-Christophe Spadaccini, commente sa conception étape par étape dans « Naissance d’un cadavre », un document dont son seul tort est de se limiter à présenter une succession de photos, au lieu de vidéos.
« Baston » offre un seul document « officiel », « Tournage musclé », une featurette de 8 minutes sur l’entraînement de Vincent Cassel et les coulisses du tournage. Deux choix audio sont disponibles : le son « live » et la version commentée.
« Poursuite » raconte les coulisses d’une séquence assez anodine du film. La featurette « Tournage de nuit » (9 minutes) explique le pourquoi : à court d’argent, le réalisateur a dû renoncer à la deuxième partie de sa scène d’action. La « Comparaison film/story-board » (son live ou commentaires) vaut également le détour.
3 documents à l’affiche dans la section « Montagne ». On commence d’abord par « Tournage en altitude », une featurette sur les coulisses du tournage agrémentée par les déclarations des principaux intéressés. Regardable, mais sans plus. « Les rivières blanches » est de toute autre envergure : ce document de 15 minutes est dédié aux FX numériques de la séquence finale (au passage assez illogique, mais bon…). « L’avalanche en multi-angle » offre à notre avis la meilleure exploitation de cette fonctionnalité du DVD. Les 4 angles - du story-board à la version finale - sont constamment à l’écran. La fonction de multi-angle permet de mettre en avant la version choisie, sans perdre de vue le reste. Excellent !

La section « In memoriam » (repartie à son tour entre « Production » et « Marketing ») se concentre sur les aspects complémentaires du film et de sa promotion.
La pièce de résistance de « Production » est « Intégrale des story-boards », avec la reproduction des planches de 5 sequènces-clé (plus quelques dessins inédits). La galerie des 77 photos de tournage est également imposante. A ne pas rater non plus « Archives du chef- décorateur », une featurette de 14 minutes sur les influences visuelles du film, avec dessins préparatoires à la clé.
« Marketing » contient des éléments plus courants : deux teasers, la bande-annonce (en 16/9 et DD 5.1), une mini-promo sur la tournée au Japon, quelques affiches, 11 filmographies, les crédits et un écran d’aide pour les bonus DVD-Rom. On peut regretter l’absence du promo-reel de 10 minutes, qui a permis à Gaumont de vendre le film à Columbia…

Le disque 2 des « Rivières » offre aussi les suppléments DVD- Rom, qui démontrent que les éditeurs peuvent et doivent encore progresser dans ce domaine. Le mini-site du film est presque inexploitable, à cause d’une navigation bâclée (autant piocher les 7 clips QuickTime dans leur sous-répertoire). Pas de scénario non plus, hélas. En revanche, cette section offre une vraie surprise pour les musiciens en herbe : la partition du générique du début au format PDF !

Le coffret est à lui seul un petit festival de bonus cachés. Si vous avez vraiment envie de savoir, lisez la suite :
- (disque 1) : sur le menu principal, cliquez vers les angles inférieurs gauche et droite de l’image, pour afficher deux logos animés de Mastery.
- (disque 2) : « Autopsie » recèle de nombreux bonus. (note : dans les tiroirs, certains d’entre eux sont facilement accessibles sur DVD-Rom, et un peu moins avec les lecteurs de salon). Dans l’écran principal, cliquer sur le petit point du spot, pour lancer le « Making of du DVD », une featurette de 5 minutes assez intéressante. L’avant-dernier fauteuil en haut à droite donne accès à un énième jingle Mastery. Et maintenant, place aux tiroirs :
- (Cadavre) : un clic sur la « C » de cadavre donne accès à une featurette sur le making of du 2ème cadavre.
- (Baston) : sélectionner le levier gauche pour accéder à l’entraînement de Vincent Cassel (celui-ci est facile à trouver).
- (Poursuite) : un clic sur la « O » de poursuite permet d’accéder à un clip de 2 minutes sur le making of.
- (Montagne) : nous n’avons rien trouvé !
- Pour finir, direction les « Story-boards » (à l’intérieur de In memoriam / Production). Un clic en haut à droite sur la page d’accueil permet d’accéder à la filmographie de Farid Kermici.

Image - 5,0 / 5

L’exploit pur. Définition, contrastes, netteté, couleurs, fluidité, arrière-plan, chromatisme : 10 sur 10 pour chacun. « Les Rivières pourpres » parvient jusqu’aux limites technologiques du DVD.

Son - 5,0 / 5

Dolby Digital ou DTS ? Pour une fois, le combat n’aura pas lieu, ou presque. Si les prouesses du DTS plein débit permettent de restituer une subtilité et une clarté hors du commun, l’exploitation savante des algorithmes du Dolby Digital lui permet de faire quasiment jeu égal, et de cacher habilement ses imperfections. Nous dirions que la balle est plutôt du coté du spectateur : un mauvais réglage de l’amplificateur risque de compromettre l’équilibre sonore du film. Heureusement que le banc de tests THX (une première sur un disque 100% européen) est là…
Un seul regret au passage : l’absence de sous-titres français pour les malentendants, et en d’autres langues (pour nos voisins européens, coincés avec des éditions amplement inférieures à celle-ci).

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony PlayStation 2
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée
Note du disque
Avis

Moyenne

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1
3
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2
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1
0

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CritiKs Moviz
Le 12 août 2017
« Les Rivières Pourpres » est un bon thriller policier, disposant d’une histoire originale pour un film français datant de 2000. L’intrigue est habilement ficelée et les décors naturels sont somptueux. Le film ayant été tourné dans la région de Grenoble, on peut profiter des magnifiques vues de ce secteur. Certains points du scénario sont discutables et la présentation de nombreux personnages est très superficielle. Le film manque parfois de rythme, mais les quelques scènes d’action proposées sont bien orchestrées. Le duo Jean Reno – Vincent Cassel fonctionne très bien à l’écran, dommage qu’il n’est pas pu être reformé pour la suite proposée en 2004. Un film qui reste agréable à regarder, près de vingt années après sa sortie en salle.
Lire ma critique complète concernant ce film : http://wp.me/p5woqV-4yB
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Baptiste
Le 17 novembre 2014
Pas de commentaire.
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Marc
Le 10 octobre 2009
Pas de commentaire.

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