Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin : le test complet du DVD

Big Trouble in Little China

Édition Collector

1986. Réalisé par John Carpenter
Avec Kurt Russell, Kim Cattrall et Dennis Dun

Édité par 20th Century Fox

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Le 29/10/2001
Critique

Un ranger solitaire au coeur du mysticisme et de la magie noire chinoise. Cela devait être un western au début. Mais pour plaire à l’audience - ou plutôt aux producteurs - « Les aventures de Jack Burton » est devenu un fantasy contemporain, un hybride indianajonesque à moitié entre le Far West et le Far East avec kung fu à go-go, à une époque où nul et personne à Hollywood rêvait à une cannibalisation des arts martiaux.

« Jack Burton » en avance sur son temps ? Sans doute. Donc, par définition, un film 100% carpenterien, où le réalisateur-culte retrouve son ami et camarade Kurt Russell, et le plonge dans un melting-pot à la fois spectaculaire et tordant - même si à l’époque personne n’avait pas retenu l’humour du film.

Rétrospectivement, « Jack Burton » apparaît à la fois comme un anti-Indiana Jones et un précurseur absolu des contaminations à la Matrix et Tigre & Dragon, bien au-dessus des fantasy d’aventure de l’époque. Une oeuvre sans doute mineure de la filmographie de John Carpenter, mais toujours fraîche et fascinante à 15 ans de distance. A redécouvrir d’urgence.

Généralités - 4,0 / 5

Jack Burton, enfin ! Le traitement de choc réservé à l’oeuvre de John Carpenter démontre qu’il y a de l’espoir - même chez les Majors - pour réévaluer et sonder en profondeur les films- culte pour les happy few. Le packaging est courant - un Amaray pour les deux disques - mais l’édition française hérite d’un surétui graphiquement réussi.

Malgré l’abondance des moyens (menus 3D très spectaculaires), le traitement laisse cependant paraître des approximations dans le travail de localisation. Passe encore l’impossibilité de changer de langue à la volée (pratique courante chez Fox, même si les sous-titres ne sont pas imposés). Mais le disque de bonus « oublie » de traduire quelques sections textuelles, alors que tout le reste est localisé. L’ergonomie est aussi inégale - excellente sur certaines parties, et déroutante sur d’autres.

Le DVD de « Jack Burton » n’effacera pas de la mémoire des fans de Carpenter, la richesse de l’édition Universal de The Thing. Mais il reste un moyen très honorable pour offrir une deuxième chance à ce film un peu trop méconnu de l’enfant terrible d’Haddonfield.

Bonus - 4,0 / 5

Clairement validée par Carpenter himself, cette édition offre un lot de contenus très intéressants. Et pourtant, à la fin du parcours, on a la vague impression de rester sur sa faim.. Mais pour découvrir le pourquoi du comment, commençons par le début.

Le DVD offre deux commentaires pour le prix d’un : John Carpenter et Kurt Russell se retrouvent une nouvelle fois pour discuter… pardon, pour se fendre la gueule, en ressortant les détails les plus cocasses sur le tournage, tout en se moquant éperdument du soi-disant « Studio-system ». Ce n’est pas le réalisateur et l’acteur principal qui parlent, mais deux potes inséparables. Si vous ne devez écouter qu’à un seul commentaire audio dans la vie, écoutez celui-ci. Ah, si seulement les autres étaient aussi drôles et explicatifs…

Le reste des bonus se trouve sur le disque 2. La tradition veut qu’on passe tout de suite par les scènes inédites. Pour les fans hardcore de Carpenter, cette partie constitue l’un des piliers du DVD ; en revanche, les spectateurs occasionnels risquent de passer à coté.

Explication : les 7 séquences - toutes introduites par des courts textes explicatifs (mais en anglais) n’offrent pas des scènes supprimées, mais plutôt des raccords et autres extraits qui furent supprimés pour resserrer le rythme du film. L’intérêt est cependant ailleurs : une bonne partie des inédits sont disponibles au choix en mode « pre-montage vidéo » (c’est à dire la séquence d’ensemble, plus les plans additionnels), ou alors en mode « rushes » ; dans ce choix, on peut admirer des plans alternatifs au montage final.

