Le Rendez-vous de Septembre (1961) : le test complet du Blu-ray

Come September

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Robert Mulligan
Avec Rock Hudson, Gina Lollobrigida et Sandra Dee

Édité par Elephant Films

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Le 30/04/2021
Critique

Une plaisante comédie de Robert Mulligan, avec deux superstars des années 60, Rock Hudon et Gina Lollobrigida, heureusement rééditée.

Les Rendez-vous de septembre

Chaque mois de septembre, un Américain fortuné se rend dans sa magnifique propriété italienne, où il retrouve sa petite amie originaire de Rome. Mais lors d’une visite imprévue, il se rend compte que durant ses absences, la villa sert d’hôtel pour des touristes et leurs conquêtes. En voulant reprendre les affaires en main, il plonge dans une spirale d’événements incontrôlables…

Le Rendez-vous de septembre (Come September), sorti en 1961, le quatrième long métrage de Robert Mulligan, après Fear Strikes Out (1957), The Rat Race (1960) et Le Roi des imposteurs (The Great Impostor, 1960), exploite, dans une veine comique, parfois burlesque, le conflit des générations créé par la rencontre fortuite de deux trentenaires avec un groupe de grands adolescents.

I don’t have to make sense: I’m Italian!

Cette réplique de Lisa/Gina Lollobrigida au reproche adressé par Robert/Rock Hudson pour son absence de logique donne une idée du sel des dialogues écrits par les auteurs du scénario, Stanley Shapiro et Maurice Richlin qui avaient cosigné en 1959 celui de deux « sex comedies », Confidences sur l’oreiller (Pillow Talk, Michael Gordon) et Operation Jupons (Operation Petticoat, Blake Edwards).

Les Rendez-vous de septembre

Le Rendez-vous de septembre tire un autre atout de l’alchimie entre les deux têtes d’affiche, Rock Hudson et Gina Lollobrigida qui seront à nouveau réunis, en 1965, pour Étranges compagnons de lit (Strange Bedfellows, Melvin Frank, 1965). Parmi les jeunes, on remarque Sandra Dee, à 18 ans, avec déjà une douzaine de rôles à son actif, et Bobby Darin : Oscar du meilleur espoir masculin pour cette prestation, il allait surtout se faire connaître dans la chanson jusqu’à sa mort prématurée à 37 ans.

Un autre point fort du film est la beauté de la photo de William H. Daniels, un des grands directeurs de la photographie américains avec plus de 160 contributions, notamment à plusieurs chefs-d’oeuvre, tels Les Rapaces (Greed, Erich von Stroheim, 1924), La Cité sans voiles (The Naked City, Jules Dassin, 1948), La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a Hot Tin Roof, Richard Brooks, 1958), etc. On remarque sa maîtrise du cadrage des personnages dans les décors et dans les magnifiques paysages de la côte ligure.

Elephant Films prend une heureuse initiative en sortant simultanément Le Roi des imposteurs et L’Homme de Bornéo (The Spiral Road, 1962), deux films de Robert Mulligan encore inédits en vidéo, et en rééditant Le Rendez-vous de Septembre, depuis longtemps épuisé.

Les Rendez-vous de septembre

Généralités - 3,0 / 5

Le Rendez-vous de septembre (112 minutes) et ses suppléments (73 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, dans cette édition combo, en compagnie d’un DVD-9 dans boîtier glissé dans un fourreau. Le test a été effectué sur le seul Blu-ray.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 2.0 mono.

Bonus - 3,5 / 5

Portrait de Robert Mulligan (23’, Elephant Films, 2020) par Jean-Pierre Dionnet (également en complément de L’Homme de Bornéo, et de Le Roi des imposteurs). Robert Mulligan fut « le plus méconnu des metteurs en scène américains des années 70 », peut-être parce qu’il a souvent changé de genre, parce qu’il n’écrivait pas ses scénarios, parce qu’il était très discret. Il a commencé par 35 téléfilms, surtout des adaptations d’oeuvres littéraires. Désabusé, intéressé par l’enfance, prodigieux révélateur d’acteurs, il a donné leurs premiers grands rôles à Steve McQueen, Natalie Wood, Robert Redford, Richard Gere, Jennifer O’Neill et Reese Witherspoon. Jean-Pierre Dionnet passe rapidement en revue tous les films de Robert Mulligan, de Fear Strikes Out (1957) à Un Eté en Louisiane (The Man in the Moon, 1991), en passant par Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird, 1962), « son film essentiel », et The Nickel Ride, le film de Mulligan que préfère Jean-Pierre Dionnet.

Portrait de Rock Hudson (16’, Elephant Films, 2021) par Jean-Pierre Dionnet. Sa carrière commence à Warner Bros. dans Les Géants du ciel (Fighter Squadron, Raoul Walsh, 1948), avant qu’il ne rencontre Henry Wilson à Universal qui l’aidera à devenir « de 1957 à 1966, l’acteur masculin numéro 1 », notamment grâce à Douglas Sirk qui l’emploiera neuf fois et aux trois films qu’il tournera avec Doris Day. Le meilleur film de Rock Hudson, L’Opération diabolique (Seconds, John Frankenheimer, 1966) n’aura pas de succès.

Les Rendez-vous de septembre

Analyse du film par Nachiketas Wignesan (22’, Elephant Films, 2021). Robert Mullligan, après des débuts à la télévision, s’est perfectionné au contact des techniciens et des scénaristes. Le Rendez-vous de septembre est un exemple de l’ouverture internationale du cinéma américain, avec un clin d’oeil à La Dolce vita de Fellini, sorti quelques mois avant. Il donne à Rock Hudson le rôle intéressant d’un « personnage qui se cherche », dans une comédie défiant la logique, dans laquelle chaque personnage devient différent de la première apparence qu’il donnait. Un type d’histoire que Mulligan reprendra, en 1978, avec Même heure, l’année prochaine (Same Time, Next Year, encore inédit en vidéo)

Le film par Jean-Pierre Dionnet (8’, Elephant Films, 2021). « Le film le plus positif de Mulligan (…) une comédie éblouissante (…) une histoire frivole et profonde entre plusieurs générations (…) dans laquelle la caméra indique ce qu’il va se passer », avec des gags visuels et les clichés de l’Italie vue par les Américains.

Bandes-annonces du film (1’35”), de Le Roi des imposteurs (The Great Impostor, Robert Mulligan, 1960) et de trois films avec Rock Hudson, Le Sport favori de l’homme (Man’s Favorite Sport? , Howard Hawks, 1964), Étranges compagnons de lit (Strange Bedfellows, Melvin Frank, 1965) et Tobrouk, commando pour l’enfer (Tobruk, Artur Hiller, 1967).

Les Rendez-vous de septembre

Image - 5,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080p, AVC), lumineuse, stable, très propre avec un contrôle du grain idéal, respectueux de la texture du 35 mm, propose des couleurs ravivées, soigneusement étalonnées si l’on passe sur un court oubli à 79’36”.

Son - 5,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 mono de la version originale, très propre, assure la clarté des dialogues, dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical.

Le doublage, au même format, manquant de naturel et donnant à la chaude voix grave de Rock Hudson un timbre à la Donald Duck, n’a pas été pris en compte pour l’attribution de la note.

Crédits images : © Universal International, The 7 Pictures Corporation, Raoul Walsh Enterprises

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 30 avril 2021
Magnifiquement photographiée, cette comédie farfelue de Robert Mulligan nous revient après une irréprochable restauration, dans une édition enrichie de bonus inédits.

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