Signes : le test complet du DVD

Signs

2002. Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix et Rory Culkin

Édité par Touchstone Home Video

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Le 04/05/2003
Critique

Parler d’un film de Manoj Night Shyamalan relève toujours de l’exercice périlleux, si on ne veut pas gâcher le plaisir du spectateur qui ne l’aurait pas encore vu. Après Sixième sens et Incassable (on oubliera ses 2 premiers films méconnus, « Praying with Anger » et « Wide Awake »), « Signes » ne déroge pas à la règle.

« Signes » nous conte une invasion extra-terrestre, vue par le petit bout de la lorgnette (à l’exact opposé d’un Independence Day, donc). En effet, inutile d’attendre des vaisseaux spatiaux de plusieurs kilomètres de long, ni de batailles rangées entre des milliers d’engins volants. Shyamalan se concentre sur 4 personnages (un père, son frère et ses 2 enfants) réfugiés dans leur maison au milieu de champ de maïs, et toute l’action se déroulera donc dans cet unique unité de lieu.

Pour être précis, il faudrait ajouter 2 protagonistes : le réalisateur lui-même… et le spectateur.

En effet, suite à l’échec (relatif) de « Incassable », Shyamalan décide de s’embarquer avec son public au coeur même de son histoire, et utilise pour cela une mise en scène experte, utilisant des plans serrés latéralement (peu d’ouverture sur les côtés) mais d’une grande profondeur (un personnage au premier plan, un autre plus loin, puis un troisième niveau en arrière-plan), donnant l’équivalence d’une vision normale et intégrant le spectateur dans l’action.

Plus fort : lors d’une séquence, le petit Morgan désigne la caméra en s’exclamant « C’est lui ? », semblant désigner le spectateur avant qu’un contre-champ fasse apparaître… M. Night Shyamalan, s’octroyant pour l’occasion un rôle déterminant dans son film. On peut difficilement trouver rapport plus direct entre un cinéaste et son public.

Mettant volontairement de côté les scènes spectaculaires (même l’extra-terrestre n’est la plupart du temps montré que par un reflet), l’histoire (écrite comme à son habitude par Shyamalan) se concentre sur le microcosme de ses personnages, l’invasion alien sur le reste du monde n’étant montrée que par l’intermédiaire d’une télévision (envahissante, elle aussi…). Comme sur ses 2 précédents films, le final permet de lier divers éléments disséminés dans le métrage, mais cette fois non pas pour offrir un retournement de situation mais pour permettre au personnage joué (fort justement) par Mel Gibson, un prêtre ayant perdu la foi suite à la mort de sa femme, de se reconstruire.

Tour à tour intriguant (on se demande constamment où le film va nous emmener), flippant (les dernières 30 minutes nous collent à notre siège), émouvant, « Signes » est une superbe marque d’estime d’un réalisateur vers son public, et nous montre une fois de plus la capacité de ce cinéaste de lier des thèmes sans point commun par l’intermédiaire d’une vision intimiste et profondément humaine.

Généralités - 2,5 / 5

Pas de fioritures dans le packaging, même pas de feuillet intérieur avec la liste des chapitres.

Le disque est sobrement mais néanmoins efficacement sérigraphié.

Les menus (sonorisés en 5.1) sont d’une grande simplicité (limite basique). Le chapitrage est animé et sonorisé.

Bonus - 4,5 / 5

Superbe Making of (58’54”) dû à l’incontournable Laurent Bouzereau, d’une concision et d’une densité exemplaire. Les 6 chapitres offrent un panorama de la production du film, de l’écriture du scénario à la première du film en passant par les effets numériques. Chaque segment est longuement commenté par le réalisateur du film (épaulé par les producteurs et les acteurs), et l’ensemble permet d’avoir une idée de la méthode Shyamalan : ses influences (en l’occurrence Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, « La nuit des morts-vivants » de George Romero, et L’Invasion des profanateurs de sepultures de Don Siegel), le story-board, la direction des acteurs, son implication dans la bande sonore, jusqu’à l’aspect promotionnel (bandes- annonces, affiche). Un documentaire d’un grand intérêt du début à la fin.

Scènes coupées (ou rallongées) au nombre de 5 (pour une durée totale de 7’42”, en 4/3 1:85, VOST), dont certaines muettes. Où on s’aperçoit que le réalisateur a décidé d’éliminer au montage les scènes de flash-back de Graham Hess avec sa femme encore vivante. La dernière séquence présentée (la tentative d’intrusion des aliens par le grenier de la ferme) est de loin la plus intéressante, et aurait pu sans problème trouver sa place dans le métrage.

Story-board (2’58”) : possibilité de comparer en multi-angle le storyboard de la scène du garde-manger avec le résultat final, avec la possibilité d’intégrer soit les bruitages sonores, soit la musique isolée, soit l’intégralité du mixage. Intéressant pour comprendre comme c’est la somme de plusieurs éléments qui fait l’efficacité d’une scène.

Court-métrage (2’19”) de jeunesse de M. Night Shyamalan, ou plutôt un extrait de son premier « film de monstres ». Le réalisateur, qui présente lui-même ce segment, se fait plaisir en exhumant ses premières oeuvres, et fait preuve d’un réel courage en nous les montrant…

Un commentaire audio du cinéaste aurait ajouté à notre bonheur…

Image - 4,5 / 5

Un master tiré d’une superbe copie sans défaut nous offre une image d’une grande clarté.

L’étalonnage est bien maîtrisé, particulièrement sur les contrastes qui illuminent les scènes claires et donnent une grande profondeur aux scènes sombres.

Seule petite ombre au tableau : vraisemblablement à cause du grand nombre d’informations stockées sur un seul disque (film + 2 pistes Dolby Digital + 1 piste DTS + suppléments : ça fait beaucoup), la compression donne quelques signes de faiblesse (voir les plans mouvants sur les champs, par exemple en 5’10”).

Son - 5,0 / 5

A l’image de celles de Les Autres, les pistes sonores sont d’une grande efficacité, distillant des ambiances calmes pour mieux nous surprendre et nous tenir en haleine aux moments opportuns.

Les versions Dolby Digital sont équivalentes, avec une bonne spatialisation sur les différents canaux, ceux-ci étant très justement utilisés pour nous plonger dans l’ambiance. La superbe partition de James Newton Howard est particulièrement mise en valeur.

La piste VF DTS est plus précise, aussi bien dans l’utilisation des canaux (les mouvements en paraissent d’autant mieux localisés) que dans la profondeur des basses (voir par exemple en 1h13’38” : décollage du siège assuré !).

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Barco Ciné6, écran Oray
  • Toshiba SD-500
  • Denon AVR3700
  • Pack enceintes Solid S100 - caisson de graves Solid SB100
Note du disque
Avis

Moyenne

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5
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1
1

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Gilles
Le 28 mai 2003
Pas de commentaire.
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julien
Le 5 mai 2003
L'histoire est suffisamment bien construite pour maintenir un état de malaise pendant une bonne partie du film. D'autant plus que la bande son permet d'augmenter le stress...
Une image sans problème. Un film à voir... dans la lignée de "Contact".
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Eric
Le 1 mai 2003
très bon film

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