Signalons au passage que la « Lava Sequence » est en mode multi-angle, et permet le choix entre le story-board, la scène définitive, ou les deux en même temps. « Six Demon Bag » est un melting-pot de chutes et extraits assez drôles : dommage que certains aient été supprimés..

Dans la même lignée, la fin alternative ne part pas par la tangente, mais se limite à ajouter le dénouement d’un sub- plot, ainsi que quelques plans ici et là.

Les autres pièces maîtresses du disque se trouvent dans la troisième page de bonus. Commençons par une interview du superviseur des effets visuels Richard Edlund. Cette partie est également en multi-angle, avec la possibilité de sélectionner des photos en plein écran, ou incrustées à l’image.

La section Articles de presse est sans doute la plus rageante pour les fans de Carpenter qui ne pratiquent pas l’anglais. Vous l’aurez compris : les textes sont en VO uniquement ! Rageante, car les dossiers en question furent publiés par « Cinefex » et « American Cinematographer » - c’est à dire les publications les plus nirvanesques de la planète pour tout savoir sur la conception technique des films, et ils offrent des informations d’une richesse absolue sur le tournage de « Jack Burton ». Les pages fixes permettent également d’agrandir des photos, mais la douteuse ergonomie gâche le tout.

Cette page offre également une galerie de photos, qui est composée en réalité de sept sections différentes : Les acteurs, Carpenter, les gadgets du film, les FX, les décors, le tournage et Conception visuelle. On regrette l’absence d’un chapitrage, car la loi de Murphy veut toujours que les choses les plus intéressantes se trouvent au fin fond..

Le rare clip vidéo issu du film (avec John Carpenter en chanteur ??!) figure au rayon des curiosités. Le reste fait partie du lot habituel : une featurette de 7’ clairement issue du EPK, des (longues) notes de production et des filmographies (en anglais seulement dans les deux cas), et pour finir trois bandes-annonces, dont une sous-titrée en espagnol.

Que manque t-il à « Jack Burton » pour être parfait ? L’intérêt des bonus n’est pas en discussion ; le problème se situe plutôt dans leur accessibilité (les parties texte feront hurler les possesseurs de DVD-Rom) et dans la décision unilaterale de localiser la plupart des contenus, mais d’ignorer superbement les autres. C’est bien dommage, même si - avouons-le - les parties en VOST ont amplement de quoi satisfaire les fans.

Image - 4,0 / 5

L’image n’est pas tout à fait celle qu’on rêvait de voir. La copie est parfois sale, et quelques plans apparaissent instables. En fait, on se rend compte que la plupart des problèmes viennent d’un négatif pas en parfaite santé. Les contrastes et les couleurs sont satisfaisantes, même si le film aurait gagné à avoir un peu de définition supplémentaire au niveau des arrière-plans.

Son - 4,0 / 5

Un film comme « Jack Burton » se déguste dans la mesure de possible en VO, pour apprécier l’humour tordant des répliques. La piste anglaise en 4.1 (oui, en 4.1) donne une très bonne amplitude à l’ensemble, bien supérieure en tout cas à nos souvenirs de la copie salles, avec une bonne contribution des tons graves.

La VF - en Dolby Surround - est clairement en dessous, et a du mal à percer le rythme frénétique de Carpenter. Dommage encore une fois que la Fox n’autorise pas les changements de langue en cours de route.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony PlayStation 2
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée
Note du disque
Avis

Moyenne

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OBIO1971
Le 15 avril 2012
Bonne surprise en le revoyant. c'est un film fourre tout qui mélange les genres mais où l'on sent que tout le monde s'est bien amusé sur le tournage. La statut de film culte n'est pas ici usurpé même si beaucoup de spectateurs resteront certainement dubitatifs. En tout cas, cela vaut le détour de voir Kurt russell en roue libre dans un rôle d'abruti sympathique.
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Stéphane Leblanc
Le 28 mai 2010
Pas de commentaire.
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dvdman
Le 23 mai 2010
enfin le chef d'oeuvre de Carpenter qui sort avec une édition digne de ce nom avec un dvd et un bluray pour le même prix!! des suppléments à foison et enfin le son de la VF en 5.1

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