Treize jours : le test complet du DVD

Thirteen Days

Édition Collector

2000. Réalisé par Roger Donaldson
Avec Kevin Costner, Bruce Greenwood et Steven Culp

Édité par Metropolitan Vidéo

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Le 15/07/2002
Critique

40 ans ont passé depuis les treize jours qui figèrent le monde dans la crainte d’une 3ème Guerre Mondiale. La crise des missiles nucléaires de Cuba en 1962 fut l’un des moments clé de la Guerre Froide, mais ce jeu d’échecs entre JFK et Nikita Khrouchtchev revêt une importance particulière aux Etats-Unis, et notamment depuis la « libéralisation » de plusieurs textes et transcriptions qui enrichissent davantage l’aura et l’âge de Kennedy.

« Treize jours » est donc un retour dans l’Histoire à usage interne pour les américains, mais il offre aussi un Kevin Costner au meilleur de sa forme, grâce au script intelligent de David Self, et à une mise en scène rigoureuse de Roger Donaldson (qui avait déjà placé l’acteur entre les deux surpuissances, dans le thriller politique Sens unique).

Non, Kevin Costner ne joue pas JFK (l’honneur revient à Bruce Greenwood, et il s’en sort avec les honneurs). Costner interprète le bras droit de John Fitzgerald et Bobby. Trois politiciens de haut niveau, qui comprennent que le danger ne vient pas vraiment de Khrouchtchev, mais plutôt des ardeurs belligérantes des généraux au poste au Pentagone.

« Treize jours » se limite exclusivement au « point de vue » américain : un handicap historique, mais aussi un moyen qui lui évite de ressembler à un pamphlet qui finirait par rien obtenir à vouloir trop faire. Plus que de l’Histoire, il est question ici de la Kennedysation avec un K majuscule. Donaldson et Costner signent donc un thriller humaniste et démocrate. Une leçon sur le bon sens et le beau cinéma.

Généralités - 4,5 / 5

« Treize jours » est une sorte de disque pionnier. New Line avait retenu ce titre pour lancer (aux Etats-Unis) sa collection « Infinifilm », un mixte d’argumentaires marketing (des fonctionnalités « lapin blanc » matrixiennes améliorées) et de bonnes intentions pédagogiques (présenter des suppléments qui vont « au-delà du film »).

Même si pour des limites techniques, le système « Infinifilm » n’est pas viable sur des galettes localisées, Seven 7 offre et transpose l’essentiel de ces efforts : le contenu.

« Treize jours » risque d’avoir une audience limitée à cause de son thème (la crise des missiles de Cuba), et ce serait bien dommage, car la qualité du film et le choix pédagogique de ses bonus en font une édition captivante et - chose rare - intelligente.

Quitte à devoir séparer film et suppléments, Seven7 sort le film sur deux DVD (un seul pour le Zone 1). Vu l’intérêt de l’histoire et l’audience visée, on peut s’interroger sur l’utilité de réserver à la VF la seule piste DTS du film. Du coté des deux commentaires audio et des plus-produits, tout est rigoureusement sous-titré ou localisé en français. En ces temps de fabrications consensuelles à la chaîne, « Treize jours » est une bête rare.

Bonus - 4,5 / 5

(Tous les bonus sur les 2 disques sont sous-titrés ou localisés en français)

Le film est accompagné par deux commentaires audio : le commentaire « artistique » (appelons-le ainsi) est raconté par Kevin Costner, le réalisateur Roger Donaldson, le scénariste David Self, deux producteurs et le superviseur des FX visuels. On trouve ensuite un commentaire « historique », qui est constitué en fait d’un habile montage des propos d’historiens et des protagonistes de l’histoire, et de documents audio d’époque (John F. Kennedy, par exemple). Dans les deux commentaires, il est donc question d’Histoire et de la reconstitution de l’histoire, et ils méritent à eux seuls l’achat du DVD.

Pour bien situer le récit (surtout pour le public européen), on trouve également des mini-fiches sur les acteurs et les rôles qu’ils interprètent. Mais ils s’arrêtent aux noms et aux positions recouvertes ; de petites bios auraient été les bienvenues..

Place maintenant au disque 2.

Les origines de la crise de Cuba (48’)
Il s’agit du premier document contextuel à explorer. « Contexte » est le mot approprié, car ce documentaire essaie de reconstituer l’escalade de la Guerre Froide et le cas de Berlin, qui furent à l’origine de la crise cubaine. Comme pour le film, le point de vue est essentiellement américain, mais la multiplicité des propos des personnages réels et les images d’archive sont fort intéressantes.

Les protagonistes (28’)
Quelques spectateurs de cette coté de l’Atlantique risquent d’être déroutés, car ces « instantanées » s’adressent au public américain, pour qui les visages et les enjeux de la crise cubaine restent un événement majeur de l’histoire récente. Il faudra s’accrocher. Ces courts extraits sont intelligemment repartis par catégorie (« Les leaders politiques », « Les conseillers de JFK », « Les militaires », etc.), mais se limitent à dresser des portraits au moment même de la crise. On regrette ici l’absence d’une « vision européenne » plus élargie des personnages, en particulier pour Fidel Castro, à peine esquissé et un peu malmené…

Le making of (11’)
Court mais efficace, car il nous apprend des détails qui peuvent nous être échappés lors de la projection, comme par exemple le fait que tous les plans « simili-historiques » sont en fait 100% réels, et ont été « upgradés » numériquement pour obtenir la même qualité des images fictives du film. Bref, la génération suivante de Forrest Gump.

Les effets visuels
On trouve ici une courte introduction (1’18”) du responsable des FX visuels, et une séquence multi-angle (5 angles disponibles) trop rapide pour être réellement intéressante. Au suivant.

Les scènes inédites
Il y en a 9, et elles témoignent toutes de la rigueur du scénario et de la mise en scène. New Line y consacre pas mal d’efforts, car chaque plan est en 16/9 et avec une qualité comparable à celle du film, avec deux pistes audio (la bande- son, et un commentaire de Roger Donaldson), et donc avec deux sous-titrages. Quasiment tous les plans ont été coupés pour des questions de rythme ou de cohérence narrative, exception faite pour une référence historique à Pearl Harbor, qui risquait de passer à coté des spectateurs.

Le reste Les traditionnelles touches finales du produit. La bande-annonce du film (en VF et VOST), quelques filmographies sous forme de fiches d’identité, et un lien vers le site français de « Treize jours ».

Image - 5,0 / 5

Une image de grande qualité et rigueur, étonnante même sur les stock-shots « upgradés », qui donnent l’impression d’être filmés avec le reste. Le recours au noir et blanc pour souligner la reconstitution de certains moments historiques nous semble inutile, mais ce débat sur les choix artistiques du film est juste pour la postérité..

Son - 4,0 / 5

On peut interroger sur l’utilité de réserver la seule piste DTS du DVD à la version française (ou alors pourquoi pas les deux, puisque il y avait suffisamment de place ?), étant donné que « Treize jours » s’adresse essentiellement aux fans de la VO.

D’autant plus que, DTS ou pas DTS, la version originale est plus riche et détaillée de la VF, qui nous paraît un peu trop hachée sur les graves. Sans oublier que le jeu des acteurs pour imiter la posture des Kennedy et le vocabulaire des années ‘60, est un régal..

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony 300
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée

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