Zombillénium : le test complet du Blu-ray

2017. Réalisé par Arthur de Pins
Avec Emmanuel Curtil, Kelly Marot et Alexis Tomassian

Édité par Universal Pictures France

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Critique

Zombillénium

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le vampire qui dirige le parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

THE WORKING DEAD

L’animation française a encore frappé avec la qualité, l’humour et le décalage que l’on peut lui connaître.

À l’origine de Zombillénium, une couverture spéciale Halloween conçue par Arthur de Pins (réalisateur du génial court métrage La révolution des crabes) pour le magazine Spirou. De fil en aiguille, cette couverture devient une bande-dessinée à part entière dès 2010 puis, le film.

Avec l’auteur original de la BD aux commandes du film (en co-réalisation avec Alexis Ducord (court métrage Fêlures et certaines séries d’animation comme Sally Bollywood), on est certain que le ton et l’univers sera respecté et même, de l’aveux d’Arthur de Pins, que les personnages vont prendre vie comme il l’a imaginé dès la mise en dessin.

Zombillénium

Si certains personnages changent ou sont assignés à d’autres rôles, l’ambiance « la peur est un business » est tout à fait présente, à la manière d’un Monstres & Cie, mais en version plus sombre et plus grinçante, mais toujours drôle aux entournures. Les patrons, les syndicats, les revendications, les conflits entre groupes hiérarchiques, on s’y croirait. D’autres thèmes se font égratigner au passage, comme la mode des vampires romantiques façon Twilight ou Vampire Diaries, représentés ici par un suceur de sang imbu de sa personne et arriviste au possible.

Pour l’animation, le design respecte grandement le look de la BD conçue à la palette graphique avec un rendu en cell-shading très proche d’un rendu 2D. Ce look est toujours assez déroutant car à cheval entre 3D et animation traditionnelle et peut souvent provoquer des décrochages dans l’attention du spectateur, mais l’ambiance et le rythme du film sont tels que ce désagrément s’oublie rapidement.

Zombillénium peut-être vu à partir de 10/12 ans avec plaisir pour son humour moderne et sa thématique de monstres chère à nos têtes blondes du 21e siècle, tandis que les adultes se régalerons de gags et répliques savoureuses servis, et ça devient rare, par des doubleurs professionnels uniquement, et pas une sélection de stars, sportifs ou autres people du moment. Encore une belle bouffée d’air frais dans le monde de l’animation.

Zombillénium

Généralités - 3,0 / 5

Boîtier Blu-ray classique, jaquette simple, mais menus made in France pour un Blu-ray Universal. Ça change du sempiternel menu vertical sur la gauche que l’on connaît depuis les débuts du Blu-ray. On a ici droit à une navigation totalement customisée autour du film.

Bonus - 5,0 / 5

Quelle générosité ! 1h15 de suppléments et c’est pas de la featurette !

Premier morceau de choix, le making of de Zombillénium (29’30”). Et l’on parle bien d’un vrai making of, avec explications, détails, genèse, étapes de la production… Un vrai régal, quand on a apprécié le film, que de voir une fois de plus l’armada de talents nécessaire à l’élaboration d’un film d’animation.

Suivent 4 scènes coupées, présentées sous forme embryonnaire de storyboards animés, dont on retient surtout la première, très drôle mais sans doute un peu trop sanglante version alternative du réveil d’Hector fraîchement mordu, qui va se faire mordre encore et encore par vampire et loup-garou afin de le rallier à la cause de l’un ou l’autre.

On peut ensuite découvrir le pilote du film, phase parfois nécessaire pour aller chercher des financements, un clip de 2014 qui complète finalement le film en donnant une origine à l’un des personnages. On remarquera au passage une caricature de Pascal Nègre (ancien patron d’Universal Music) qui pour une raison qui doit relever de la private joke, apparaît ici en démon faisant signer un contrat…

Zombillénium

La très sympathique et très dynamique bande originale du film est à l’honneur avec 4 extraits du CD-audio que l’on peut écouter via une page dédiée, et aussi 3 clips des chansons du film.

Enfin, véritables cerises sur le gâteau, 3 courts métrages et un teaser du film Zombillénium :
- Géraldine d’Arthur de Pins, nous raconte les aventures de Gérald qui se réveille un beau matin en Géraldine. Drôle, inventif et furieusement dans le ton de la vague féministe actuelle (mais avec 17 ans d’avance).
- Fêlures, d’Alexis Ducord et Nicolas Pawlowski, un tango imaginaire entre un homme et sa plante chérie, à la lumière d’un lampadaire visiblement jaloux. Très poétique et poignant.
- La Révolution des crabes, d’Arthur de Pins, est déjà culte depuis son prix du public à Annecy en 2004. Absolument tordant et grinçant, ce court est l’autobiographie d’un crabe qui ne pouvait avancer qu’en ligne droite.
- La Petite Lucie, qui est donc le teaser international (en anglais) du film Zombillénium où l’on voit le personnage de Lucie qui tente de faire deviner le mot « zombie » à d’autres personnages du film.

Zombillénium

Image - 5,0 / 5

À film numérique, transfert numérique et donc aucune perte possible. Reste l’étape de l’encodage AVC, tout à fait au point ici avec de nombreux aplats de couleurs exempt d’artefacts de compression, surtout appréciable lorsque l’animation passe par des phases très vives. La définition est impeccable et la palette de couleurs richement rendue.

Zombillénium

Son - 5,0 / 5

Tourné en français, le film propose cette piste sonore en DTS-HD Master Audio 5.1, 2.0 et audiodescription. Si la piste stéréo assure déjà un spectacle honorable, le passage en 5.1 est un vrai bonheur avec des effets discrets, des basses bien posées, des dialogues nets et des passages musicaux qui dépotent.

Zombillénium

Crédits images : © Universal Pictures France

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Toshiba TDP-MT700
  • Sony PlayStation 3
  • Ampli Denon AVR 2807
  • Kit enceintes/caisson Morel Nova (configuration 7.1)
  • Diagonale image 302 cm

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